Tout le trajet que dura la route les conduisant au Neptune Grand Hotel, Dick s'occupa de faire la conversation à Lucile, Logan rendu soudain muet. Une fois la jeune fille déposée, Logan qui lui avait laissé la place près du conducteur, réintégra la réintégra.
- C'est quoi ce silence ? demanda Dick en amorçant un demi-tour peu orthodoxe en pleine avenue.
- Quel silence ? lança distraitement Logan, faussement occupé à regarder les passants sur les trottoirs bondés.
- Tu n'as plus décroché un mot... ou presque depuis que Marianne est partie à son rendez-vous. je croyais que vous vous connaissiez toi et Lucile ?
- C'est le cas.
- Il va falloir que je t'arrache les vers du nez ou tu comptes me raconter ?
- Y'a rien à raconter.
- Okayyyyy... soupira Dick avant de repartir à la charge.
Vous vous êtes rencontrés comment ? J'avais cru comprendre qu'elle était française et qu'elle vivait là-bas ?
- C'est le cas.
- LOGAN ! s'exclama Dick excédé en tirant le frein à main de sa voiture en plein carrefour.
- Mais tu es dingue ! hurla Logan. On va se faire rentrer dedans !
- Je m'en fou ! Je ne bougerai pas de là tant que tu ne m'auras pas tout raconter et sans oublier les détails s'il te plait !
- ok ok ok répondit précipitamment Logan en se redressant sur son siège le regard tourné vers la lunette arrière de la voiture guettant l'éventuelle voiture qui allait les envoyer dans le décor !
Roule maintenant et je te raconte.
- Ah bah c'est mieux comme ça renchérit Dick en embrayant la première.
- ok... soupira Logan. Tu veux savoir quoi au juste ?
- tout... absolument tout mon cher et ne t'avise pas de faire des impasses sinon je file droit rejoindre Lucile à son hôtel et je lui pose franchement la question. Vu l'état dans lequel tu sembles l'avoir mise tout à l'heure, je doute fort qu'il faille grand chose pour la pousser à s'épancher sur mon épaule ajouta Dick en lançant un regard entendu à Logan.
- C'était l'été dernier.
- Attends... l'été dernier ?... mais... quand exactement ? Je ne me souviens pas que tu sois allé nulle part sans moi ou Veronica cet été ?... Noooooooon... Vous êtes allés à Paris toi et Veronica. Je m'en souviens maintenant... tu n'as pas fait ça quand même... Logan ?... Veronica est au courant ?
- Je peux en placer une deux secondes là ou tu fais les questions-réponses tout seul ?
- Vas-y vas-y... je t'écoute...
- Donc l'été dernier avec Veronica nous sommes allés à Paris effectivement. Nous y avons passé tous le mois de juillet... enfin... pas tout le mois de juillet à Paris en fait...
- T'es gentil mais tu peux préciser là ?
- Dick tu te tais maintenant sinon je ne te dis rien du tout ok ?
- ok ok...
- Donc nous avons passé les quinze premiers jours à Paris. C'était idyllique, fantastique... et puis j'ai un peu déconné, Veronica a commencé à me poser des questions sur nos séjours à Tijuana, ce que nous y faisions, comment, pourquoi... j'ai pas supporté cette inquisition et au lieu de lui répondre et de la calmer, je me suis braqué et j'ai joué mes mystérieux, genre "vaut mieux que tu ne le saches pas, fais moi juste confiance..." alors qu'en fait je n'avais strictement rien à lui cacher, mais justement, surement à cause de ça... je suis resté sur mes positions et n'ai rien voulu lui raconter.
- Ouhuuuu... elle a pas du aimer ça...
- Ouai... c'est le moins qu'on puisse dire... le lendemain je me retrouvai avec armes et bagages sur le pas de notre chambre d'hôtel avec pour ultimatum "sois on est vraiment ensemble et on se raconte tout, soit on ne cache des choses et alors notre histoire ne rime à rien et dans ce cas... adieu Logan, nous nous croiserons surement à Neptune à l'occasion. Rentre bien !"
- Aîe...
- Tu l'as dit !
- Et alors ? Tu as fait quoi ? J'imagine que pour qu'il y ait eu l'épisode "Lucile", tu n'es pas rentré ventre à terre t'excuser et vu que nous ne t'avons pas vu à Neptune avant le début août...
- Je suis descendu à la réception commander un taxi bien décidé à rentrer à Neptune et là j'ai croisé une bande de surfeurs belges qui s'apprêtait à se rendre à une compétition à l'Ile d'Oléron sur la côté atlantique française.
- Et tu n'as pas pu résister à l'envie de te mesurer à tous ces petits européens arrogants et tu les as suivi là-bas... je me trompe ?
- Non... effectivement, je n'ai pas pu résister
- Elle a du être ravie Veronica d'apprendre que désespéré tu étais parti t'éclater dans une compet de surf !
- Heum...
- Non ?
- Si.
- Elle ne l'a pas su ? Tu ne lui en as pas parlé ? Même maintenant elle ne sait toujours rien ?
- Rien du tout. Quand je suis reparti la retrouver une semaine après, elle a ouvert la porte et on est tombé dans les bras l'un de l'autre en se promettant de ne plus rien se cacher à partir de ce jour mais en faisant l'impasse sur le passé. Je n'ai donc rien dit vu que ça faisait désormais parti du passé et par contre nous ne nous sommes plus jamais rien caché depuis.
- Et alors... Lucile, elle fait son entrée quand dans ton histoire ?
- Maintenant !
Flash-Back
Ils étaient enfin arrivés, serrés comme des sardines à 8 dans le vieux minibus de Chris. Les planches de surf colorées étaient perchés sur le toit de la camionnette et hormis une vieille glacière pleine à craquer de cannettes de soda on aurait pas pu faire entrer ne serait-ce que l'étiquette d'une cannette supplémentaire dans le vieux véhicule bringballant. Ils l'avaient laissé sur le parking et chacun chargé de son matériel, ils s'étaient tous rendus jusqu'à la tente installée en haut de la plage et qui indiquait que c'était là que devait se rendre les participants pour s'inscrire et retirer leur brassard. Chris avait gentiment proposé à Logan de lui préter sa planche de secours (oué d'accord c'est peut-être pas comme ça que ça se passe mais j'ai envie d'y croire... et puis zut de flûte c'est moi qui écrit tout' façon alors on évite de chipoter sur les détails !!! merci !) Ce que le jeune homme s'était empressé d'accepter, le remerciant encore vivement d'avoir accepté de l'emmener avec eux jusqu'ici.
- t'inquiète mec, c'est l'esprit du surf non ?!
Logan avait acquiescé, oublieux de son nouvel échec avec Veronica, juste heureux d'être là.
La plage s'étendait devant eux à perte de vue. Immense, ronflante et déjà bruyante des cris et des rires des concurrents déjà sur place.
Ils s'étaient dirigés tous ensembles vers la tente des inscriptions et c'est là qu'il l'avait vu la première fois.
Elle était assise sur une caisse en bois dans un coin de la tente occupé à mettre tant bien que mal ce fichu brassard qui ne voulait pas tenir et il s'était naturellement proposé de l'aider, ce qu'elle avait rapidement accepté après avoir croisé son regard.
- Je m'appelle Logan Echolls.
- Moi ici c'est Lulu. Tu n'es pas d'ici ?
- Non avait-il répondu dans un rire.
- Anglais ?
- Américain. Californien pour être précis.
- Super. En vacance ?
- Plus ou moins.
- tu participes à la compétition ?
- Il semblerait oui. Toi aussi à priori.
- Oui... et je peux même te dire que je vais te battre ajouta Lucile dans un sourire espiègle.
- Ah oui ? avait répondu Logan piqué au vif, un sourire moqueur accroché aux lèvres.
- Bien sur ! avait répliqué Lucile avec aplomb alors que Logan terminait de fixer son propre brassard.
- Nous verrons bien.
- C'est tout vu. Commence à trembler beau gosse, tu ne verras que l'écume de mes vagues !
- J'en redemande ironisa le jeune homme en la suivant sur la plage.
La journée s'était passée ainsi entre vagues et joutes verbales. La tornade "Lucile" avait frappé et Logan avait été subjugué par son charme et son culot... juqu'à en oublier qu'il avait relever le défi de la battre et c'était elle qui était montée sur le podium non sans lui avoir préalablement décoché un regard sarcastique et moqueur.
La semaine qui avait suivi s'était enchainée à une vitesse folle. Il avait accepté de partager le campement des surfeurs belges, pour son plus grand plaisir et Lucile qui les connaissait bien était venue tous les jours après son entraînement. Des liens s'étaient tissés entre eux, malgré lui et chaque jour ils s'étaient un peu plus rapprochés l'un de l'autre, sans qu'à aucun moment il ne fasse état de la raison pour laquelle il était arrivé jusqu'à elle, et encore moins de sa relation avec Veronica... Il s'était littéralement laissé tourné la tête par ce petit bout de femme vif et pétillant comme du champagne... et aux jours avaient succédés leurs nuits, toutes plus brûlantes les unes que les autres jusqu'à ce matin où elle l'avait questionné sur sa vie en Californie... Il avait contourné la question en se levant rapidement, prétextant qu'ils étaient en retard pour la séance qu'ils avaient prévu avec leurs amis belges pour leur dernière journée là-bas et le soir il partait avec eux, direction Paris. Il n'avait pas revu Lucile avant de partir, il s'était sauvé comme ça, sans un aurevoir, sans explication... comme un voleur... pour retrouver sa vie, pour retrouver Veronica.
Fin Flash-back
- t'es dans la merde mec !
- Jusqu'au cou ! oui... je sais !
- t'as intérêt à faire ce qu'il faut pour t'expliquer avec elle avant qu'elle ne te règle ton compte... imagine si elle apprend pour Veronica... ou pire... si Veronica apprend pour Lucile... imagine comment elle va le prendre... surtout que j'imagine que tu n'as pas l'intention de parler de Lucile à Veronica n'est-ce pas ?
- pas trop non !
- T'es mal là... très mal... Si Veronica apprends que tu lui cache quelque chose... je ne donne pas cher de ta peau...
- Si tu pouvais arrêter de m'énumérer les pires scénarios je ne t'en voudrai pas Dick !
- Je suis lucide Mec, juste lucide ! T'est vraiment dans la merde là !
- Merci Dick, merci beaucoup... ça m'a fait beaucoup de bien de parler de ça avec toi ironisa Logan en levant les yeux au ciel.
- j't'en prie mon pote... si je peux t'aider...
- ça va aller, c'est assez le bordel comme ça ! Pas la peine que tu en rajoutes !
lundi 13 août 2007
Pour un sourire de Lucile.. - 2
Quelques 15 heures moins sept heures de décalage horaire plus tard, c'est le regard brillant (et la truffe humide -> qu'est ce que je raconte moi... je m'égare, je m'égare...) que Lucile débarqua sur le tarmac de l'aéroport de San Diego. Il était 17 heures, heure locale et elle était complètement épuisée aussi fut-elle soulagée en apercevant une pancarte à son nom maintenue à bout de bras au-dessus de la foule des voyageurs. Réajustant son sac sur son épaule et ses lunettes de soleil sur son nez, elle se fonça directement vers "sa" pancarte, supposant qu'à son pied, comme annoncé lors de leur conversation téléphonique, se trouvait Marianne Dufour.
Presqu' arrivée à destination, Lucile joua encore quelque peu des coudes avant de se trouver face à un dos... bien trop musclé a vu de nez pour être celui de Marianne... ou alors elle n'avait rien compris, distance oblige, et il ne s'agissait pas là de Marianne mais de Mario contrairement à ce que lui avait laissé supposer la voix à travers son portable ! Après tout, on est pas plus responsable de son physique que de sa voix, ça casse le mythe certes mais après tout elle ne perdait pas au change... "bien au contraire" songea-t-elle en détaillant la silhouette devant elle... "rudement bien foutu le pied de ma pancarte" pensa-t-elle en posant sa main sur le bras du "pied" en question.
