lundi 13 août 2007

Pour un sourire de Lucile.. - 3

Tout le trajet que dura la route les conduisant au Neptune Grand Hotel, Dick s'occupa de faire la conversation à Lucile, Logan rendu soudain muet. Une fois la jeune fille déposée, Logan qui lui avait laissé la place près du conducteur, réintégra la réintégra.

- C'est quoi ce silence ? demanda Dick en amorçant un demi-tour peu orthodoxe en pleine avenue.

- Quel silence ? lança distraitement Logan, faussement occupé à regarder les passants sur les trottoirs bondés.

- Tu n'as plus décroché un mot... ou presque depuis que Marianne est partie à son rendez-vous. je croyais que vous vous connaissiez toi et Lucile ?

- C'est le cas.

- Il va falloir que je t'arrache les vers du nez ou tu comptes me raconter ?

- Y'a rien à raconter.

- Okayyyyy... soupira Dick avant de repartir à la charge.

Vous vous êtes rencontrés comment ? J'avais cru comprendre qu'elle était française et qu'elle vivait là-bas ?

- C'est le cas.

- LOGAN ! s'exclama Dick excédé en tirant le frein à main de sa voiture en plein carrefour.

- Mais tu es dingue ! hurla Logan. On va se faire rentrer dedans !

- Je m'en fou ! Je ne bougerai pas de là tant que tu ne m'auras pas tout raconter et sans oublier les détails s'il te plait !

- ok ok ok répondit précipitamment Logan en se redressant sur son siège le regard tourné vers la lunette arrière de la voiture guettant l'éventuelle voiture qui allait les envoyer dans le décor !
Roule maintenant et je te raconte.

- Ah bah c'est mieux comme ça renchérit Dick en embrayant la première.

- ok... soupira Logan. Tu veux savoir quoi au juste ?

- tout... absolument tout mon cher et ne t'avise pas de faire des impasses sinon je file droit rejoindre Lucile à son hôtel et je lui pose franchement la question. Vu l'état dans lequel tu sembles l'avoir mise tout à l'heure, je doute fort qu'il faille grand chose pour la pousser à s'épancher sur mon épaule ajouta Dick en lançant un regard entendu à Logan.

- C'était l'été dernier.

- Attends... l'été dernier ?... mais... quand exactement ? Je ne me souviens pas que tu sois allé nulle part sans moi ou Veronica cet été ?... Noooooooon... Vous êtes allés à Paris toi et Veronica. Je m'en souviens maintenant... tu n'as pas fait ça quand même... Logan ?... Veronica est au courant ?

- Je peux en placer une deux secondes là ou tu fais les questions-réponses tout seul ?

- Vas-y vas-y... je t'écoute...

- Donc l'été dernier avec Veronica nous sommes allés à Paris effectivement. Nous y avons passé tous le mois de juillet... enfin... pas tout le mois de juillet à Paris en fait...

- T'es gentil mais tu peux préciser là ?

- Dick tu te tais maintenant sinon je ne te dis rien du tout ok ?

- ok ok...

- Donc nous avons passé les quinze premiers jours à Paris. C'était idyllique, fantastique... et puis j'ai un peu déconné, Veronica a commencé à me poser des questions sur nos séjours à Tijuana, ce que nous y faisions, comment, pourquoi... j'ai pas supporté cette inquisition et au lieu de lui répondre et de la calmer, je me suis braqué et j'ai joué mes mystérieux, genre "vaut mieux que tu ne le saches pas, fais moi juste confiance..." alors qu'en fait je n'avais strictement rien à lui cacher, mais justement, surement à cause de ça... je suis resté sur mes positions et n'ai rien voulu lui raconter.

- Ouhuuuu... elle a pas du aimer ça...

- Ouai... c'est le moins qu'on puisse dire... le lendemain je me retrouvai avec armes et bagages sur le pas de notre chambre d'hôtel avec pour ultimatum "sois on est vraiment ensemble et on se raconte tout, soit on ne cache des choses et alors notre histoire ne rime à rien et dans ce cas... adieu Logan, nous nous croiserons surement à Neptune à l'occasion. Rentre bien !"

- Aîe...

- Tu l'as dit !

