Veronica ne décolérait pas. Elle avait observé Logan se diriger vers la jeune femme nonchalamment et après une brève discussion elle les avait vu passer la porte des coulisses qu'une autre jeune femme toute en strass et en paillettes leur avait ouverte.
Depuis plus rien...
Ça faisait plus d'une heure qu'elle guettait son retour lorsqu'elle le vit réapparaître par la même porte, ce sourire qui la rendait dingue accroché sur les lèvres.
- Alors ? L'interrogea-t-elle dès qu'il se fut réinstallé côté conducteur.
- alors ?... Je peux d'ores et déjà te dire que si toutes les françaises sont aussi accueillantes que ces demoiselles... je ne vais pas tarder à emménager par ici ! répondit-il dans un clin d'oeil grivois.
- Echolls... nous ne sommes pas venus ici pour que tu soulèves toutes les filles du coin mais pour chercher des informations précises et...
- qui te dit que je n'ai pas d'informations ?... Les filles se montrent toujours très bavardes avec moi... tout au moins avant que je ne m'occupe personnellement d'elles parce qu'après...
- Echolls, t'es gentil, tu me dispenses de tes commentaires sur tes exploits sexuels... merci ! Maintenant raconte-moi ce qu'il s'est passé et ce que tu as appris.
- T'es franchement pas marrante Mars... d'autant que tu ne t'en ai pas toujours plainte... ok ok ok lança-t-il quand il croisa le regard furieux de Veronica... on se remémorera ça plus tard. Aoutch ! s'exclama-t-il en réponse au coup que Veronica, pour le faire taire, venait de lui asséner avec la pochette contenant les éléments de l'affaire que son père leur avait remis dans l'avion.
- Bon, tu vas parler Echolls maintenant ?
- hum je t'adore en tigresse Mars... si tu pouvais jute attendre que l'on soit dans un endroit plus confortable pour notre petite séance de sado... c'est bon j'arrête ! Ajouta-t-il les deux mains levées en signe d'abandon tandis que Veronica menaçait de l'assommer à nouveau avec la pochette.
- Alors ?
- Alors tiens fit-il en lui tendant une feuille de papier. La jeune femme que tu as vu tout à l'heure n'était pas Valentine, juste une autre danseuse qui avait effectivement oublié son pass précisa-t-il en lui lançant un regard appuyé genre : "tu vois j'avais raison". J'ai donc tenté le tout pour le tout et je me suis fait passer pour le petit frère de Valentine, je sais, pour avoir pas mal fréquenter ce genre d'endroit sur Neptune, que les danseuses ne parlent jamais de leur famille, la honte sans doute... Pour la plupart, elles n'ont que des contrats d'un an qui ne sont que très rarement renouvelés... ça laisse peu de temps au final pour lier de vraies relations.
- et donc ?
- heureusement tout le monde parle anglais là-dedans je n'ai donc pas eu besoin de faire des efforts draconiens pour ne pas massacrer la langue de Molière, ce qui m'aurait irrémédiablement grillé. j'ai expliqué que je n'avais pas vu ma soeur depuis plus de cinq ans, depuis mon départ en fait pour les Etats-Unis où j'avais entrepris de poursuivre mes études, que j'étais de retour sur le sol français depuis quelques jours et que n'ayant pas d'adresse où la trouver, je m'étais rendu ici directement car c'était la seule information que j'avais pu trouver sur une carte qu'elle m'avait envoyé il y a deux ans et où elle m'informait qu'elle venait d'être engagée comme danseuse au Crazy Horse.
- Et ?
- Et voilà, tu as le résultat de mon petit numéro de pauvre petit frère à la recherche de sa grande soeur sous les yeux... c'est l'adresse de Valentine de St Almont à Paris. Elle l'a refilé à la danseuse qui est aussi la copine du gérant dans l'espoir qu'elle arriverait à le faire changer d'avis quant à son éventuel réembauche. Il y a un numéro de téléphone aussi.
- ok, bon boulot Echolls fit Veronica tandis qu'elle prenait connaissance de l'information. Et c'est quoi l'autre numéro de téléphone au dos ? Son cellulaire ?
Logan détourna les yeux de Veronica, semblant intéressé soudainement par un point invisible sur le trottoir d'en face.
- c'est le numéro de la jeune femme que j'ai abordé avant d'entrer... il semblerait qu'elle n'est pu résister à mon charme ravageur... à moins que ça ne soit à mon numéro de pauvre petit garçon perdu... les femmes aiment bien ça généralement... précisa-t-il en la regardant à nouveau, tentant désespérément de réfréner un sourire de satisfaction en constatant la mine agacée et le regard noir que Veronica lui jetait tandis qu'il terminait sa phrase.
- Retiens tes hormones Echolls, je t'ai déjà dit que je ne t'avais pas emmené en France avec moi pour que tu fasses le joli coeur avec le tout Paris.
- Ah oui... parce que c'est toi qui m'a emmené avec toi à Paris ? Insista-t-il baissant la voix et se penchant légèrement vers elle.
Il était si proche qu'elle sentit la chaleur de sa peau, si proche qu'elle crut entendre les battements de son coeur... ou était-ce son propre coeur qui lui martelait la poitrine ?... elle avait beau savoir qu'il faisait tout pour la déstabiliser, elle ne pouvait réfréner l'excitation qui montait en elle. Elle aurait voulu s'abandonner dans ses bras. Elle mourait d'envie de sentir ses mains frôler, caresser et serrer son corps, mais elle ne voulait pas se risquer à en avoir de nouveau le coeur brisé.
La tension entre eux monta d'un cran.
- ça ne sert à rien de rester ici maintenant, allons à son appartement lança Veronica se reprenant soudain.
Acquiesçant d'un hochement de tête, Logan démarra et engagea la voiture sur l'avenue en suivant les indications que Veronica venait d'entrer dans le GPS.
Pris à son propre jeu il ne pouvait plus parler et à peine penser tant la présence de Veronica le troublait. Son regard embué de désir le fixant la bouche entr'ouverte alors qu'il attendait d'elle une réplique cinglante l'avait définitivement dévasté. Il était tellement en manque d'elle qu'à présent chaque détail venait frapper de plein fouet sa sensualité affamée. Son parfum, le bruissement de ses vêtements, le son de sa voix. Il s'exhorta à se concentrer à nouveau sur la route. Il en faudrait peu, là tout de suite maintenant, pour qu'il se rue sur elle et lui arrache ses vêtements.
mardi 26 juin 2007
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