- Bonjour je suis Lucile Hanmey, c'est moi que vous attendez informa-t-elle dans un anglais parfait (oui parce que ma Lucile, jeune fille très chanceuse parmi les chanceuses parle EVIDEMMENT couramment l'anglais... ça coule de source !)
Le "pied" de sa pancarte pivota alors vers elle...
"Wahouuuuu... je vous en prie seigneur, promis je réapprendrai mes prières par coeur s'il le faut mais je vous en prie, je vous en prie, faites qu'il soit célibataire, pitié, faites qu'il soit célibataire !!"
- Bonjour, Dick Casablanca lui répondit une bouche charnue surmontée de deux superbes yeux bleus auréolés d'une tignasse blonde lumineuse tandis qu'une main faisant au moins le double de la sienne s'avançait à sa rencontre et que Lucile restait scotchée sans réaction.
Le silence se prolongea.
- Tu préfères peut être qu'on se fasse la bise ?... reprit le jeune homme étonné de ce silence. A moins qu'il n'y ai une autre façon de se dire bonjour dans ton pays ? J'apprends vite tu sais... alors... on fait comment chez toi ?
"Avec les gars comme toi ? On s'attrape à plein bouche et on ne se lâche plus sauf nécessité absolue"
- Pardon, Je... je suis juste un peu surprise, Marianne m'avait dit qu'elle viendrait me chercher elle-même, je ne m'att...
- Non, non ne t'inquiètes pas... Lucile c'est bien ça ?... Marianne nous attend à la cafétéria de l'aéroport, nous devions y retrouver mon meilleur ami qui lui devait venir récupérer un de ses sacs égaré par la Compagnie la semaine passée.
- Oooh... très bien fit Lucile mécaniquement, tenant des deux mains la poignée de son sac qu'elle balançait machinalement entre ses jambes légèrement écartées tandis que le regard plongé dans celui de Dick elle buvait littéralement ses paroles.
- Lucile ?
- Oui ?
- Tu vas bien, tu es sure ? s'inquiéta Dick que l'attitude de Lucile perturbait. Il l'a trouvait ravissante certes... mais franchement bizarre aussi. Elle resta là à le fixer sans dire un mot. Il y avait bien longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi mal à l'aise.
"Ma fille, fait quelque chose, arrête de le fixer comme ça sinon dans moins de 5 secondes tu te retrouveras là plantée toute seule comme une courge en terre inconnue et il sera bien tant alors de t'apitoyer sur ton sort en larmoyant. Tu vas finir par lui coller les frousses de sa vie. Allez Lulu... on se ressaisit"
- Hey Dick. Tu ne me présentes pas ?
- Si si bien sûr... Lucile Hanmey, Logan Echolls ; Logan, Lucile
- enchanté fit Logan en serrant d'une poigne vigoureuse la main que lui tendit Lucile.
- nous nous connaissons... j'aurai au moins espéré que tu te souviennes de moi Logan...
Logan eut un temps d'arrêt, surpris puis semblant soudain la reconnaitre :
- Lulu ? C'est toi ?
- Il semblerait oui... contente de te revoir aussi ! ironisa Lucile
- Vous vous connaissez tous les deux demanda Dick dubitatif.
- un peu... répondit Logan plutôt mal à l'aise.
- ouai ajouta Lucile dans un sourire désabusé. On peut dire ça comme ça aussi. Et donc dans l'histoire vous deux vous êtes ?... demanda-t-elle afin de changer définitivement de sujet. "Nous règlerons nos comptes plus tard Logan. Profites. Tu ne perds rien pour attendre."
- Les deux jeunes gens à l'origine du projet qui vous voit arriver ici pour la fameuse compétition. Messieurs Echolls et Casablanca annonça Marianne Dufour en se faufilant jusqu'à eux. Bonjour Lucile. Bienvenue à San Diego. Je vous prie de m'excuser pour ne pas vous avoir accueilli personnellement mais quelques soucis d'intendance m'ont retardé ajouta Marianne en jetant un regard noir à Logan.
- Hey s'exclama celui-ci... ça n'est pas ma faute pour une fois ! Si Dick n'avait pas inscrit n'importe quoi sur les étiquettes de transport, mon sac n'aurait pas été faire un séjour à Pétaouchnock sans moi...
- Ils lisent jamais les destinations sur les étiquettes d'habitude ! Ils se fient uniquement à la liste des passagers... avoue quand même que je n'ai vraiment pas eu de bol de tomber sur le seul employé consciencieux de tous les employés d'aéroport du territoire !
- Non dis plutôt que depuis le temps que tu t'exerces avec cette blague pourrie tu as rudement du bol de n'être encore jamais tombé sur des employés tatillons et consciencieux.. parce que je pense qu'à ce jour tu aurais des valises dans les quatre coins de la terre sauf là où tu en aurais besoin !!
- C'est juste !... mais...
- Bon, les garçons... j'ai hélas encore un rendez-vous dans le centre de San Diego, si vous accompagniez Lucile à son hôtel ?... On vous a installé à Neptune, c'est seulement à quelques kilomètres d'ici et l'hôtel à l'avantage d'être en toute bordure de plage. Vous verrez Lucile, c'est bien pratique pour l'entraînement, d'autant que Dick et Logan s'y entraîne chaque jour, vous vous sentirez moins seule comme ça ajouta Marianne dans un sourire réconfortant. Sur ce je vous laisse, nous nous verrons plus tard.
Presqu' arrivée à destination, Lucile joua encore quelque peu des coudes avant de se trouver face à un dos... bien trop musclé a vu de nez pour être celui de Marianne... ou alors elle n'avait rien compris, distance oblige, et il ne s'agissait pas là de Marianne mais de Mario contrairement à ce que lui avait laissé supposer la voix à travers son portable ! Après tout, on est pas plus responsable de son physique que de sa voix, ça casse le mythe certes mais après tout elle ne perdait pas au change... "bien au contraire" songea-t-elle en détaillant la silhouette devant elle... "rudement bien foutu le pied de ma pancarte" pensa-t-elle en posant sa main sur le bras du "pied" en question.
- Bonjour je suis Lucile Hanmey, c'est moi que vous attendez informa-t-elle dans un anglais parfait (oui parce que ma Lucile, jeune fille très chanceuse parmi les chanceuses parle EVIDEMMENT couramment l'anglais... ça coule de source !)
Le "pied" de sa pancarte pivota alors vers elle...
"Wahouuuuu... je vous en prie seigneur, promis je réapprendrai mes prières par coeur s'il le faut mais je vous en prie, je vous en prie, faites qu'il soit célibataire, pitié, faites qu'il soit célibataire !!"
- Bonjour, Dick Casablanca lui répondit une bouche charnue surmontée de deux superbes yeux bleus auréolés d'une tignasse blonde lumineuse tandis qu'une main faisant au moins le double de la sienne s'avançait à sa rencontre et que Lucile restait scotchée sans réaction.
Le silence se prolongea.
- Tu préfères peut être qu'on se fasse la bise ?... reprit le jeune homme étonné de ce silence. A moins qu'il n'y ai une autre façon de se dire bonjour dans ton pays ? J'apprends vite tu sais... alors... on fait comment chez toi ?
"Avec les gars comme toi ? On s'attrape à plein bouche et on ne se lâche plus sauf nécessité absolue"
- Pardon, Je... je suis juste un peu surprise, Marianne m'avait dit qu'elle viendrait me chercher elle-même, je ne m'att...
- Non, non ne t'inquiètes pas... Lucile c'est bien ça ?... Marianne nous attend à la cafétéria de l'aéroport, nous devions y retrouver mon meilleur ami qui lui devait venir récupérer un de ses sacs égaré par la Compagnie la semaine passée.
- Oooh... très bien fit Lucile mécaniquement, tenant des deux mains la poignée de son sac qu'elle balançait machinalement entre ses jambes légèrement écartées tandis que le regard plongé dans celui de Dick elle buvait littéralement ses paroles.
- Lucile ?
- Oui ?
- Tu vas bien, tu es sure ? s'inquiéta Dick que l'attitude de Lucile perturbait. Il l'a trouvait ravissante certes... mais franchement bizarre aussi. Elle resta là à le fixer sans dire un mot. Il y avait bien longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi mal à l'aise.
"Ma fille, fait quelque chose, arrête de le fixer comme ça sinon dans moins de 5 secondes tu te retrouveras là plantée toute seule comme une courge en terre inconnue et il sera bien tant alors de t'apitoyer sur ton sort en larmoyant. Tu vas finir par lui coller les frousses de sa vie. Allez Lulu... on se ressaisit"
- Hey Dick. Tu ne me présentes pas ?
- Si si bien sûr... Lucile Hanmey, Logan Echolls ; Logan, Lucile
- enchanté fit Logan en serrant d'une poigne vigoureuse la main que lui tendit Lucile.
- nous nous connaissons... j'aurai au moins espéré que tu te souviennes de moi Logan...
Logan eut un temps d'arrêt, surpris puis semblant soudain la reconnaitre :
- Lulu ? C'est toi ?
- Il semblerait oui... contente de te revoir aussi ! ironisa Lucile
- Vous vous connaissez tous les deux demanda Dick dubitatif.
- un peu... répondit Logan plutôt mal à l'aise.
- ouai ajouta Lucile dans un sourire désabusé. On peut dire ça comme ça aussi. Et donc dans l'histoire vous deux vous êtes ?... demanda-t-elle afin de changer définitivement de sujet. "Nous règlerons nos comptes plus tard Logan. Profites. Tu ne perds rien pour attendre."
- Les deux jeunes gens à l'origine du projet qui vous voit arriver ici pour la fameuse compétition. Messieurs Echolls et Casablanca annonça Marianne Dufour en se faufilant jusqu'à eux. Bonjour Lucile. Bienvenue à San Diego. Je vous prie de m'excuser pour ne pas vous avoir accueilli personnellement mais quelques soucis d'intendance m'ont retardé ajouta Marianne en jetant un regard noir à Logan.
- Hey s'exclama celui-ci... ça n'est pas ma faute pour une fois ! Si Dick n'avait pas inscrit n'importe quoi sur les étiquettes de transport, mon sac n'aurait pas été faire un séjour à Pétaouchnock sans moi...
- Ils lisent jamais les destinations sur les étiquettes d'habitude ! Ils se fient uniquement à la liste des passagers... avoue quand même que je n'ai vraiment pas eu de bol de tomber sur le seul employé consciencieux de tous les employés d'aéroport du territoire !
- Non dis plutôt que depuis le temps que tu t'exerces avec cette blague pourrie tu as rudement du bol de n'être encore jamais tombé sur des employés tatillons et consciencieux.. parce que je pense qu'à ce jour tu aurais des valises dans les quatre coins de la terre sauf là où tu en aurais besoin !!
- C'est juste !... mais...
- Bon, les garçons... j'ai hélas encore un rendez-vous dans le centre de San Diego, si vous accompagniez Lucile à son hôtel ?... On vous a installé à Neptune, c'est seulement à quelques kilomètres d'ici et l'hôtel à l'avantage d'être en toute bordure de plage. Vous verrez Lucile, c'est bien pratique pour l'entraînement, d'autant que Dick et Logan s'y entraîne chaque jour, vous vous sentirez moins seule comme ça ajouta Marianne dans un sourire réconfortant. Sur ce je vous laisse, nous nous verrons plus tard.