- Et alors ? Tu as fait quoi ? J'imagine que pour qu'il y ait eu l'épisode "Lucile", tu n'es pas rentré ventre à terre t'excuser et vu que nous ne t'avons pas vu à Neptune avant le début août...

- Je suis descendu à la réception commander un taxi bien décidé à rentrer à Neptune et là j'ai croisé une bande de surfeurs belges qui s'apprêtait à se rendre à une compétition à l'Ile d'Oléron sur la côté atlantique française.

- Et tu n'as pas pu résister à l'envie de te mesurer à tous ces petits européens arrogants et tu les as suivi là-bas... je me trompe ?

- Non... effectivement, je n'ai pas pu résister

- Elle a du être ravie Veronica d'apprendre que désespéré tu étais parti t'éclater dans une compet de surf !

- Heum...

- Non ?

- Si.

- Elle ne l'a pas su ? Tu ne lui en as pas parlé ? Même maintenant elle ne sait toujours rien ?

- Rien du tout. Quand je suis reparti la retrouver une semaine après, elle a ouvert la porte et on est tombé dans les bras l'un de l'autre en se promettant de ne plus rien se cacher à partir de ce jour mais en faisant l'impasse sur le passé. Je n'ai donc rien dit vu que ça faisait désormais parti du passé et par contre nous ne nous sommes plus jamais rien caché depuis.

- Et alors... Lucile, elle fait son entrée quand dans ton histoire ?

- Maintenant !


Flash-Back

Ils étaient enfin arrivés, serrés comme des sardines à 8 dans le vieux minibus de Chris. Les planches de surf colorées étaient perchés sur le toit de la camionnette et hormis une vieille glacière pleine à craquer de cannettes de soda on aurait pas pu faire entrer ne serait-ce que l'étiquette d'une cannette supplémentaire dans le vieux véhicule bringballant. Ils l'avaient laissé sur le parking et chacun chargé de son matériel, ils s'étaient tous rendus jusqu'à la tente installée en haut de la plage et qui indiquait que c'était là que devait se rendre les participants pour s'inscrire et retirer leur brassard. Chris avait gentiment proposé à Logan de lui préter sa planche de secours (oué d'accord c'est peut-être pas comme ça que ça se passe mais j'ai envie d'y croire... et puis zut de flûte c'est moi qui écrit tout' façon alors on évite de chipoter sur les détails !!! merci !)
Ce que le jeune homme s'était empressé d'accepter, le remerciant encore vivement d'avoir accepté de l'emmener avec eux jusqu'ici.

- t'inquiète mec, c'est l'esprit du surf non ?!

Logan avait acquiescé, oublieux de son nouvel échec avec Veronica, juste heureux d'être là.

La plage s'étendait devant eux à perte de vue. Immense, ronflante et déjà bruyante des cris et des rires des concurrents déjà sur place.

Ils s'étaient dirigés tous ensembles vers la tente des inscriptions et c'est là qu'il l'avait vu la première fois.

Elle était assise sur une caisse en bois dans un coin de la tente occupé à mettre tant bien que mal ce fichu brassard qui ne voulait pas tenir et il s'était naturellement proposé de l'aider, ce qu'elle avait rapidement accepté après avoir croisé son regard.

- Je m'appelle Logan Echolls.

- Moi ici c'est Lulu. Tu n'es pas d'ici ?

- Non avait-il répondu dans un rire.

- Anglais ?

- Américain. Californien pour être précis.

- Super. En vacance ?

- Plus ou moins.

- tu participes à la compétition ?

- Il semblerait oui. Toi aussi à priori.

- Oui... et je peux même te dire que je vais te battre ajouta Lucile dans un sourire espiègle.

- Ah oui ? avait répondu Logan piqué au vif, un sourire moqueur accroché aux lèvres.

- Bien sur ! avait répliqué Lucile avec aplomb alors que Logan terminait de fixer son propre brassard.

- Nous verrons bien.

- C'est tout vu. Commence à trembler beau gosse, tu ne verras que l'écume de mes vagues !

- J'en redemande ironisa le jeune homme en la suivant sur la plage.

La journée s'était passée ainsi entre vagues et joutes verbales. La tornade "Lucile" avait frappé et Logan avait été subjugué par son charme et son culot... juqu'à en oublier qu'il avait relever le défi de la battre et c'était elle qui était montée sur le podium non sans lui avoir préalablement décoché un regard sarcastique et moqueur.

