Moins de deux heures plus tard, conduit par le Capitaine Estienne, Logan et Veronica se tenaient debout devant les ruines de la maison des Dufrancatel à la périphérie de Carpentras.
- Et qu'est-ce qu'on fait maintenant demanda Logan les deux mains dans les poches, les yeux rivés sur les vestiges de ce qui avait du être un beau mât provençal.
Veronica se tenait près de lui, le regard fixé dans la même direction, se demandant ce qu'ils pourraient bien tirer de ce tas de pierres noircies huit ans après les évènements.
- Je ne suis pas certaine que nous trouvions ici ce que nous sommes venus chercher confirma-t-elle.
- Nous pourrions redescendre dans le centre, voir si quelqu'un se souvient de l'incendie et des Dufrancatel suggéra Logan.
- Dites-nous Capitaine Estienne, que contient le rapport que vous nous avez remis concernant cet incendie et l'enquête qui en a découlé demanda Veronica. Il est rédigé en français et nous avons eu quelques difficultés à en saisir les détails ajouta-t-elle pour dissimuler le fait qu'ils n'avaient même pas ouvert un seul des dossiers confiés bien trop occupés qu'ils étaient à se redécouvrir sensuellement parlant.
Logan, toujours les deux mains dans les poches se tourna franchement vers elle, une moue ironique sur les lèvres semblant sur le point d'ajouter un commentaire.
- La ferme Echolls le prévint-elle en le pointant du doigt genre "si tu dis quoique ce soit..."
Hilare, Logan recula d'un pas et leva les deux mains en signe de protestation.
- Je n'allais rien dire !... Détends toi Mars !
- Mon oeil ! répliqua Veronica en lui jetant un regard noir.
Les subtilités de la dualité Veronica/Logan lui échappant, Estienne avait rapidement récupéré le dossier concerné dans le coffre de sa voiture et se concentrait à présent sur sa lecture.
- Il semblerait que l'incendie soit parti du local réservé aux outils accolé à un des murs à l'arrière de la maison où était entreposée une petite bouteille de gaz servant pour le chalumeau de Monsieur Dufrancatel.
Perplexe Veronica fixa un instant Estienne sans un mot.
- Il y a quelque chose que je ne m'explique pas bien, commença-t-elle en se dirigeant vers les décombres, comment en avez-vous déduit qu'il s'agissait un incendie d'origine criminel ?
- Parce que s'il a été prouvé que l'incendie avait bien été déclenché par l'explosion de la bouteille de gaz, il a été prouvé aussi que ça ne pouvait pas être du au fait que le chalumeau est pu être mal éteint, un rapport d'expert indique que l'embout du chalumeau n'avait pas été utilisé depuis bien longtemps.
- Où les corps ont-ils été retrouvés ? demanda Logan en suivant des yeux Veronica qui inspectait les pierres et les pans de murs qui restaient encore de la maison.
- Dans la chambre, on suppose qu'ils étaient couchés au moment de l'incendie.
- ça c'est passé pendant la nuit ? questionna Veronica en revenant vers eux.
- non non, en plein après-midi. C'est un appel à la brigade des sapeurs-pompiers qui a signalé l'incendie.
- qui a signalé l'incendie ?
- L'appel était anonyme. La brigade était déjà en intervention sur deux autres incendies de forêt, le temps qu'ils interviennent la maison n'était plus qu'un tas de cendres.
- Ça a été un très gros choc pour nous tous lança une voix derrière eux. Bonjour, je vous ai vu vous engagé dans l'impasse, je me doutais que je vous retrouverai là expliqua l'homme qui s'était immiscé dans leur conversation. Je suis Mathias Pambou, j'habite plus bas sur le chemin, j'étais pompier volontaire à l'époque de l'incendie, comme Michel d'ailleurs, je faisais partie de l'équipe qui est intervenue sur les lieux... trop tard hélas.
- Monsieur Pambou...
- Mathias s'il vous plait.
- oui, Mathias reprit Veronica en faisant signe à Estienne de traduire ce qu'elle allait dire. Comment expliquez-vous qu'un incendie d'une telle intensité au regard de ce qu'il reste de la maison n'est pas pris dans la pinède attenante ?
Mathias haussa les épaules.
- ça c'est passé en automne et ce jour là nous avons essuyé un gros orage.
- d'accord... et les incendies de forêt sur lesquels vous étiez en déjà opération alors ? insista Veronica. Comment ont-ils pu prendre et se propager suffisamment pour vous empêcher d'intervenir ici si comme vous venez de le dire il avait plu la semaine précédente ?... c'est incohérent !
- C'est la foudre qui a déclenché l'incendie, le fait que l'éteindre nous ai retenu autant n'est du qu'au simple fait qu'il s'agissait de pins et que c'est un bois très inflammable... rien d'autre.
- Alors on en revient toujours au même point, pourquoi et comment les pins autour de la maison ont-il pu résister au feu ?
Mathias ne sut que répondre à Veronica qui se tourna, le regard interrogateur vers le Capitaine Estienne.
- Je n'ai rien dans le dossier à ce sujet non plus confirma-t-il
Soupirant longuement Veronica se dirigea vers la voiture quand soudain elle fit face aux trois hommes qui l'avaient suivi et s'adressa à Estienne.
- Capitaine, pouvez-vous me passer le résultat de l'analyse ADN des deux corps s'il vous plait.
- euh... ça ne va pas être possible.
- Et pourquoi ça demanda Logan.
- Aucune analyse ADN n'a pu être pratiqué. Nous n'avons pas retrouvé les corps. Du moins si... mais ça n'était plus qu'un tas de cendres absolument impossible à analyser.
- Je croyais qu'ils avaient parfaitement été identifié s'étonna Veronica.
- Oui tout à fait, nous avons retrouvé tous les bijoux de Madame Dufrancatel ainsi que la montre, l'alliance et le médaillon de Monsieur Dufrancatel. Ce qui n'a laissé aucun doute quant à l'identité des corps.
- bien répondit Veronica soucieuse. Nous n'avons plus rien à faire ici. Nous devons rentrer à l'hôtel maintenant, j'ai encore deux ou trois choses à vérifier ajouta-t-elle à l'attention d'Estienne. Ensuite nous reprendrons le train pour Paris.
Après avoir échangé rapidement ses coordonnées avec Mathias et l'avoir remercier pour son aide, Veronica monta dans la voiture suivit de Logan et du Capitaine qui, une fois tout le monde à bord, reprit le chemin vers Aix.
Veronica, le visage tourné vers le bas côté qui défilait à tout allure, tournait et retournait le scénario que les derniers éléments lui avaient permis d'échafauder. Elle sentait qu'elle approchait du but mais ne parvenait pas encore à faire le lien avec Emmanuelle, du moins pas directement et cela l'agaçait prodigieusement.
- Il faut que j'arrive à joindre Mac quand nous serons à l'hôtel fit-elle tout à coup.
Assis à l'avant, Logan tourna la tête vers elle.
- Tu penses avoir trouvé quelque chose ?
- peut-être... répondit-elle la tête rejetée en arrière sur l'appui-tête, le regard tourné vers la vitre. Pouvez-vous faire un tour par le centre ville avant de rentrer sur Aix Capitaine ? demanda-t-elle soudain en se redressant.
- Pas de problème répondit Estienne en tournant sur la droite en direction du centre ville de Carpentras.
samedi 30 juin 2007
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