Pour un sourire de Lucile.. - 1
"Le Self-Insert (ou SI) est une fanfic où l'auteur se met en scène aux côtés des personnages principaux, jusqu'à souvent devenir lui-même un personnage principal de l'histoire. Certaines mauvaises langues racontent qu'alors l'auteur prend ses rêves pour la réalité, ce qui parfois n'est pas loin d'être vrai. Ce type de récit est souvent rejeté par la communauté des fans. Également, une "Mary Sue" (pour une fille) ou un "Gary Stu" (pour un garçon) représente le personnage parfait, possédant des qualités intellectuelles et physiques non-négligeable, souvent puissant(e) et aimé(e) de tous les autres personnages. On remarquera le côté invraisemblablement parfait du personnage, souvent une projection idéalisée de la personne de l'auteur. Loin de le faire aimer, cela rend le personnage détestable, prétentieux et sans saveur"... explication donnée dans "le guide de la fanfiction". Je ne suis pas loin de penser la même chose sauf que j'aime toujours autant bousculer les conventions, alors si ça risque de faire grincer des dents... et bien tant mieux... même si à la base cette "nouvelle" n'est partie que d'un délire nocturne, que de l'envie de redonner le sourire... mais bon... dans tous les cas de figure -> j'ASSUME ! (petite précision utile : ça n'est pas de moi dont il s'agit dans cette histoire en tout cas pas concernant Lucile quoique dans certaines scènes... j'aurai pas dit non !... mdrrrr)
Elle avait passé sa journée enfermée dans sa chambre à ressasser ce qui aurait pu être, n'avait pas été ou n'était plus, oscillant entre larmes et vague l'âme. Elle se sentait tellement mal ce soir, tellement seule, tellement abandonnée... elle aurait donné n'importe quoi pour un peu de compagnie.
C'est alors que sur l'écran de son ordinateur la fenêtre de connexion de sa messagerie instantanée l'informa, comme chaque nuit à cette heure, de la présence de Nat en ligne. Espérant se changer un peu les idées elle s'installa face à lui et s'annonça un peu par habitude.
tite lulu dit : coucou ma belle
Il était deux heures du matin mais Nat n'était pas plus une couche tôt qu'elle et sa réponse ne tarda pas :
Nat dit : kikou
tite lulu dit : tu va bien ??
Nat dit : oui très bien et toi ?
tite lulu dit : (évitons cette question inutile) t'as passée une bonne journée ??
Nat dit : bah nan elle est pas inutile puisque tu ne veux pas y répondre j'en déduis donc que ça ne va pas si bien que ça et là je te demande donc ce qui ne va pas !?
tite lulu dit : ya rien qui va mais bon, c'est pas grave, j'ai l'habitude en ce moment donc je passe a autre chose
Nat dit : quand tu écris "rien qui va" tu fais référence à quoi exactement (si tu crois que tu vas pouvoir te débarrasser de mes questions embarrassantes tu te mets le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate )
tite lulu dit : je fais référence a tout ce qui ce passe dans ma vie depuis un an
Nat dit : explication !
tite lulu dit : non, pas d'explication parce que sinon, ça ira encore moins bien
Nat dit : ok... admettons que je passe pour cette fois... tu as des nouvelles ?
Alors que Lucile s'apprêtait à lui répondre, son portable se mit à vibrer.
- allo ? fit-elle surprise par cet appel si tardif.
- Mademoiselle Hanmey ?
- euh... oui ! répondit lulu qui s'interrogeait sur l'identité de son interlocutrice.
- Je suis Marianne Dufour, je travaille pour la fédération française de Surf, je vous prie de pardonner cet appel un peu tardif, je viens seulement de réaliser que c'était la nuit en France, mais je vous appelle de Californie où je travaille actuellement avec de jeunes surfeurs pour un projet de rencontre officieux avec nos meilleurs surfeurs français et votre nom se trouve être en bonne place parmi nos adhérents. N'ayant pas réussi à joindre le responsable de votre club, dans l'urgence je me suis permise de vous contacter directement !
Lucile ne comprenait pas où voulait en venir cette Marianne Dufour et la fatigue aidant, elle ne trouva rien à répondre.
- Mademoiselle Hanmey ? Vous êtes toujours là ?
- oui, oui répondit Lucile précipitamment.
- ok, donc voilà, je vous explique rapidement ce qu'il en est. A l'occasion de l'ASR WORLD TRADE EXPO qui a lieu actuellement à San Diego...
- Quoi ? l'ASR WORLD TRADE EXPO ? le Salon professionnel du surf ?
- Très précisément ! Pour faire court nous sommes en séance de travail avec de jeunes surfeurs de Neptune et le représentant de leur fédération américaine de surf, et ils souhaiteraient organiser une rencontre inter fédération officieuse entre eux et la France. Le but est évidemment de faire connaître encore plus ce sport sur notre territoire. Donc nous souhaiterions commencer par une rencontre officieuse entre eux et quelques uns de nos meilleurs surfeurs ici, avant d'organiser une rencontre officielle en France. Cela pourrait-il vous intéresser ? Pour tout vous dire nous sommes quelque peu tenu par le temps, les jeunes gens que j'ai en face de moi souhaitant débuter cette "compétition" ce week-end, c'est à dire après demain pour vous.
- Qu... quoi ?? Une compétition de Surf ?? en Californie ?? Après-demain ?? J... Je.. je ne sais pas... je...
Lucile n'en revenait pas. ça allait trop vite, beaucoup trop vite pour elle, il lui fallait absolument en parler avec quelqu'un pour prendre la mesure de ce qui lui arrivait et prendre une décision et tant qu'à faire la bonne ! impossible de faire autrement. C'est alors qu'elle aperçu la fenêtre de conversation en cours avec Nat sur l'écran de son pc.
- Madame Dufour ?
- Oui ? Vous êtes d'accord ?
- Vous pouvez me donner deux toutes petites minutes s'il vous plait ? Je vous donne ma réponse tout de suite après !
- Très bien, je patiente.
- Merci beaucoup.
Abandonnant son portable sur son bureau un instant, Lucile se précipita sur le clavier de son ordinateur.
tite lulu dit : Nat tu ne va jamais me croire !
Nat dit : Quoi donc ?
tite lulu dit : J'ai une fille de la FFS (Fédération Française de Surf -> Bon là j'me la pète mais il faut pas oublier qu'il y a seulement quelques minutes je ne savais ni ce que ça voulait dire, ni même que ça existait !!!) en ligne sur mon portable
Nat dit : Qui ?
tite lulu : Une fille de la FFS
Nat dit : A cette heure ? Elle est dingue ta nana !
tite lulu dit : laisse moi parler ! Elle m'appelle du salon professionnel du Surf de San Diego
Nat dit : San Diego ? En Californie ?
tite lulu dit : Non à Bagdad !!!!... Bien sur aux Etats-Unis !!!
Nat dit : Bah... qu'est ce qu'elle te veut ? te recruter pour participer aux championnats américains de surf mdrr
tite lulu dit : Moques toi ! Tu ne crois pas si bien dire... elle me demande si je veux participer à une compétition officieuse avec des surfeurs californiens de Nep... quelque chose...
Nat dit : Neptune ?...
tite lulu dit : Oui c'est ça !, comment tu connais ce bled toi ?
Nat dit : N'oublie pas que je suis accro aux séries américaines, je connais presque mieux la géographie tu territoire des Etats-Unis que les Américains eux-mêmes (<- pffff la grosse mytho comment elle se la raconte !!!) !! Pour en revenir à ce qui t'arrive : Aaaaaaaaaaaaaaah (oué là plus de doute je suis grillée tout le monde va me reconnaître !!!) C'est fabuleux, génial, énorme... tu pars quand ?
tite lulu dit : je ne sais pas encore, pour le moment elle attend de savoir si j'accepte d'y participer !
Nat dit : Comment ça "elle attend de savoir si tu acceptes d'y participer !" ??... Elle est où là ?
tite lulu dit : à San Diego !
Nat dit : Nan nan, ça n'est pas ça dont je te parle, là tout de suite maintenant... ne me dis pas qu'elle poireaute sur ton portable pendant que tu me racontes tout ça ?? hein lulu... tu ferais pas un truc pareil n'est-ce pas ?
tite lulu dit : Bah si ! J'avais besoin d'en parler à quelqu'un avant de prendre une décision, elle est au courant ne t'inquiètes pas !
Nat dit : Comment ça "tu avais besoin d'en parler à quelqu'un avant de prendre une décision" ?? MAIS TU ES FOLLE ! Totalement, Absolument, Complètement folle à lier... Tu as vraiment besoin de réfléchir pour savoir si tu veux participer à une opportunité pareille ?? Lulu... tu veux que je vienne te botter les fesses histoire de te remettre "au carré" ou quoi ?! Dépêche moi de me reprendre ce fichu téléphone et de répondre "Oui" à tout ce que cette femme te propose... Allez... GROUILLE TOI ou je débarque illico-presto !!!
tite lulu dit : Oui mais c'est si soudain...
Nat dit : Écoute moi bien ma ptite lulu, à moins que la terre n'implose ou que le ciel ne te tombe sur la tête, RIEN tu m'entends, ABSOLUMENT rien ne t'empêchera de te rendre là bas - à ce propos si t'as de la place dans ton sac de voyage pour ma pomme je suis pas contre... tu sais à quel point les beaux surfeurs me font fantasmer !!!-
tite lulu dit : Dois-je te rappeler que tu es quasiment mariée ?
Nat dit : tant que t'y es t'as qu'à dire aussi que j'ai dépassé la date limite de consommation hein ! te gêne pas !
tite lulu dit : Mdrr... bon je dis "ok" alors !
Nat dit : EVIDEMMENT ! la question ne se pose même pas... c'est peut-être la chance de ta vie de rentrer dans le club très sélect des surfeurs professionnels... Tu n'as pas le droit de laisser passer une telle opportunité ! Si tu le fais, je te promet de faire de ta vie un enfer et ce jusqu'à la fin de tes jours !!!
tite lulu dit : Ouf ! Je l'ai échappé belle, vu ton grand âge j'aurai pas à souffrir très longtemps, tu auras rapidement passé l'arme à gauche ! Mdrr
Nat dit : Gare à tes fesses toi ! Ne sous-estime pas mes ressources de vieille croulante... et file annoncer la nouvelle à ta madame machin chose de San Diego !
tite lulu dit : Ouiiiiiiiiiiiiiii... Merci Nat
Nat dit : File j'ai dit !
tite lulu dit : "déjà partie"
Soudainement surexcitée Lucile abandonna son clavier et repris son portable.
- Madame Dufour ?
- Oui je suis toujours là ! Alors ?
- Alors c'est... OUI ! OUI oui, mille fois oui s'exclama joyeusement Lucile avant de réaliser que son interlocutrice allait finir par la prendre pour une folle et peut être changer d'avis quant à sa participation dans la compétition. j'en serai ravie Madame Dufour.
- Appelez moi Marianne ! Je suis très heureuse de vous compter désormais parmi nos participants Mademoiselle, extrêmement ravie. Tenez vous prête pour demain 7h, une voiture viendra vous prendre chez vous et vous conduira à l'aéroport. Je m'occupe de tout, vous serez parmi nous en fin de soirée. Je viendrai personnellement vous chercher à l'aéroport pour vous conduire à votre hôtel. Tous vos frais seront subventionnés par la Fédération Californienne de Surf (oué bah on a bien le droit de rêver que parfois on a tellement de chance que ça peut aussi se passer comme ça !!! Ne m'enlèves pas mes illusions !) Inquiétez vous seulement de ne pas oublier votre planche et votre équipement personnel, je m'occupe du reste.
- merci, merci, merci s'exclama Lucile n'en tenant plus de joie.
- A demain soir à San Diego Mademoiselle. Bonne Nuit.
Sitôt raccroché, Lucile se précipita à nouveau sur son ordinateur.
tite lulu dit : j'ai dit oui... j'ai dit OUIIIIIIIIIIIIIII
Nat dit : t'avais pas le choix de toute façon sinon j'aurai pris un aller-retour pour chez toi pour aller te chercher et je t'aurai traîner là-bas par la peau des fesses s'il avait fallu !
tite lulu dit : je vais en Californie, je vais en Californie, je vais en Californie... et tout frais payé en plus, une voiture vient me chercher demain matin... tu te rends compte je pars demain matin !... DEMAIN MATIN !