La semaine qui avait suivi s'était enchainée à une vitesse folle. Il avait accepté de partager le campement des surfeurs belges, pour son plus grand plaisir et Lucile qui les connaissait bien était venue tous les jours après son entraînement. Des liens s'étaient tissés entre eux, malgré lui et chaque jour ils s'étaient un peu plus rapprochés l'un de l'autre, sans qu'à aucun moment il ne fasse état de la raison pour laquelle il était arrivé jusqu'à elle, et encore moins de sa relation avec Veronica... Il s'était littéralement laissé tourné la tête par ce petit bout de femme vif et pétillant comme du champagne... et aux jours avaient succédés leurs nuits, toutes plus brûlantes les unes que les autres jusqu'à ce matin où elle l'avait questionné sur sa vie en Californie... Il avait contourné la question en se levant rapidement, prétextant qu'ils étaient en retard pour la séance qu'ils avaient prévu avec leurs amis belges pour leur dernière journée là-bas et le soir il partait avec eux, direction Paris. Il n'avait pas revu Lucile avant de partir, il s'était sauvé comme ça, sans un aurevoir, sans explication... comme un voleur... pour retrouver sa vie, pour retrouver Veronica.

Fin Flash-back


- t'es dans la merde mec !

- Jusqu'au cou ! oui... je sais !

- t'as intérêt à faire ce qu'il faut pour t'expliquer avec elle avant qu'elle ne te règle ton compte... imagine si elle apprend pour Veronica... ou pire... si Veronica apprend pour Lucile... imagine comment elle va le prendre... surtout que j'imagine que tu n'as pas l'intention de parler de Lucile à Veronica n'est-ce pas ?

- pas trop non !

- T'es mal là... très mal... Si Veronica apprends que tu lui cache quelque chose... je ne donne pas cher de ta peau...

- Si tu pouvais arrêter de m'énumérer les pires scénarios je ne t'en voudrai pas Dick !

- Je suis lucide Mec, juste lucide ! T'est vraiment dans la merde là !

- Merci Dick, merci beaucoup... ça m'a fait beaucoup de bien de parler de ça avec toi ironisa Logan en levant les yeux au ciel.

- j't'en prie mon pote... si je peux t'aider...

- ça va aller, c'est assez le bordel comme ça ! Pas la peine que tu en rajoutes !


Pour un sourire de Lucile.. - 2

Quelques 15 heures moins sept heures de décalage horaire plus tard, c'est le regard brillant (et la truffe humide -> qu'est ce que je raconte moi... je m'égare, je m'égare...) que Lucile débarqua sur le tarmac de l'aéroport de San Diego. Il était 17 heures, heure locale et elle était complètement épuisée aussi fut-elle soulagée en apercevant une pancarte à son nom maintenue à bout de bras au-dessus de la foule des voyageurs. Réajustant son sac sur son épaule et ses lunettes de soleil sur son nez, elle se fonça directement vers "sa" pancarte, supposant qu'à son pied, comme annoncé lors de leur conversation téléphonique, se trouvait Marianne Dufour.

Presqu' arrivée à destination, Lucile joua encore quelque peu des coudes avant de se trouver face à un dos... bien trop musclé a vu de nez pour être celui de Marianne... ou alors elle n'avait rien compris, distance oblige, et il ne s'agissait pas là de Marianne mais de Mario contrairement à ce que lui avait laissé supposer la voix à travers son portable ! Après tout, on est pas plus responsable de son physique que de sa voix, ça casse le mythe certes mais après tout elle ne perdait pas au change... "bien au contraire" songea-t-elle en détaillant la silhouette devant elle... "rudement bien foutu le pied de ma pancarte" pensa-t-elle en posant sa main sur le bras du "pied" en question.

- Bonjour je suis Lucile Hanmey, c'est moi que vous attendez informa-t-elle dans un anglais parfait (oui parce que ma Lucile, jeune fille très chanceuse parmi les chanceuses parle EVIDEMMENT couramment l'anglais... ça coule de source !)

Le "pied" de sa pancarte pivota alors vers elle...

