Sur la place St-Michel, Le soleil déversait à présent à flot ses rayons éclaboussant de chatoyantes couleurs la façade des vieilles bâtisses qui entouraient comme un écrin la fontaine scintillante posée en son centre.
Leur petit-déjeuner avalé, la trêve respectée et un semblant de complicité retrouvée, Veronica et Logan se décidèrent pour explorer le vieux quartier et se dirigèrent vers la partie ouest de la place.
Quelque peu dissimulée derrière un kiosque à journaux, ils découvrirent une trouée dans les immeubles baptisée la rue de l'Irondelle et entrèrent subitement dans le très vieux Paris. En effet, le guide qu'ils avaient acheté leur indiquait que les immeubles portant ses noms de rue étant généralement du 18è et parfois même du 17ème siècle.
Veronica et Logan étaient très impressionnés et cela s'accentua encore lorsqu'au croisement de la rue de l'Irondelle et de la rue Gît le Coeur, ils découvrirent une salle d'arme les invitant à rêver au temps des duels.
Veronica lança un regard en coin à Logan. Avec ses yeux brillants et son sourire "banane", il n'avait plus rien du jeune homme dégoûté et blasé de tout. Il semblait fasciné par tout ce qu'ils voyaient. Transporté par tout ce que ça laissait supposé d'histoire. Veronica sentit son coeur se gonfler d'émotion devant ce spectacle si étonnant et se saisit instinctivement de sa main avant de la relâcher tout aussi brusquement réalisant l'énormité de son geste.
Surpris, Logan se tourna un instant vers elle, juste le temps de noter le malaise de Veronica. Elle se tenait la main droite comme si sa vie en dépendait, comme si cette main était dotée d'une volonté propre et pouvait lui échapper à tout moment pour se souder à la sienne. Feignant la lecture des descriptifs du plan de visite que tenait Veronica, Logan se pencha au-dessus d'elle et lui entoura les épaules avec son bras. Veronica se raidit légèrement et leva son regard pensant surprendre de l'ironie dans celui de Logan. Mais rien. Celui-ci semblait totalement absorbé par sa lecture. Rassurée, Veronica se détendit et se laissa aller contre lui.
De son côté, constatant qu'elle n'essayait même pas de se dégager de son étreinte, un sourire se dessina fugitivement sur les lèvres de Logan alors qu'ils reprenaient leur promenade à travers le dédale de ruelles.
Après avoir traversés la vieille rue de Nevers, ils débouchèrent sur la Seine, dont ils longèrent les quais jusqu'à l'Hôtel des Monnaies, après un arrêt de quelques minutes, le temps d'en admirer la façade, ils reprirent leur route le long du Quai de Conti d'où ils pouvaient apercevoir le Palais du Louvres de l'autre côté de la Seine et se promirent de s'accorder du temps pour le visiter plus tard, avant de reprendre leur chemin jusqu'à l'Institut de France dans laquelle se trouve l'Académie Française. Ils continuèrent pendant quelques mètres avant de bifurquer sur leur gauche dans la rue Bonaparte et de longer l'École Nationale des Beaux-Arts. Ouverte à la visite ils s'engagèrent discrètement dans ses jardins et se perdirent un long moment dans l'admiration des nombreuses statues exposées là, toujours serrés l'un contre l'autre.
Veronica se sentait bien. Même les regards, que les trop nombreuses femmes qu'ils croisaient, jetaient à Logan ne parvenait pas à lui gâcher son plaisir. C'est elle qu'il maintenait contre lui, et ils ne semblait absolument pas intéressé par toutes ces marques d'attention.
Légère, elle cadença à nouveau son pas sur le sien et reporta son intérêt sur la visite.
Après avoir dépassés l'Église St Germain des prés, ils s'engagèrent dans la rue des Canettes bien connue des étudiants parisiens pour ses petits bars et troquets et s'attablèrent le temps d'un rafraîchissement avant de repartir. Ils n'avaient pas échangé le moindre mot mais c'est tout naturellement que le bras de Logan avait retrouvé sa place sur ses épaules tandis qu'ils traversaient le parvis St Sulpice avant de remonter vers le Palais du Luxembourg. Là Logan l'entraîna dans les jardins, lui expliquant, pour l'avoir visité plus jeune alors qu'il accompagnait ses parents pour une tournée promotionnelle en France, que c'était Salomon Brosse qui avait été chargé par Marie de Médicis de construire ce Palais sur l'emplacement de l'ancien Hôtel des Luxembourgs et que ce bâtiment était désormais dédié aux réunions des Sénateurs.
Attentive, Veronica restait subjuguée par l'enthousiasme qu'elle lisait sur le visage de Logan tandis qu'il enchaînait ses explications sur le théâtre de l'Odéon qui fut un des hauts lieux de la révolte étudiante de Mai 68, La rue de l'École de Médecine, ancien sentier gallo-romain entre deux vignobles, Le réfectoire du couvent des Cordeliers, Le carrefour de l'Odéon et sa statue de Danton, le passage de la cour de commerce St André avec son célèbre café Procope, un des cafés les plus connus au monde pour avoir servi de lieu de rendez-vous aux comédiens de la Comédie Française et les discrètes cours médiévales de l'Hôtel de Rohan, la tourelle du n°5 de la rue Hautefeuille dernier vestige de l'Hôtel des Abbées de Fécamp ou la Marquise de Brinvilliers, l'empoisonneuse la plus connue du 17ème siècle y avait son appartement...
Logan semblait intarissable et les deux jeunes gens ne savaient plus où donner de la tête, il y avait tant à découvrir, et dans un seul quartier, c'était fascinant. Ils se laissèrent emporter par leur enthousiasme et c'est heureux mais épuisés qu'ils rejoignirent à nouveau la place St Michel, deux bonnes heures plus tard.
C'est le moment que choisit le portable de Veronica pour se mettre à sonner.
Veronica : Allo ?
Keith : Veronica, vous êtes où ?
Veronica : sur la place St Michel dans le 6ème arrondissement.
Keith : Vous avez déjeuné ?
Veronica : Non pas encore, on vient juste de terminer la visite
Keith : On se rejoint à l'Hôtel et on déjeune ensemble ?
Veronica : Je pensais que nous déjeunerions sur place...
Keith : Je vais avoir besoin de vous deux cet après-midi.
Veronica : Dans ce cas d'accord, nous arrivons.
Veronica songeuse raccrocha puis leva les yeux vers Logan. Celui-ci la scrutait du regard, assis sur le rebord de la fontaine.
Logan : un problème ?
Veronica : Non, je ne pense pas, mais mon père semble avoir besoin de nous pour cette après-midi, il nous attend à l'hôtel
Logan : Pourquoi fais-tu cette tête là alors ?
Veronica : non... rien... on trouve un taxi et on y va ?
Veronica se serait faite couper la langue plutôt que de lui avouer qu'elle s'était sentie tellement bien avec lui qu'elle était déçue que ça se termine déjà...
samedi 16 juin 2007
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1 commentaire:
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