Nat dit : On se calme là... tout doux... youhouuuuuuuuu... fais descendre la pression là, j'ai l'impression de parler avec le "bip bip" dans vil le coyote !... tu respires fort, te détend un peu... et vu l'heure... TU FILES TE COUCHER sinon tu vas rater la voiture demain matin !
tite lulu dit : Dormir ? Mais tu es folle ! C'est impossible, j'ai mes affaires à préparer, Mes parents à prévenir et plus que 3 toutes petites heures pour faire tout ça ! Je dormirai dans l'avion !
Nat dit : Je suis super contente pour toi ma ptite lulu...Vraiment ravie... (N'oublies pas de me ramener un beau surfeur dans tes valises en rentrant surtout !!!)
tite lulu dit : Mdrr... si t'es sage ! Et puis j'essaierai de trouver une connexion valide là bas et de te raconter tout... ça te va ?
Nat dit : tu restes combien de temps ?
tite lulu dit : Oups... j'ai complètement oublié de poser la question !
* * *
Comme elle l'avait prévu Lucile n'avait pas pu fermer l'oeil de la nuit, ou du moins du peu de nuit qu'il lui restait.
Elle avait tout d'abord envoyé un texto à ses parents en vacances dans le Sud pour les informer de son départ puis il lui avait fallu rassembler et préparer toutes ses affaires... c'était pas le tout d'être une surfeuse... c'était avant tout une fille, et une fille qui allait rencontré des spécimens californien dans quelques heures...
Vu le désert affectif de sa vie ses derniers temps et le fiasco qu'avait été sa dernière relation amoureuse... autant se parer à toute éventualité... après tout pourquoi ne le rencontrerait-elle pas là-bas son grand amour ??... Alors vu sous cet angle, un principe de base incontournable s'était imposé à elle... hors de question d'arriver là-bas habillé en jean-basket... elle avait une réputation à défendre, elle était française et quand on arrive du pays de la haute couture on ne débarque pas habillé comme une souillon... surtout pour rencontrer son prince charmant !!
"Oula lulu... tu t'emballes, tu t'emballes... si ça se trouve ils seront tous stupides et moches ou alors tous en couple et t'auras l'air du belle pomme avec tes idées guimauves d'amour éternel... N'oublies pas ! Tu y va pour surfer... SURFER !... allez répète encore : J'y vais pour surfer, SURFER - J'y vais pour surfer, SURFER... avec un bel apollon aux cheveux d'or et au regard d'azur, bronzé comme du pain d'épice et taillé comme une statue grecque... Ayé... je m'égare encore... On reprend : J'y vais pour surfer, UNIQUEMENT pour surfer..."
Ensuite les choses s'étaient encore accélérées. Elle bouclait à peine son dernier sac de voyage, qu'un taxi se garait devant chez elle. Attrapant cet ultime sac, elle fit encore une dernière fois le tour de la maison pour s'assurer de n'avoir rien oublié et rejoignit le chauffeur qui installait méthodiquement toutes ses affaires dans son coffre et fixait sa planche de surf sur le toit. Soupirant d'aise, un sourire béat accroché sur le visage, elle jeta un dernier regard à sa maison et s'engouffra joyeusement dans la voiture, consciente soudainement qu'elle s'embarquait vers l'inconnu... et elle ne pouvait même pas encore imaginer à quel point elle était dans le vrai...
POUR UN SOURIRE DE LUCILE...
Elle avait passé sa journée enfermée dans sa chambre à ressasser ce qui aurait pu être, n'avait pas été ou n'était plus, oscillant entre larmes et vague l'âme. Elle se sentait tellement mal ce soir, tellement seule, tellement abandonnée... elle aurait donné n'importe quoi pour un peu de compagnie.
C'est alors que sur l'écran de son ordinateur la fenêtre de connexion de sa messagerie instantanée l'informa, comme chaque nuit à cette heure, de la présence de Nat en ligne. Espérant se changer un peu les idées elle s'installa face à lui et s'annonça un peu par habitude.
tite lulu dit : coucou ma belle
Il était deux heures du matin mais Nat n'était pas plus une couche tôt qu'elle et sa réponse ne tarda pas :
Nat dit : kikou
tite lulu dit : tu va bien ??
Nat dit : oui très bien et toi ?
tite lulu dit : (évitons cette question inutile) t'as passée une bonne journée ??
Nat dit : bah nan elle est pas inutile puisque tu ne veux pas y répondre j'en déduis donc que ça ne va pas si bien que ça et là je te demande donc ce qui ne va pas !?
tite lulu dit : ya rien qui va mais bon, c'est pas grave, j'ai l'habitude en ce moment donc je passe a autre chose
Nat dit : quand tu écris "rien qui va" tu fais référence à quoi exactement (si tu crois que tu vas pouvoir te débarrasser de mes questions embarrassantes tu te mets le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate )
tite lulu dit : je fais référence a tout ce qui ce passe dans ma vie depuis un an
Nat dit : explication !
tite lulu dit : non, pas d'explication parce que sinon, ça ira encore moins bien
Nat dit : ok... admettons que je passe pour cette fois... tu as des nouvelles ?
Alors que Lucile s'apprêtait à lui répondre, son portable se mit à vibrer.
- allo ? fit-elle surprise par cet appel si tardif.
- Mademoiselle Hanmey ?
- euh... oui ! répondit lulu qui s'interrogeait sur l'identité de son interlocutrice.
- Je suis Marianne Dufour, je travaille pour la fédération française de Surf, je vous prie de pardonner cet appel un peu tardif, je viens seulement de réaliser que c'était la nuit en France, mais je vous appelle de Californie où je travaille actuellement avec de jeunes surfeurs pour un projet de rencontre officieux avec nos meilleurs surfeurs français et votre nom se trouve être en bonne place parmi nos adhérents. N'ayant pas réussi à joindre le responsable de votre club, dans l'urgence je me suis permise de vous contacter directement !
Lucile ne comprenait pas où voulait en venir cette Marianne Dufour et la fatigue aidant, elle ne trouva rien à répondre.
- Mademoiselle Hanmey ? Vous êtes toujours là ?
- oui, oui répondit Lucile précipitamment.
- ok, donc voilà, je vous explique rapidement ce qu'il en est. A l'occasion de l'ASR WORLD TRADE EXPO qui a lieu actuellement à San Diego...
- Quoi ? l'ASR WORLD TRADE EXPO ? le Salon professionnel du surf ?
- Très précisément ! Pour faire court nous sommes en séance de travail avec de jeunes surfeurs de Neptune et le représentant de leur fédération américaine de surf, et ils souhaiteraient organiser une rencontre inter fédération officieuse entre eux et la France. Le but est évidemment de faire connaître encore plus ce sport sur notre territoire. Donc nous souhaiterions commencer par une rencontre officieuse entre eux et quelques uns de nos meilleurs surfeurs ici, avant d'organiser une rencontre officielle en France. Cela pourrait-il vous intéresser ? Pour tout vous dire nous sommes quelque peu tenu par le temps, les jeunes gens que j'ai en face de moi souhaitant débuter cette "compétition" ce week-end, c'est à dire après demain pour vous.
- Qu... quoi ?? Une compétition de Surf ?? en Californie ?? Après-demain ?? J... Je.. je ne sais pas... je...
Lucile n'en revenait pas. ça allait trop vite, beaucoup trop vite pour elle, il lui fallait absolument en parler avec quelqu'un pour prendre la mesure de ce qui lui arrivait et prendre une décision et tant qu'à faire la bonne ! impossible de faire autrement. C'est alors qu'elle aperçu la fenêtre de conversation en cours avec Nat sur l'écran de son pc.
- Madame Dufour ?
- Oui ? Vous êtes d'accord ?
- Vous pouvez me donner deux toutes petites minutes s'il vous plait ? Je vous donne ma réponse tout de suite après !
- Très bien, je patiente.
- Merci beaucoup.
Abandonnant son portable sur son bureau un instant, Lucile se précipita sur le clavier de son ordinateur.
tite lulu dit : Nat tu ne va jamais me croire !
Nat dit : Quoi donc ?
tite lulu dit : J'ai une fille de la FFS (Fédération Française de Surf -> Bon là j'me la pète mais il faut pas oublier qu'il y a seulement quelques minutes je ne savais ni ce que ça voulait dire, ni même que ça existait !!!) en ligne sur mon portable
Nat dit : Qui ?
tite lulu : Une fille de la FFS
Nat dit : A cette heure ? Elle est dingue ta nana !
tite lulu dit : laisse moi parler ! Elle m'appelle du salon professionnel du Surf de San Diego
Nat dit : San Diego ? En Californie ?
tite lulu dit : Non à Bagdad !!!!... Bien sur aux Etats-Unis !!!
Nat dit : Bah... qu'est ce qu'elle te veut ? te recruter pour participer aux championnats américains de surf mdrr
tite lulu dit : Moques toi ! Tu ne crois pas si bien dire... elle me demande si je veux participer à une compétition officieuse avec des surfeurs californiens de Nep... quelque chose...
Nat dit : Neptune ?...
tite lulu dit : Oui c'est ça !, comment tu connais ce bled toi ?
Nat dit : N'oublie pas que je suis accro aux séries américaines, je connais presque mieux la géographie tu territoire des Etats-Unis que les Américains eux-mêmes (<- pffff la grosse mytho comment elle se la raconte !!!) !! Pour en revenir à ce qui t'arrive : Aaaaaaaaaaaaaaah (oué là plus de doute je suis grillée tout le monde va me reconnaître !!!) C'est fabuleux, génial, énorme... tu pars quand ?
tite lulu dit : je ne sais pas encore, pour le moment elle attend de savoir si j'accepte d'y participer !
Nat dit : Comment ça "elle attend de savoir si tu acceptes d'y participer !" ??... Elle est où là ?
tite lulu dit : à San Diego !
Nat dit : Nan nan, ça n'est pas ça dont je te parle, là tout de suite maintenant... ne me dis pas qu'elle poireaute sur ton portable pendant que tu me racontes tout ça ?? hein lulu... tu ferais pas un truc pareil n'est-ce pas ?
tite lulu dit : Bah si ! J'avais besoin d'en parler à quelqu'un avant de prendre une décision, elle est au courant ne t'inquiètes pas !
Nat dit : Comment ça "tu avais besoin d'en parler à quelqu'un avant de prendre une décision" ?? MAIS TU ES FOLLE ! Totalement, Absolument, Complètement folle à lier... Tu as vraiment besoin de réfléchir pour savoir si tu veux participer à une opportunité pareille ?? Lulu... tu veux que je vienne te botter les fesses histoire de te remettre "au carré" ou quoi ?! Dépêche moi de me reprendre ce fichu téléphone et de répondre "Oui" à tout ce que cette femme te propose... Allez... GROUILLE TOI ou je débarque illico-presto !!!
tite lulu dit : Oui mais c'est si soudain...
Nat dit : Écoute moi bien ma ptite lulu, à moins que la terre n'implose ou que le ciel ne te tombe sur la tête, RIEN tu m'entends, ABSOLUMENT rien ne t'empêchera de te rendre là bas - à ce propos si t'as de la place dans ton sac de voyage pour ma pomme je suis pas contre... tu sais à quel point les beaux surfeurs me font fantasmer !!!-
tite lulu dit : Dois-je te rappeler que tu es quasiment mariée ?
Nat dit : tant que t'y es t'as qu'à dire aussi que j'ai dépassé la date limite de consommation hein ! te gêne pas !
tite lulu dit : Mdrr... bon je dis "ok" alors !