"Wahouuuuu... je vous en prie seigneur, promis je réapprendrai mes prières par coeur s'il le faut mais je vous en prie, je vous en prie, faites qu'il soit célibataire, pitié, faites qu'il soit célibataire !!"

- Bonjour, Dick Casablanca lui répondit une bouche charnue surmontée de deux superbes yeux bleus auréolés d'une tignasse blonde lumineuse tandis qu'une main faisant au moins le double de la sienne s'avançait à sa rencontre et que Lucile restait scotchée sans réaction.

Le silence se prolongea.

- Tu préfères peut être qu'on se fasse la bise ?... reprit le jeune homme étonné de ce silence. A moins qu'il n'y ai une autre façon de se dire bonjour dans ton pays ? J'apprends vite tu sais... alors... on fait comment chez toi ?

"Avec les gars comme toi ? On s'attrape à plein bouche et on ne se lâche plus sauf nécessité absolue"

- Pardon, Je... je suis juste un peu surprise, Marianne m'avait dit qu'elle viendrait me chercher elle-même, je ne m'att...

- Non, non ne t'inquiètes pas... Lucile c'est bien ça ?... Marianne nous attend à la cafétéria de l'aéroport, nous devions y retrouver mon meilleur ami qui lui devait venir récupérer un de ses sacs égaré par la Compagnie la semaine passée.

- Oooh... très bien fit Lucile mécaniquement, tenant des deux mains la poignée de son sac qu'elle balançait machinalement entre ses jambes légèrement écartées tandis que le regard plongé dans celui de Dick elle buvait littéralement ses paroles.

- Lucile ?

- Oui ?

- Tu vas bien, tu es sure ? s'inquiéta Dick que l'attitude de Lucile perturbait. Il l'a trouvait ravissante certes... mais franchement bizarre aussi. Elle resta là à le fixer sans dire un mot. Il y avait bien longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi mal à l'aise.

"Ma fille, fait quelque chose, arrête de le fixer comme ça sinon dans moins de 5 secondes tu te retrouveras là plantée toute seule comme une courge en terre inconnue et il sera bien tant alors de t'apitoyer sur ton sort en larmoyant. Tu vas finir par lui coller les frousses de sa vie. Allez Lulu... on se ressaisit"

- Hey Dick. Tu ne me présentes pas ?

- Si si bien sûr... Lucile Hanmey, Logan Echolls ; Logan, Lucile

- enchanté fit Logan en serrant d'une poigne vigoureuse la main que lui tendit Lucile.

- nous nous connaissons... j'aurai au moins espéré que tu te souviennes de moi Logan...

Logan eut un temps d'arrêt, surpris puis semblant soudain la reconnaitre :

- Lulu ? C'est toi ?

- Il semblerait oui... contente de te revoir aussi ! ironisa Lucile

- Vous vous connaissez tous les deux demanda Dick dubitatif.

- un peu... répondit Logan plutôt mal à l'aise.

- ouai ajouta Lucile dans un sourire désabusé. On peut dire ça comme ça aussi. Et donc dans l'histoire vous deux vous êtes ?... demanda-t-elle afin de changer définitivement de sujet. "Nous règlerons nos comptes plus tard Logan. Profites. Tu ne perds rien pour attendre."

- Les deux jeunes gens à l'origine du projet qui vous voit arriver ici pour la fameuse compétition. Messieurs Echolls et Casablanca annonça Marianne Dufour en se faufilant jusqu'à eux. Bonjour Lucile. Bienvenue à San Diego. Je vous prie de m'excuser pour ne pas vous avoir accueilli personnellement mais quelques soucis d'intendance m'ont retardé ajouta Marianne en jetant un regard noir à Logan.

- Hey s'exclama celui-ci... ça n'est pas ma faute pour une fois ! Si Dick n'avait pas inscrit n'importe quoi sur les étiquettes de transport, mon sac n'aurait pas été faire un séjour à Pétaouchnock sans moi...

- Ils lisent jamais les destinations sur les étiquettes d'habitude ! Ils se fient uniquement à la liste des passagers... avoue quand même que je n'ai vraiment pas eu de bol de tomber sur le seul employé consciencieux de tous les employés d'aéroport du territoire !

- Non dis plutôt que depuis le temps que tu t'exerces avec cette blague pourrie tu as rudement du bol de n'être encore jamais tombé sur des employés tatillons et consciencieux.. parce que je pense qu'à ce jour tu aurais des valises dans les quatre coins de la terre sauf là où tu en aurais besoin !!

- C'est juste !... mais...

- Bon, les garçons... j'ai hélas encore un rendez-vous dans le centre de San Diego, si vous accompagniez Lucile à son hôtel ?... On vous a installé à Neptune, c'est seulement à quelques kilomètres d'ici et l'hôtel à l'avantage d'être en toute bordure de plage. Vous verrez Lucile, c'est bien pratique pour l'entraînement, d'autant que Dick et Logan s'y entraîne chaque jour, vous vous sentirez moins seule comme ça ajouta Marianne dans un sourire réconfortant. Sur ce je vous laisse, nous nous verrons plus tard.

Pour un sourire de Lucile.. - 1

"Le Self-Insert (ou SI) est une fanfic où l'auteur se met en scène aux côtés des personnages principaux, jusqu'à souvent devenir lui-même un personnage principal de l'histoire. Certaines mauvaises langues racontent qu'alors l'auteur prend ses rêves pour la réalité, ce qui parfois n'est pas loin d'être vrai. Ce type de récit est souvent rejeté par la communauté des fans. Également, une "Mary Sue" (pour une fille) ou un "Gary Stu" (pour un garçon) représente le personnage parfait, possédant des qualités intellectuelles et physiques non-négligeable, souvent puissant(e) et aimé(e) de tous les autres personnages. On remarquera le côté invraisemblablement parfait du personnage, souvent une projection idéalisée de la personne de l'auteur. Loin de le faire aimer, cela rend le personnage détestable, prétentieux et sans saveur"... explication donnée dans "le guide de la fanfiction". Je ne suis pas loin de penser la même chose sauf que j'aime toujours autant bousculer les conventions, alors si ça risque de faire grincer des dents... et bien tant mieux... même si à la base cette "nouvelle" n'est partie que d'un délire nocturne, que de l'envie de redonner le sourire... mais bon... dans tous les cas de figure -> j'ASSUME ! (petite précision utile : ça n'est pas de moi dont il s'agit dans cette histoire en tout cas pas concernant Lucile quoique dans certaines scènes... j'aurai pas dit non !... mdrrrr)




POUR UN SOURIRE DE LUCILE...



Elle avait passé sa journée enfermée dans sa chambre à ressasser ce qui aurait pu être, n'avait pas été ou n'était plus, oscillant entre larmes et vague l'âme. Elle se sentait tellement mal ce soir, tellement seule, tellement abandonnée... elle aurait donné n'importe quoi pour un peu de compagnie.

C'est alors que sur l'écran de son ordinateur la fenêtre de connexion de sa messagerie instantanée l'informa, comme chaque nuit à cette heure, de la présence de Nat en ligne. Espérant se changer un peu les idées elle s'installa face à lui et s'annonça un peu par habitude.


tite lulu dit : coucou ma belle

Il était deux heures du matin mais Nat n'était pas plus une couche tôt qu'elle et sa réponse ne tarda pas :

Nat dit : kikou

tite lulu dit : tu va bien ??

Nat dit : oui très bien et toi ?

tite lulu dit : (évitons cette question inutile) t'as passée une bonne journée ??

Nat dit : bah nan elle est pas inutile puisque tu ne veux pas y répondre j'en déduis donc que ça ne va pas si bien que ça et là je te demande donc ce qui ne va pas !?

tite lulu dit : ya rien qui va mais bon, c'est pas grave, j'ai l'habitude en ce moment donc je passe a autre chose

Nat dit : quand tu écris "rien qui va" tu fais référence à quoi exactement (si tu crois que tu vas pouvoir te débarrasser de mes questions embarrassantes tu te mets le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate )

tite lulu dit : je fais référence a tout ce qui ce passe dans ma vie depuis un an

Nat dit : explication !

tite lulu dit : non, pas d'explication parce que sinon, ça ira encore moins bien

Nat dit : ok... admettons que je passe pour cette fois... tu as des nouvelles ?



Alors que Lucile s'apprêtait à lui répondre, son portable se mit à vibrer.