Nat dit : EVIDEMMENT ! la question ne se pose même pas... c'est peut-être la chance de ta vie de rentrer dans le club très sélect des surfeurs professionnels... Tu n'as pas le droit de laisser passer une telle opportunité ! Si tu le fais, je te promet de faire de ta vie un enfer et ce jusqu'à la fin de tes jours !!!
tite lulu dit : Ouf ! Je l'ai échappé belle, vu ton grand âge j'aurai pas à souffrir très longtemps, tu auras rapidement passé l'arme à gauche ! Mdrr
Nat dit : Gare à tes fesses toi ! Ne sous-estime pas mes ressources de vieille croulante... et file annoncer la nouvelle à ta madame machin chose de San Diego !
tite lulu dit : Ouiiiiiiiiiiiiiii... Merci Nat
Nat dit : File j'ai dit !
tite lulu dit : "déjà partie"
Soudainement surexcitée Lucile abandonna son clavier et repris son portable.
- Madame Dufour ?
- Oui je suis toujours là ! Alors ?
- Alors c'est... OUI ! OUI oui, mille fois oui s'exclama joyeusement Lucile avant de réaliser que son interlocutrice allait finir par la prendre pour une folle et peut être changer d'avis quant à sa participation dans la compétition. j'en serai ravie Madame Dufour.
- Appelez moi Marianne ! Je suis très heureuse de vous compter désormais parmi nos participants Mademoiselle, extrêmement ravie. Tenez vous prête pour demain 7h, une voiture viendra vous prendre chez vous et vous conduira à l'aéroport. Je m'occupe de tout, vous serez parmi nous en fin de soirée. Je viendrai personnellement vous chercher à l'aéroport pour vous conduire à votre hôtel. Tous vos frais seront subventionnés par la Fédération Californienne de Surf (oué bah on a bien le droit de rêver que parfois on a tellement de chance que ça peut aussi se passer comme ça !!! Ne m'enlèves pas mes illusions !) Inquiétez vous seulement de ne pas oublier votre planche et votre équipement personnel, je m'occupe du reste.
- merci, merci, merci s'exclama Lucile n'en tenant plus de joie.
- A demain soir à San Diego Mademoiselle. Bonne Nuit.
Sitôt raccroché, Lucile se précipita à nouveau sur son ordinateur.
tite lulu dit : j'ai dit oui... j'ai dit OUIIIIIIIIIIIIIII
Nat dit : t'avais pas le choix de toute façon sinon j'aurai pris un aller-retour pour chez toi pour aller te chercher et je t'aurai traîner là-bas par la peau des fesses s'il avait fallu !
tite lulu dit : je vais en Californie, je vais en Californie, je vais en Californie... et tout frais payé en plus, une voiture vient me chercher demain matin... tu te rends compte je pars demain matin !... DEMAIN MATIN !
Nat dit : On se calme là... tout doux... youhouuuuuuuuu... fais descendre la pression là, j'ai l'impression de parler avec le "bip bip" dans vil le coyote !... tu respires fort, te détend un peu... et vu l'heure... TU FILES TE COUCHER sinon tu vas rater la voiture demain matin !
tite lulu dit : Dormir ? Mais tu es folle ! C'est impossible, j'ai mes affaires à préparer, Mes parents à prévenir et plus que 3 toutes petites heures pour faire tout ça ! Je dormirai dans l'avion !
Nat dit : Je suis super contente pour toi ma ptite lulu...Vraiment ravie... (N'oublies pas de me ramener un beau surfeur dans tes valises en rentrant surtout !!!)
tite lulu dit : Mdrr... si t'es sage ! Et puis j'essaierai de trouver une connexion valide là bas et de te raconter tout... ça te va ?
Nat dit : tu restes combien de temps ?
tite lulu dit : Oups... j'ai complètement oublié de poser la question !
* * *
Comme elle l'avait prévu Lucile n'avait pas pu fermer l'oeil de la nuit, ou du moins du peu de nuit qu'il lui restait.
Elle avait tout d'abord envoyé un texto à ses parents en vacances dans le Sud pour les informer de son départ puis il lui avait fallu rassembler et préparer toutes ses affaires... c'était pas le tout d'être une surfeuse... c'était avant tout une fille, et une fille qui allait rencontré des spécimens californien dans quelques heures...
Vu le désert affectif de sa vie ses derniers temps et le fiasco qu'avait été sa dernière relation amoureuse... autant se parer à toute éventualité... après tout pourquoi ne le rencontrerait-elle pas là-bas son grand amour ??... Alors vu sous cet angle, un principe de base incontournable s'était imposé à elle... hors de question d'arriver là-bas habillé en jean-basket... elle avait une réputation à défendre, elle était française et quand on arrive du pays de la haute couture on ne débarque pas habillé comme une souillon... surtout pour rencontrer son prince charmant !!
"Oula lulu... tu t'emballes, tu t'emballes... si ça se trouve ils seront tous stupides et moches ou alors tous en couple et t'auras l'air du belle pomme avec tes idées guimauves d'amour éternel... N'oublies pas ! Tu y va pour surfer... SURFER !... allez répète encore : J'y vais pour surfer, SURFER - J'y vais pour surfer, SURFER... avec un bel apollon aux cheveux d'or et au regard d'azur, bronzé comme du pain d'épice et taillé comme une statue grecque... Ayé... je m'égare encore... On reprend : J'y vais pour surfer, UNIQUEMENT pour surfer..."
Ensuite les choses s'étaient encore accélérées. Elle bouclait à peine son dernier sac de voyage, qu'un taxi se garait devant chez elle. Attrapant cet ultime sac, elle fit encore une dernière fois le tour de la maison pour s'assurer de n'avoir rien oublié et rejoignit le chauffeur qui installait méthodiquement toutes ses affaires dans son coffre et fixait sa planche de surf sur le toit. Soupirant d'aise, un sourire béat accroché sur le visage, elle jeta un dernier regard à sa maison et s'engouffra joyeusement dans la voiture, consciente soudainement qu'elle s'embarquait vers l'inconnu... et elle ne pouvait même pas encore imaginer à quel point elle était dans le vrai...
mercredi 18 juillet 2007
Nothing like You and I... Epilogue
Ils étaient restés longtemps assis là tous ensemble à discuter de l'affaire tandis que Keith qui avait préparer le dîner pendant tout ce temps déposait un par un les plats sur la petite table basse du salon avant de les rejoindre.
- Je ne suis pas prête de l'oublier moi ce séjour si tendrement offert par mon cher papa ! ironisa Veronica en attrapant un fruit dans la corbeille.
- Il n'y a pas eu que du mauvais quand même fit Logan en venant toucher doucement l'épaule de jeune fille avec la sienne dans un regard complice.
- C'est vrai répondit-elle tendrement avant de faire volte face vers Mac. D'ailleurs à ce propos j'aimerai bien connaître les détails croustillants... enfin pas trop quand même hein !... bref j'aimerai bien savoir comment à pu naître ce rapprochement si... arfff... décidément je ne vais pas arriver à m'y faire... entre toi et... ça ajouta-t-elle moqueusement en désignant Dick du menton.
- Ça y est, ça lui reprend ! Je savais qu'on finirait par aborder cette question, je suis même surprise que tu es tenue si longtemps sans rien dire ! s'exclama Mac en riant.
- je me bonifie avec le temps... comme les vins français ! répondit Veronica dans un sourire éclatant.
- Excusez-moi, mais moi je vais vous laisser terminer cette très... importante ? curieuse ? stupéfiante ? irréelle conversation entre vous. Demain les affaires de Mars Investigations sur Neptune reprennent et il va nous falloir travailler deux fois plus fort vu que mon client a eu la bonne idée de se faire arrêter avant de m'avoir verser quoique ce soit... les interrompit Keith avec humour avant de se lever et de rejoindre sa chambre.
- Maaaac... insista Veronica.
- Oui je sais, tu veux la suite... soupira la jeune fille tandis que Dick resté silencieux jusque là redressait le torse en passant un bras possessif sur ses épaules dans un sourire d'auto-satifaction que Veronica lui aurait bien arraché avec un plaisir sadique non mesuré.
- On se détend lui murmura Logan en posant une main câline sur sa cuisse.
- Nous n'avons rien calculé affirma Mac
- hey si moi je savais que je t'aurais s'insurgea Dick en se rengorgeant.
- MOI, je n'avais rien calculé. Tu avais été rapatriée aux Etats-Unis avec ton père et nous avions décidé de rester le temps que les choses s'expliquent et s'arrangent pour Emmanuelle. Elle était totalement dépassée par les évènements, se maudissant pour son laxisme. Se détestant de n'avoir pas été récupéré cette fichue lettre chez le notaire dès qu'il le lui avait signifié. S'en voulant d'avoir été indirectement complice du meurtre de sa soeur et de son mari. Elle était anéantie aussi de s'être laissée si facilement berner par Armstrong et son numéro de charme alors qu'il n'essayait à son tour que de récupérer la trop compromettante mallette avant de se débarrasser d'elle comme ça avait été le cas pour les autres. Elle était mal, nous le savions tous les trois et nous faisions tout pour la soulager un peu dans ses démarches tant au niveau de la brigade financière et de l'enquête en elle-même qu'au niveau de son relogement et de ses filles. Ce fut une semaine éprouvante pour chacun car nous n'avions pas encore de nouvelles de toi et bien que nous sachions que tu étais entre de bonnes mains nous nous inquiétions copieusement, d'autant que ton Roméo ici présent ajouta-t-elle en désignant Logan, ne nous simplifiait pas la vie à tourner en rond tout le temps comme un ours en cage en attendant notre retour sur Neptune.
- Et ?
- J'y viens, j'y viens. Nous nous retrouvions tous les trois tous les soirs dans la salle du restaurant de notre hôtel et selon l'état de fatigue de chacun nous restions là des heures à refaire l'enquête, à imaginer ce qui aurait pu être si nous avions eu tel ou tel élément plus tôt... La plupart du temps nous nous séparions en même temps pour rejoindre nos chambres. Sauf que la veille de revenir sur Neptune, Logan qui tenait absolument à te parler nous a laissé tous les deux pour rejoindre sa chambre. Au début rien n'aurait pu laisser présager ce qui allait se passer entre nous. Nous nous adressions la parole comme à l'ordinaire, moi m'essayant à des vannes toujours plus limites les unes que les autres et lui me répondant par des blagues toujours toutes plus idiotes les unes que les autres. rien de nouveau en fait. Si ce n'est qu'à un moment la conversation à ce rythme s'usa nous plongeant tous les deux dans un grand silence jusqu'à ce que nos regards se rencontrent et que nous soyons pris d'un irrépressible fou rire, un fou rire tellement salutaire, si exutoire après les tensions de la semaine... Je crois que c'est à cet instant précis que j'ai regardé Dick pour la seconde fois en une semaine, autrement que comme un pitre stupide et agaçant, ça m'a été fatal mais je ne regrette rien confirma-t-elle en tournant son visage vers un Dick que l'émotion avait rendu soudain muet. J'ai découvert quelqu'un de bien plus riche et de bien meilleur que ce qu'il se plait à afficher pour sa tranquillité d'esprit... et de coeur murmura-t-elle avant de déposer un baiser sur les lèvres de Dick.
Perplexe, Veronica les observa un instant silencieusement. Mal à l'aise sous son regard Dick s'attachait à ne regarder que Mac ce qui mit fin définitivement à toutes les réticences de Veronica vis à vis de cette si surprenante relation. Ils étaient trop attendrissant tous les deux et c'est vrai que finalement, Dick avait l'air beaucoup moins bête près de Mac se surprit-elle à penser.
- je suis contente pour vous... vraiment ajouta-t-elle à haute voix créant une surprise sans nom sur le visages des trois jeunes gens. Non mais me regardez pas comme ça... je suis sérieuse ! Ils sont mignons ensemble tu ne trouves pas ? s'enquit-elle en prenant Logan à témoin.
- Oh mais moi je ne me posais pas autant de questions que toi se défendit Logan. Et oui je trouve qu'ils vont bien ensemble... autant que toi et moi ! ajouta-t-il coquin.
- Ah non ! Nous c'est mieux qu'eux, beaucoup mieux qu'eux ! affirma Veronica avec force.
- Ah bon... et pourquoi donc s'il te plait s'enquit Mac curieuse et amusée.
- Bah moi et Logan on a beaucoup répété avant d'en arriver à nouveau là déclara Veronica avec humour en roulant des yeux déclenchant l'hilarité chez ses camarades.
* * *
Logan était étendu dans sa chambre du Neptune Grand Hotel qu'ils avaient rejoint avec Veronica après le départ de Mac et Dick. L'air était lourd et moite et il songea un instant à fermer les fenêtres et à mettre en route l'air conditionné. Préférant se rabattre sur une boisson fraîche, Il se retourna et se glissa hors du lit avant de marcher à tâtons vers le minibar.
Veronica était encore assoupie, couchée sur le côté face au mur. Au moment ou il allait la rejoindre, elle roula sur le dos toujours endormie, un bras tendu sur le côté, l'autre serré sous son sein. L'observant dans son sommeil depuis le pied du lit, il s'emmerveilla qu'une si petite personne puisse changer aussi radicalement l'existence de quelqu'un. Il lui était devenu impossible d'imaginer un quelconque avenir sans elle.
Prenant garde à ne pas la déranger, il se recoucha près d'elle et glissa la main sous son cou. Veronica roula de nouveau et sa tête vint se placer sur son torse. Logan sourit tout seul et la contempla à la lueur de la lune qui pénétrait largement dans la pièce.
Son sourire se figea soudain, d'une main mutine, Veronica venait de le pincer à la taille en même temps qu'elle accrochait son regard dans la pénombre.
- tu comptes me regarder dormir comme ça encore pendant longtemps... parce que tu commences à me faire peur là se moqua-t-elle gentiment
- toutes les nuits que dieu fait jusqu'à la fin de nos jours s'exclama-t-il en riant et en roulant sur elle.
- ça y est, là maintenant j'ai vraiment peur ! répondit elle dans un éclat de rire.
- Tu peux !
- Non en fait, tu ne tiendras pas aussi longtemps ajouta-t-elle mutine.
Logan se raidit instantanément et rebascula sur le dos près d'elle, soudain silencieux.
- heyyy... je plaisantais !
- Je ne t'ai pas trompé Veronica, ni trahi... nous étions séparés, tu m'avais fait comprendre que tu n'avais pas besoin de moi, je me sentais mal, inutile, terriblement seul. Je n'ai pas choisi de couché avec Madison, ça aurait pu être n'importe qui d'autre, je ne suis même pas certain d'avoir su avec qui je le faisais au moment où ça s'est passé, ce que je sais par contre, c'est que là où toi quand tu es malheureuse, triste, perdue, tu as ton père pour te prendre dans ses bras et te réconforter moi je n'ai personne vers qui me tourner, personne pour me serrer contre lui en me disant que ça va passer mais que je ne suis pas seul pour traverser ça, alors l'alcool, les filles faciles... c'est ma réponse d'urgence pour remplir ce vide insoutenable, n'importe quoi qui me fasse oublier ne serait-ce une seconde que je suis Logan Echolls, un pauvre petit gosse de riche orphelin né d'un père violent et meurtrier et d'une mère dépressive et suicidaire... Quand tu n'es pas avec moi Veronica, je n'ai personne, absolument personne pour me prendre contre lui et me garder la tête hors de l'eau... je ne suis rien, rien d'autre que le bad boy qui fait fantasmer les filles le temps d'une heure ou d'une nuit tout au plus... qui voudrait de ce que je suis vraiment ?, de tout ce que je traîne, qui me colle à la peau et m'empêche d'avancer... qui Veronica ??? Il n'y a que toi qui m'ait pris malgré tout, qui m'ait soulagé un temps de mes fardeaux, qui m'ait rendu mon insouciance, mon envie d'y croire, de croire que ça pouvait être beau aussi...
- oui... jusqu'à ce que mes bagages à moi deviennent trop lourd à porter aussi... et que je devienne aussi aveugle et sourd que ce que je te reprochais murmura Veronica... Logan.. reprit elle en se recalant contre lui, maintenant on est ensemble, on a retiré des leçons de nos erreurs et on en sort plus grand et plus fort, rien n'y personne ne peut nous assurer que ça durera toujours mais si on n'essaye pas à nouveau et qu'on ne se donne pas les moyens d'y croire, on ne le saura jamais... tu ne crois pas ?
- oh si j'y crois, j'ai tellement envie d'y croire si tu savais souffla-t-il en s'emparant fiévreusement des lèvres de Veronica. Tellement, tellement envie d'y croire répéta-t-il avant que Veronica à force de caresses plus brûlantes les unes que les autres ne lui fasse oublier jusqu'à la conscience d'être fait d'autre chose que de sensations pures, d'émotions troublantes et d'amour infini...
- Je ne suis pas prête de l'oublier moi ce séjour si tendrement offert par mon cher papa ! ironisa Veronica en attrapant un fruit dans la corbeille.
- Il n'y a pas eu que du mauvais quand même fit Logan en venant toucher doucement l'épaule de jeune fille avec la sienne dans un regard complice.
- C'est vrai répondit-elle tendrement avant de faire volte face vers Mac. D'ailleurs à ce propos j'aimerai bien connaître les détails croustillants... enfin pas trop quand même hein !... bref j'aimerai bien savoir comment à pu naître ce rapprochement si... arfff... décidément je ne vais pas arriver à m'y faire... entre toi et... ça ajouta-t-elle moqueusement en désignant Dick du menton.
- Ça y est, ça lui reprend ! Je savais qu'on finirait par aborder cette question, je suis même surprise que tu es tenue si longtemps sans rien dire ! s'exclama Mac en riant.
- je me bonifie avec le temps... comme les vins français ! répondit Veronica dans un sourire éclatant.
- Excusez-moi, mais moi je vais vous laisser terminer cette très... importante ? curieuse ? stupéfiante ? irréelle conversation entre vous. Demain les affaires de Mars Investigations sur Neptune reprennent et il va nous falloir travailler deux fois plus fort vu que mon client a eu la bonne idée de se faire arrêter avant de m'avoir verser quoique ce soit... les interrompit Keith avec humour avant de se lever et de rejoindre sa chambre.
- Maaaac... insista Veronica.
- Oui je sais, tu veux la suite... soupira la jeune fille tandis que Dick resté silencieux jusque là redressait le torse en passant un bras possessif sur ses épaules dans un sourire d'auto-satifaction que Veronica lui aurait bien arraché avec un plaisir sadique non mesuré.
- On se détend lui murmura Logan en posant une main câline sur sa cuisse.
- Nous n'avons rien calculé affirma Mac
- hey si moi je savais que je t'aurais s'insurgea Dick en se rengorgeant.
- MOI, je n'avais rien calculé. Tu avais été rapatriée aux Etats-Unis avec ton père et nous avions décidé de rester le temps que les choses s'expliquent et s'arrangent pour Emmanuelle. Elle était totalement dépassée par les évènements, se maudissant pour son laxisme. Se détestant de n'avoir pas été récupéré cette fichue lettre chez le notaire dès qu'il le lui avait signifié. S'en voulant d'avoir été indirectement complice du meurtre de sa soeur et de son mari. Elle était anéantie aussi de s'être laissée si facilement berner par Armstrong et son numéro de charme alors qu'il n'essayait à son tour que de récupérer la trop compromettante mallette avant de se débarrasser d'elle comme ça avait été le cas pour les autres. Elle était mal, nous le savions tous les trois et nous faisions tout pour la soulager un peu dans ses démarches tant au niveau de la brigade financière et de l'enquête en elle-même qu'au niveau de son relogement et de ses filles. Ce fut une semaine éprouvante pour chacun car nous n'avions pas encore de nouvelles de toi et bien que nous sachions que tu étais entre de bonnes mains nous nous inquiétions copieusement, d'autant que ton Roméo ici présent ajouta-t-elle en désignant Logan, ne nous simplifiait pas la vie à tourner en rond tout le temps comme un ours en cage en attendant notre retour sur Neptune.
- Et ?
- J'y viens, j'y viens. Nous nous retrouvions tous les trois tous les soirs dans la salle du restaurant de notre hôtel et selon l'état de fatigue de chacun nous restions là des heures à refaire l'enquête, à imaginer ce qui aurait pu être si nous avions eu tel ou tel élément plus tôt... La plupart du temps nous nous séparions en même temps pour rejoindre nos chambres. Sauf que la veille de revenir sur Neptune, Logan qui tenait absolument à te parler nous a laissé tous les deux pour rejoindre sa chambre. Au début rien n'aurait pu laisser présager ce qui allait se passer entre nous. Nous nous adressions la parole comme à l'ordinaire, moi m'essayant à des vannes toujours plus limites les unes que les autres et lui me répondant par des blagues toujours toutes plus idiotes les unes que les autres. rien de nouveau en fait. Si ce n'est qu'à un moment la conversation à ce rythme s'usa nous plongeant tous les deux dans un grand silence jusqu'à ce que nos regards se rencontrent et que nous soyons pris d'un irrépressible fou rire, un fou rire tellement salutaire, si exutoire après les tensions de la semaine... Je crois que c'est à cet instant précis que j'ai regardé Dick pour la seconde fois en une semaine, autrement que comme un pitre stupide et agaçant, ça m'a été fatal mais je ne regrette rien confirma-t-elle en tournant son visage vers un Dick que l'émotion avait rendu soudain muet. J'ai découvert quelqu'un de bien plus riche et de bien meilleur que ce qu'il se plait à afficher pour sa tranquillité d'esprit... et de coeur murmura-t-elle avant de déposer un baiser sur les lèvres de Dick.
Perplexe, Veronica les observa un instant silencieusement. Mal à l'aise sous son regard Dick s'attachait à ne regarder que Mac ce qui mit fin définitivement à toutes les réticences de Veronica vis à vis de cette si surprenante relation. Ils étaient trop attendrissant tous les deux et c'est vrai que finalement, Dick avait l'air beaucoup moins bête près de Mac se surprit-elle à penser.
- je suis contente pour vous... vraiment ajouta-t-elle à haute voix créant une surprise sans nom sur le visages des trois jeunes gens. Non mais me regardez pas comme ça... je suis sérieuse ! Ils sont mignons ensemble tu ne trouves pas ? s'enquit-elle en prenant Logan à témoin.
- Oh mais moi je ne me posais pas autant de questions que toi se défendit Logan. Et oui je trouve qu'ils vont bien ensemble... autant que toi et moi ! ajouta-t-il coquin.
- Ah non ! Nous c'est mieux qu'eux, beaucoup mieux qu'eux ! affirma Veronica avec force.
- Ah bon... et pourquoi donc s'il te plait s'enquit Mac curieuse et amusée.
- Bah moi et Logan on a beaucoup répété avant d'en arriver à nouveau là déclara Veronica avec humour en roulant des yeux déclenchant l'hilarité chez ses camarades.
* * *
Logan était étendu dans sa chambre du Neptune Grand Hotel qu'ils avaient rejoint avec Veronica après le départ de Mac et Dick. L'air était lourd et moite et il songea un instant à fermer les fenêtres et à mettre en route l'air conditionné. Préférant se rabattre sur une boisson fraîche, Il se retourna et se glissa hors du lit avant de marcher à tâtons vers le minibar.
Veronica était encore assoupie, couchée sur le côté face au mur. Au moment ou il allait la rejoindre, elle roula sur le dos toujours endormie, un bras tendu sur le côté, l'autre serré sous son sein. L'observant dans son sommeil depuis le pied du lit, il s'emmerveilla qu'une si petite personne puisse changer aussi radicalement l'existence de quelqu'un. Il lui était devenu impossible d'imaginer un quelconque avenir sans elle.
Prenant garde à ne pas la déranger, il se recoucha près d'elle et glissa la main sous son cou. Veronica roula de nouveau et sa tête vint se placer sur son torse. Logan sourit tout seul et la contempla à la lueur de la lune qui pénétrait largement dans la pièce.
Son sourire se figea soudain, d'une main mutine, Veronica venait de le pincer à la taille en même temps qu'elle accrochait son regard dans la pénombre.