- allo ? fit-elle surprise par cet appel si tardif.

- Mademoiselle Hanmey ?

- euh... oui ! répondit lulu qui s'interrogeait sur l'identité de son interlocutrice.

- Je suis Marianne Dufour, je travaille pour la fédération française de Surf, je vous prie de pardonner cet appel un peu tardif, je viens seulement de réaliser que c'était la nuit en France, mais je vous appelle de Californie où je travaille actuellement avec de jeunes surfeurs pour un projet de rencontre officieux avec nos meilleurs surfeurs français et votre nom se trouve être en bonne place parmi nos adhérents. N'ayant pas réussi à joindre le responsable de votre club, dans l'urgence je me suis permise de vous contacter directement !

Lucile ne comprenait pas où voulait en venir cette Marianne Dufour et la fatigue aidant, elle ne trouva rien à répondre.

- Mademoiselle Hanmey ? Vous êtes toujours là ?

- oui, oui répondit Lucile précipitamment.

- ok, donc voilà, je vous explique rapidement ce qu'il en est. A l'occasion de l'ASR WORLD TRADE EXPO qui a lieu actuellement à San Diego...

- Quoi ? l'ASR WORLD TRADE EXPO ? le Salon professionnel du surf ?

- Très précisément ! Pour faire court nous sommes en séance de travail avec de jeunes surfeurs de Neptune et le représentant de leur fédération américaine de surf, et ils souhaiteraient organiser une rencontre inter fédération officieuse entre eux et la France. Le but est évidemment de faire connaître encore plus ce sport sur notre territoire. Donc nous souhaiterions commencer par une rencontre officieuse entre eux et quelques uns de nos meilleurs surfeurs ici, avant d'organiser une rencontre officielle en France. Cela pourrait-il vous intéresser ? Pour tout vous dire nous sommes quelque peu tenu par le temps, les jeunes gens que j'ai en face de moi souhaitant débuter cette "compétition" ce week-end, c'est à dire après demain pour vous.

- Qu... quoi ?? Une compétition de Surf ?? en Californie ?? Après-demain ?? J... Je.. je ne sais pas... je...

Lucile n'en revenait pas. ça allait trop vite, beaucoup trop vite pour elle, il lui fallait absolument en parler avec quelqu'un pour prendre la mesure de ce qui lui arrivait et prendre une décision et tant qu'à faire la bonne ! impossible de faire autrement. C'est alors qu'elle aperçu la fenêtre de conversation en cours avec Nat sur l'écran de son pc.

- Madame Dufour ?

- Oui ? Vous êtes d'accord ?

- Vous pouvez me donner deux toutes petites minutes s'il vous plait ? Je vous donne ma réponse tout de suite après !

- Très bien, je patiente.

- Merci beaucoup.

Abandonnant son portable sur son bureau un instant, Lucile se précipita sur le clavier de son ordinateur.


tite lulu dit : Nat tu ne va jamais me croire !

Nat dit : Quoi donc ?

tite lulu dit : J'ai une fille de la FFS
(Fédération Française de Surf -> Bon là j'me la pète mais il faut pas oublier qu'il y a seulement quelques minutes je ne savais ni ce que ça voulait dire, ni même que ça existait !!!) en ligne sur mon portable

Nat dit : Qui ?

tite lulu : Une fille de la FFS

Nat dit : A cette heure ? Elle est dingue ta nana !

tite lulu dit : laisse moi parler ! Elle m'appelle du salon professionnel du Surf de San Diego

Nat dit : San Diego ? En Californie ?

tite lulu dit : Non à Bagdad !!!!... Bien sur aux Etats-Unis !!!

Nat dit : Bah... qu'est ce qu'elle te veut ? te recruter pour participer aux championnats américains de surf mdrr

tite lulu dit : Moques toi ! Tu ne crois pas si bien dire... elle me demande si je veux participer à une compétition officieuse avec des surfeurs californiens de Nep... quelque chose...

Nat dit : Neptune ?...

tite lulu dit : Oui c'est ça !, comment tu connais ce bled toi ?