- tu comptes me regarder dormir comme ça encore pendant longtemps... parce que tu commences à me faire peur là se moqua-t-elle gentiment
- toutes les nuits que dieu fait jusqu'à la fin de nos jours s'exclama-t-il en riant et en roulant sur elle.
- ça y est, là maintenant j'ai vraiment peur ! répondit elle dans un éclat de rire.
- Tu peux !
- Non en fait, tu ne tiendras pas aussi longtemps ajouta-t-elle mutine.
Logan se raidit instantanément et rebascula sur le dos près d'elle, soudain silencieux.
- heyyy... je plaisantais !
- Je ne t'ai pas trompé Veronica, ni trahi... nous étions séparés, tu m'avais fait comprendre que tu n'avais pas besoin de moi, je me sentais mal, inutile, terriblement seul. Je n'ai pas choisi de couché avec Madison, ça aurait pu être n'importe qui d'autre, je ne suis même pas certain d'avoir su avec qui je le faisais au moment où ça s'est passé, ce que je sais par contre, c'est que là où toi quand tu es malheureuse, triste, perdue, tu as ton père pour te prendre dans ses bras et te réconforter moi je n'ai personne vers qui me tourner, personne pour me serrer contre lui en me disant que ça va passer mais que je ne suis pas seul pour traverser ça, alors l'alcool, les filles faciles... c'est ma réponse d'urgence pour remplir ce vide insoutenable, n'importe quoi qui me fasse oublier ne serait-ce une seconde que je suis Logan Echolls, un pauvre petit gosse de riche orphelin né d'un père violent et meurtrier et d'une mère dépressive et suicidaire... Quand tu n'es pas avec moi Veronica, je n'ai personne, absolument personne pour me prendre contre lui et me garder la tête hors de l'eau... je ne suis rien, rien d'autre que le bad boy qui fait fantasmer les filles le temps d'une heure ou d'une nuit tout au plus... qui voudrait de ce que je suis vraiment ?, de tout ce que je traîne, qui me colle à la peau et m'empêche d'avancer... qui Veronica ??? Il n'y a que toi qui m'ait pris malgré tout, qui m'ait soulagé un temps de mes fardeaux, qui m'ait rendu mon insouciance, mon envie d'y croire, de croire que ça pouvait être beau aussi...
- oui... jusqu'à ce que mes bagages à moi deviennent trop lourd à porter aussi... et que je devienne aussi aveugle et sourd que ce que je te reprochais murmura Veronica... Logan.. reprit elle en se recalant contre lui, maintenant on est ensemble, on a retiré des leçons de nos erreurs et on en sort plus grand et plus fort, rien n'y personne ne peut nous assurer que ça durera toujours mais si on n'essaye pas à nouveau et qu'on ne se donne pas les moyens d'y croire, on ne le saura jamais... tu ne crois pas ?
- oh si j'y crois, j'ai tellement envie d'y croire si tu savais souffla-t-il en s'emparant fiévreusement des lèvres de Veronica. Tellement, tellement envie d'y croire répéta-t-il avant que Veronica à force de caresses plus brûlantes les unes que les autres ne lui fasse oublier jusqu'à la conscience d'être fait d'autre chose que de sensations pures, d'émotions troublantes et d'amour infini...
Nothing like You and I... 7
Veronica jeta un regard par la fenêtre de leur appartement de Neptune. Le ciel était bas et l'air saturé d'humidité. Une semaine qu'elle et son père étaient revenus de Paris. Une semaine qu'elle n'avait plus vu ni Logan, ni Mac, ni Dick... une effroyablement trop longue semaine, "et tout ça parce que j'ai bénéficié d'un rapatriement sanitaire" pensa-t-elle en frottant machinalement son bras toujours en écharpe.
- Hey honey ! C'est moi cria Keith alors qu'il passait le pas de la porte les bras chargés de sacs à victuaille en tout genre. Et je n'ai pas oublié le pop-corn ! ajouta-t-il en lâchant tout au dessus du plan de travail de la cuisine.
- Hey dad ! Tu avais le temps, ils ne seront pas là avant une heure renchérit Veronica.
- As-tu réussi à joindre Logan ?
- Non, ils sont encore dans l'avion. Il a du éteindre son portable. J'ai juste laissé quelques messages trouva-t-elle utile de préciser à voix basse en prenant place sur un des deux tabourets de bar.
- Quelques ? fit Keith d'un sourire entendu tandis qu'il rangeait les courses à leur place.
- Une bonne vingtaine en quinze minutes je crois avoua Veronica en venant marteler de son front et à plusieurs reprises, le bar de la cuisine.
- Fais donc attention, tu vas te faire mal au bras à nouveau la gronda gentiment Keith.
Veronica jugeant le conseil de son père judicieux se releva et alla s'installer sur le canapé, les yeux rivés par la fenêtre, espérant à tout instant voir apparaître ses amis.
* * *
Flash-back
Très angoissée Veronica s'était engagée à la suite de son père dans l'ascenseur de l'hôtel Georges V, espérant de tout son coeur que Morgan Armstrong et son complice ne s'étaient pas débarrasser de Logan et d'Emmanuelle, et que dans quelques minutes elle les retrouverait tous au grand complet et en pleine forme... "et même que Candy retrouvait son prince au pays des stroumphs et coulait des jours heureux sur l'Île aux enfants"...
Lorsqu'ils arrivèrent au second étage la porte de la suite de Morgan Armstrong était grande ouverte et on pouvait entendre du couloir les bruits d'une bagarre qui faisait rage. Keith prudent s'approcha discrètement de l'entrée afin d'évaluer la situation et constata qu'il s'agissait de Logan tentant désespérément de reprendre le contrôle de la situation face à deux individus fortement armés, secondé par une Emmanuelle enragée, qui à grand renfort de griffures et de morsures ne s'en laissait pas compter. Sur le sol près de la fenêtre, un homme longiligne, engoncé dans un sombre costume gris trois pièces et terrorisé essayait vainement de se faire oublier. Un premier coup de feu claqua jetant à terre Morgan Armstrong touché à la cuisse. L'homme près de la fenêtre avait saisi l'arme de Morgan perdue dans sa lutte contre Logan et avait tiré, toujours recroquevillé contre le mur. Veronica suivant son père, qui venait de décrocher un terrible crochet du droit dans la mâchoire du complice de Morgan pour libérer Logan, tenta une approche vers le jeune homme à terre qui reprenait son souffle lorsque le second coup de feu claqua. Tandis que Keith se tournait vers Emmanuelle pour l'aider à se relever de derrière le fauteuil ou elle s'était dissimulée au premier coup de feu, le complice de Morgan qu'il pensait avoir mis K.O s'était saisi de son arme et avait tiré à l'aveugle...
Une douleur fulgurante traversa le bras de Veronica qui s'écroula.
Fin du Flash-back
* * *
Veronica entendit leurs voix bien avant de les apercevoir et se précipita dans l'entrée, ouvrant en grand la porte pour les accueillir.
Logan fut le premier à se présenter en haut des escaliers, essoufflé d'avoir couru pour rejoindre Veronica. Quand il l'a vit saine et sauve alors que la dernière fois que ses yeux s'étaient posés sur elle on l'emmenait inconsciente sur un brancard, il ne put contenir l'émotion qui l'étreignait et se précipita pour la prendre dans ses bras. Il était passé si près de la perdre cette fois encore.
* * *
Flash-back
Malgré la violence du choc Logan s'exhorta à ne pas perdre conscience tandis qu'il se laissait glisser sur le sol. Considérant qu'il aurait plus de chance de s'en sortir et de tirer Emmanuelle de l'impasse où ils se trouvaient, il continua de jouer la comédie lorsque le complice de Morgan Armstrong le traîna jusque dans la penderie attenante à la chambre. Il pensait saisir cette occasion ou les deux hommes étaient séparés pour mettre celui là hors d'état de nuire lorsqu'il entendit frapper à la porte de la suite. Jugeant plus prudent de continuer sa mascarade pour en apprendre plus, Logan laissa repartir l'homme sans broncher, se redressant aussitôt, attentif aux voix qui lui parvenaient du salon.
Il entendit alors Morgan s'adresser à Emmanuelle avant d'ouvrir la porte.
- Ma chérie, si tu veux revoir tes filles vivantes, je te conseille de te remettre immédiatement dans ton rôle de fiancée amoureuse et comblée pour recevoir Maître Tessier la menaça-t-il alors. J'ai convaincu cet homme de venir jusqu'à Paris pour te remettre en main propre la dernière pièce de ton héritage, prétextant que nous nous envolions ensuite et définitivement vers la Californie pour nous y marier. Aussi je te conseille fortement de ne pas mettre tout en l'air et de ne jamais perdre de vue au cours de l'entretien qui va suivre que mon ami Richard s'occuper actuellement personnellement de tes filles...
Un silence pesant suivit la tirade de Morgan avant que Logan n'entende le bruit d'un battant de porte qu'on ouvre puis la conversation entre le notaire et les "fiancés".
- Maître Tessier, entrez donc, nous vous attendions avec impatience, notre avion décolle dans quelques heures à peine s'exclama Morgan d'un ton affable.
- Maître Tessier salua Emmanuelle bien décidée à jouer son rôle correctement pour épargner la vie de ses enfants.
- Mademoiselle Dufrancatel, comme je suis aise de vous rencontrer enfin après si longtemps répondit Maître Tessier. Comme je vous l'avais indiqué par courrier, votre père à fait rajouter une clause supplémentaire dans sa succession peu de temps avant son décès et je dois vous remettre ce pli qu'il a laissé à votre attention à notre étude, mais avant vous devez me signer ce papier indiquant que vous avez reçu ledit document.
Logan entendit nettement le bruit de papiers qu'on étalait sur une table, puis celui d'un stylo qui courrait sur une feuille et enfin celui d'une enveloppe qu'on déchirait tandis qu'en fond il entendait le bruit d'une chaise que l'on pousse pour se lever.
- Sur quoi je vais vous laisser découvrir ce que votre père vous a laissé et vous présenter tous mes voeux de bonheur pour votre futur mariage amorça le Notaire avant d'être violemment pris à parti par le complice de Morgan Armstrong.
- Quoi ? C'est tout ? Il n'y a rien d'autre ?... rugit l'homme resté en retrait jusque là.
- Mais Monsieur... vous êtes... nous n'avons... bégaya le notaire
Logan choisit ce moment de confusion pour sortir de sa penderie et s'élancer sur le premier homme tandis qu'Emmanuelle saisissant l'occasion, abattait de toutes ses forces la chaise sur laquelle elle se tenait quelques secondes auparavant, sur le dos d'Armstrong qui volait déjà au secours de son complice. Les coups pleuvaient de toute part et seul Maître Tessier réfugié sous une des fenêtres semblait conserver une certaine dignité lorsque Keith Mars rejoignit Logan dans l'échauffourée. C'est alors que dans la bagarre, l'arme d'Armstrong vola jusqu'au pied du notaire qui s'en saisit et tira sans réfléchir sur l'homme qui sortant un couteau de sa ceinture se jetait à nouveau sur Logan. L'homme touché à la cuisse s'écroula instantanément tandis qu'atterré par son geste et tremblant de peur Maître Tessier lâchait l'arme qui tomba bruyamment à terre. C'est alors que l'acolyte de Morgan qui venait d'être mis K.O par Keith d'un direct percutant dans la mâchoire, redressa la tête en même temps que son poing qui tenait toujours son arme et tira avant de perdre conscience, foudroyant Veronica d'une balle dans le haut du bras.
Fin Flash-back
* * *
- Tu m'as trop manqué s'exclama Veronica tandis que Logan la serrait contre lui à l'étouffer. Où sont Mac et Dick. Vous avez trop de choses à me raconter. Je veux tout savoir, papa n'a rien voulu me dire estimant que j'étais convalescente et que je n'avais pas besoin de disperser mon énergie pour autre chose que pour me remettre mais moi je veux tout savoir, je dois tout savoir.