Nat dit : N'oublie pas que je suis accro aux séries américaines, je connais presque mieux la géographie tu territoire des Etats-Unis que les Américains eux-mêmes
(<- pffff la grosse mytho comment elle se la raconte !!!) !! Pour en revenir à ce qui t'arrive : Aaaaaaaaaaaaaaah (oué là plus de doute je suis grillée tout le monde va me reconnaître !!!) C'est fabuleux, génial, énorme... tu pars quand ?

tite lulu dit : je ne sais pas encore, pour le moment elle attend de savoir si j'accepte d'y participer !

Nat dit : Comment ça "elle attend de savoir si tu acceptes d'y participer !" ??... Elle est où là ?

tite lulu dit : à San Diego !

Nat dit : Nan nan, ça n'est pas ça dont je te parle, là tout de suite maintenant... ne me dis pas qu'elle poireaute sur ton portable pendant que tu me racontes tout ça ?? hein lulu... tu ferais pas un truc pareil n'est-ce pas ?

tite lulu dit : Bah si ! J'avais besoin d'en parler à quelqu'un avant de prendre une décision, elle est au courant ne t'inquiètes pas !

Nat dit : Comment ça "tu avais besoin d'en parler à quelqu'un avant de prendre une décision" ?? MAIS TU ES FOLLE ! Totalement, Absolument, Complètement folle à lier... Tu as vraiment besoin de réfléchir pour savoir si tu veux participer à une opportunité pareille ?? Lulu... tu veux que je vienne te botter les fesses histoire de te remettre "au carré" ou quoi ?! Dépêche moi de me reprendre ce fichu téléphone et de répondre "Oui" à tout ce que cette femme te propose... Allez... GROUILLE TOI ou je débarque illico-presto !!!

tite lulu dit : Oui mais c'est si soudain...

Nat dit : Écoute moi bien ma ptite lulu, à moins que la terre n'implose ou que le ciel ne te tombe sur la tête, RIEN tu m'entends, ABSOLUMENT rien ne t'empêchera de te rendre là bas - à ce propos si t'as de la place dans ton sac de voyage pour ma pomme je suis pas contre... tu sais à quel point les beaux surfeurs me font fantasmer !!!-

tite lulu dit : Dois-je te rappeler que tu es quasiment mariée ?

Nat dit : tant que t'y es t'as qu'à dire aussi que j'ai dépassé la date limite de consommation hein ! te gêne pas !

tite lulu dit : Mdrr... bon je dis "ok" alors !

Nat dit : EVIDEMMENT ! la question ne se pose même pas... c'est peut-être la chance de ta vie de rentrer dans le club très sélect des surfeurs professionnels... Tu n'as pas le droit de laisser passer une telle opportunité ! Si tu le fais, je te promet de faire de ta vie un enfer et ce jusqu'à la fin de tes jours !!!

tite lulu dit : Ouf ! Je l'ai échappé belle, vu ton grand âge j'aurai pas à souffrir très longtemps, tu auras rapidement passé l'arme à gauche ! Mdrr

Nat dit : Gare à tes fesses toi ! Ne sous-estime pas mes ressources de vieille croulante... et file annoncer la nouvelle à ta madame machin chose de San Diego !

tite lulu dit : Ouiiiiiiiiiiiiiii... Merci Nat

Nat dit : File j'ai dit !

tite lulu dit : "déjà partie"



Soudainement surexcitée Lucile abandonna son clavier et repris son portable.

- Madame Dufour ?

- Oui je suis toujours là ! Alors ?

- Alors c'est... OUI ! OUI oui, mille fois oui s'exclama joyeusement Lucile avant de réaliser que son interlocutrice allait finir par la prendre pour une folle et peut être changer d'avis quant à sa participation dans la compétition. j'en serai ravie Madame Dufour.

- Appelez moi Marianne ! Je suis très heureuse de vous compter désormais parmi nos participants Mademoiselle, extrêmement ravie. Tenez vous prête pour demain 7h, une voiture viendra vous prendre chez vous et vous conduira à l'aéroport. Je m'occupe de tout, vous serez parmi nous en fin de soirée. Je viendrai personnellement vous chercher à l'aéroport pour vous conduire à votre hôtel. Tous vos frais seront subventionnés par la Fédération Californienne de Surf (oué bah on a bien le droit de rêver que parfois on a tellement de chance que ça peut aussi se passer comme ça !!! Ne m'enlèves pas mes illusions !) Inquiétez vous seulement de ne pas oublier votre planche et votre équipement personnel, je m'occupe du reste.

- merci, merci, merci s'exclama Lucile n'en tenant plus de joie.

- A demain soir à San Diego Mademoiselle. Bonne Nuit.

Sitôt raccroché, Lucile se précipita à nouveau sur son ordinateur.


tite lulu dit : j'ai dit oui... j'ai dit OUIIIIIIIIIIIIIII

Nat dit : t'avais pas le choix de toute façon sinon j'aurai pris un aller-retour pour chez toi pour aller te chercher et je t'aurai traîner là-bas par la peau des fesses s'il avait fallu !

tite lulu dit : je vais en Californie, je vais en Californie, je vais en Californie... et tout frais payé en plus, une voiture vient me chercher demain matin... tu te rends compte je pars demain matin !... DEMAIN MATIN !

Nat dit : On se calme là... tout doux... youhouuuuuuuuu... fais descendre la pression là, j'ai l'impression de parler avec le "bip bip" dans vil le coyote !... tu respires fort, te détend un peu... et vu l'heure... TU FILES TE COUCHER sinon tu vas rater la voiture demain matin !

tite lulu dit : Dormir ? Mais tu es folle ! C'est impossible, j'ai mes affaires à préparer, Mes parents à prévenir et plus que 3 toutes petites heures pour faire tout ça ! Je dormirai dans l'avion !

Nat dit : Je suis super contente pour toi ma ptite lulu...Vraiment ravie... (N'oublies pas de me ramener un beau surfeur dans tes valises en rentrant surtout !!!)

tite lulu dit : Mdrr... si t'es sage ! Et puis j'essaierai de trouver une connexion valide là bas et de te raconter tout... ça te va ?

Nat dit : tu restes combien de temps ?

tite lulu dit : Oups... j'ai complètement oublié de poser la question !




* * *



Comme elle l'avait prévu Lucile n'avait pas pu fermer l'oeil de la nuit, ou du moins du peu de nuit qu'il lui restait.

Elle avait tout d'abord envoyé un texto à ses parents en vacances dans le Sud pour les informer de son départ puis il lui avait fallu rassembler et préparer toutes ses affaires... c'était pas le tout d'être une surfeuse... c'était avant tout une fille, et une fille qui allait rencontré des spécimens californien dans quelques heures...

Vu le désert affectif de sa vie ses derniers temps et le fiasco qu'avait été sa dernière relation amoureuse... autant se parer à toute éventualité... après tout pourquoi ne le rencontrerait-elle pas là-bas son grand amour ??... Alors vu sous cet angle, un principe de base incontournable s'était imposé à elle... hors de question d'arriver là-bas habillé en jean-basket... elle avait une réputation à défendre, elle était française et quand on arrive du pays de la haute couture on ne débarque pas habillé comme une souillon... surtout pour rencontrer son prince charmant !!

"Oula lulu... tu t'emballes, tu t'emballes... si ça se trouve ils seront tous stupides et moches ou alors tous en couple et t'auras l'air du belle pomme avec tes idées guimauves d'amour éternel... N'oublies pas ! Tu y va pour surfer... SURFER !... allez répète encore : J'y vais pour surfer, SURFER - J'y vais pour surfer, SURFER... avec un bel apollon aux cheveux d'or et au regard d'azur, bronzé comme du pain d'épice et taillé comme une statue grecque... Ayé... je m'égare encore... On reprend : J'y vais pour surfer, UNIQUEMENT pour surfer..."

Ensuite les choses s'étaient encore accélérées. Elle bouclait à peine son dernier sac de voyage, qu'un taxi se garait devant chez elle. Attrapant cet ultime sac, elle fit encore une dernière fois le tour de la maison pour s'assurer de n'avoir rien oublié et rejoignit le chauffeur qui installait méthodiquement toutes ses affaires dans son coffre et fixait sa planche de surf sur le toit. Soupirant d'aise, un sourire béat accroché sur le visage, elle jeta un dernier regard à sa maison et s'engouffra joyeusement dans la voiture, consciente soudainement qu'elle s'embarquait vers l'inconnu... et elle ne pouvait même pas encore imaginer à quel point elle était dans le vrai...