- Tu ne te tais donc jamais Veronica Mars s'exaspéra Logan devant le flot de paroles déversé par la jeune fille avant qu'il ne fonde sur elle et lui clos enfin les lèvres d'un baiser.
- hey, vous pourriez attendre qu'on soit déjà repartis s'exclama Dick derrière eux.
- c'est vrai ! c'est particulièrement écoeurant tout cet échange de bave ajouta Mac à ses côtés dans un sourire moqueur.
- Dick, Mac s'exclama joyeusement Veronica en abandonnant les bras de Logan pour sauter dans ceux de sa meilleure amie.
- Et moi, je n'ai pas le droit à un petit câlin de bienvenu lança plaintivement Dick.
Veronica redressa la tête et le regarda longuement de la tête au pied avant de lui répondre.
- Pourquoi faire ? On est ami toi et moi ? Tu es en manques à ce point là ?
Dick se redressa alors et lui renvoya un étrange et éclatant sourire de satisfaction.
- Mais parce que si Mac est ta meilleure amie, je deviens pas association ton meilleur ami blondinette fit-il en saisissant Mac par les épaules et en la collant à lui.
- Beurk ! s'exclama Veronica, là c'est vous qui êtes dégoûtant et écoeurant. Mac réveille toi, nous sommes à Neptune et dans ce monde là, ce genre d'aberration ne peut pas arriver... dis moi que c'est une blague et je te promet que je ferai l'effort d'en rire pour ne pas te vexer !
- Eh non Veronica fit Logan dans son dos, en passant ses bras autour de sa taille. Leur improbable histoire est aussi légitime que la nôtre.
- J'hallucine... mais bon, j'arriverai peut être à me faire une raison après tout... Dis Dick t'aurai pas envie d'aller faire du surf et de te noyer dans la baie par hasard ?...
- Pas cette fois Mars !
- Je me suis bien faite à ton histoire avec Logan renchérit Mac. Et pourtant elle n'était pas moins absurde !
- Tu crois vraiment ce que tu es en train de dire l'interrogea Veronica tandis qu'il entrait dans l'appartement. Parce que Dick... c'est Dick quoi ! ajouta-t-elle perplexe.
- Parfois un emballage déconcertant peut abriter une nature stupéfiante... comme toi et ton côté marshmallow !
Pas plus convaincue Veronica leva les yeux aux ciel avant de relancer la conversation sur la fin de l'enquête parisienne qu'elle avait manqué par la force des choses.
- Bon alors lequel de vous trois va-t-il finir de me raconter ce qui s'est passé ensuite et me donner le fin mot de l'histoire.
Mac prit alors la parole.
* * *
- Lorsque nous avons débarqué à Paris avec Dick et que nous ne vous avons pas trouvé. J'ai cherché à joindre ton père et c'est là que j'ai appris qu'il s'était rendu en taxi à l'hôtel Georges V. Sachant que Morgan Armstrong se trouvait à Paris de source sure et qu'il était aussi votre client et la raison de votre présence là-bas, j'en ai déduit assez logiquement qu'il s'agissait du rendez-vous de ton père. Ils ne nous a donc pas fallu très longtemps à Dick et à moi pour arriver jusqu'à vous, mais trop tard. Lorsque nous sommes entrés dans la suite, Logan était déjà occupé à maintenir un linge sur ta blessure pour arrêter l'hémorragie et ton père aidé de Mademoiselle Dufrancatel s'occupaient de ligoter proprement les deux abrutis qui vous avaient entraîné là. Je n'ai eu qu'à joindre les secours et Dick à aider ton père avant que les membres de la GAFI (Organisme International chargé de la lutte contre le blanchiment de capitaux) encadré par la Police, ne déboulent dans la chambre et n'embarque tout ce petit monde, ton grand brûlé y compris.
- Mais qu'est ce que vous fichiez à Paris ? et c'est quoi cette histoire de GAFI, et Emmanuelle alors dans tout ça...
- J'avais de mal à contenir Dick qui s'ennuyait ferme ici et qui voulait absolument vous rejoindre pour tâter l'ambiance. Depuis qu'il avait appris par une gaffe de Wallace...
- Tiens mais où est-il celui là, je ne l'ai pas vu depuis mon retour ?
- Chez son père pour tout le mois. Veronica peux-tu me laisser le temps de te répondre au lieu de me couper la parole toutes les cinq secondes avec d'autres questions ?!... c'est possible s'exclama Mac en riant.
- Attends, je gère ! répondit Logan en bâillonnant d'une main Veronica assise à même le sol entre ses genoux tandis que de l'autre il lui caressait inconsciemment le bras blessé qu'elle avait posé sur sa cuisse.
- Bref reprit Mac, Wallace avait lâché l'info concernant la présence de Logan à Paris avec toi, et Dick depuis ce jour ne nous lâchait plus, toujours sur notre dos à s'inquiéter de savoir ce que vous deveniez, ce qu'il vous arrivait... c'était plus que usant à la fin... jusqu'à ce jour où j'ai reçu des informations concernant Damien de Saint Almont, informations auxquelles nous n'avions pas eu accès jusque là car classées top secret. En fait il était bien l'homme de main d'Adam Show, l'acolyte de Morgan Armstrong, le fameux propriétaire mafioso du Pasino d'Aix mais il était là en infiltration, il était détaché par la TRACFIN (Traitement du Renseignement et Action Contre les circuits financiers clandestins), un organisme du ministère des finances français chargé de la lutte contre le blanchiment de l'argent sale. Et c'est très certainement parce qu'il avait été découvert qu'il a été abattu puis lesté dans un silot pour qu'il n'y ait aucune possibilité d'identifier le corps, sauf que le silot s'est bloqué et que le travail n'a pas été parfaitement accompli.
- Qui l'a abattu ?
- Pour le moment aucun des deux ne l'a avoué, mais la police française pense qu'il s'agit soit de Show, soit d'Armstrong, les deux étaient présents dans le club ce soir là, mais Show remporte la préférence parce qu'il connaît parfaitement les rouages des organisations chargées de lutter contre la criminalité financière.
- Et c'est pour ça que vous nous avez rejoint à Paris ? demanda Veronica qui avait échappé deux secondes à la vigilance de Logan.
- Plus ou moins, il était difficile de t'expliquer ça par mail, c'était assez compromettant et risquait de te mettre en danger plus que nécessaire ou déjà fait, alors je me suis laissée convaincre par Dick à venir t'aider sur place.
- Et moi qui pensais que ça n'était que mon incroyable sex-appeal qui t'avais poussé à me suivre à Paris... soupira Dick dans une mimique comique !
- N'oublies quand même pas Casablanca que je te détestais encore cordialement à ce moment là ! précisa Mac
- Oui... bah on s'est bien rattrapé depuis non ?
- Bon je peux connaître la fin de l'histoire. Vous aurez tout le temps pour vous débiter vos niaiseries dégoulinantes après... hors de ma présence s'exclama Veronica
- Je croyais que tu te chargeais de la faire taire Logan ! se moqua Mac
- J'voudrai t'y voir toi, elle m'a mordu !!
- Ok ça va pour cette fois mais veille au grain pour la suite sinon l'année prochaine j'y suis encore ! En fait toute cette affaire semble avoir démarré au moment où Michel Dufrancatel a disparu de son emploi de Pompier attaché à la Sécurité au Pasino d'Aix. La veille de sa disparition. Alors qu'il terminait son service et se trouvait sur les marches du Pasino, un règlement de compte inter mafia a éclaté devant le Casino et dans la bousculade causée par l'arrivée des forces de l'ordre prévenus pas des clients du Casino, une mallette a atterrit en sa possession. A priori, devant le déploiement de la police qui avait investie les lieux il serait rentré chez lui avec, ensuite la curiosité aidant il l'aurait ouverte et découvert des papiers compromettant ainsi qu'un disque dur. Saisissant la chance qui lui était offerte de se faire de l'argent facile, il ne faut pas oublier que Dufrancatel n'était pas un homme très recommandable, bref il a tenté de faire chanter Adam Show. Show qui n'est pas non plus ce que j'appellerai un type bien sous tout rapport et qui fait parti des grands pontes de la mafia marseillaise a embauché un ancien pompier issu de la caserne ou travaillait Dufrancatel comme pompier volontaire pour le remplacer au Pasino, le fameux Richard, il s'agissait en fait de l'amant de la femme de Dufrancatel qui n'a pas hésité à proposer ses services pour se débarrasser de Dufrancatel et récupérer la mallette. Le jour ou Richard a incendié la maison des Dufrancatel, la mère Dufrancatel n'aurait pas du se trouver sur place, sauf que son violent de mari lui avait administré une belle correction et qu'elle récupérait tant bien que mal dans sa chambre. Mais ça il ne l'a su que le lendemain en lisant les journaux. C'est pour ça aussi que les arbres n'ont pas été touché par l'incendie. Il avait tout prévu. Il avait préparé des départs de feu sans conséquences dans les environs de façon à ce qu'il n'y ai personne pour intervenir dans les temps chez les Dufrancatel et déformation professionnelle ou pas, il a veillé par la suite à ce que le feu ne se propage pas dans la pinède. Ça aurait du nous mettre la puce à l'oreille cette histoire mais nous ne connaissions pas encore l'existence de ce Richard.
- Il ne pouvait pas juste le tuer et s'en aller ? demanda Dick
- Non il ne fallait pas qu'on puisse remonter jusqu'à Adam Show, il fallait que ça ai l'air d'un accident sauf que Richard n'était pas un professionnel et qu'il n'a leurré personne. En plus en voulant contenir l'incendie juste à la maison il a failli y laisser sa peau et s'est retrouvé avec cette horrible brûlure au visage.
- Je ne comprends pas comment un type de la mafia peut confier un tel boulot à un amateur ! s'indigna Dick avant de retrouver immédiatement le silence devant le froncement de sourcil de Mac. Ok je me tais.
- Damien de Saint Almont quant à lui reprit à nouveau Mac, devait coûte que coûte servir sa couverture pour faire plonger les Adam Show et compagnie qui sévissait sur Marseille sauf qu'après l'exécution des parents Dufrancatel il a voulu aussi protéger les filles sachant que la mallette n'avait pas été récupéré dans la maison et que personne ne savait ou elle se trouvait soupçonnant même les filles Dufrancatel de l'avoir en leur possession. C'est pour cela qu'il a épousé Valentine la première fois, d'abord pour pouvoir remettre la main sur cette fameuse mallette mais aussi pour la protéger des intentions meurtrières d'Adam Show. Mais celui ci n'était pas à un meurtre près et quand Damien lui a confirmé que Valentine n'était au courant de rien, il a chargé Richard de saboter ses freins de voiture et de l'envoyer ad patres. La mafia ne s'embarrasse pas de détails "mineurs" et c'était leur façon à eux de se venger de Michel Dufrancatel en éradiquant ses descendants, la fameuse loi du talion ! La mort des parents n'avait pas suffit à calmer leur désir de vengeance, d'autant que la mallette restait introuvable et qu'ils pensaient que les filles étaient de mèche. Valentine exécutée ils comptaient sur la peur d'Emmanuelle de finir pareil pour récupérer enfin la mallette. Sauf qu'Emmanuelle n'était elle aussi au courant de rien. Damien s'en ait vite rendu compte et s'est dépêché de la mettre à l'abri en l'épousant à son tour. Du moins c'est ce qu'il pensait. Il pensait qu'il ne s'était pas assez méfié d'Adam Show avec Valentine et qu'il devait à Emmanuelle de la sortir de là. En l'épousant il avait moyen de contrôler tous ses faits et gestes ainsi que ses fréquentations et déplacements pour l'empêcher de finir comme sa soeur. Cette pression constante à parallèlement développé chez lui une sorte de paranoïa vindicative, d'ou les accès de fureurs et les violences que t'as raconté Emmanuelle. C'est pour ça qu'à la fin il n'était presque jamais présent chez lui. Il s'était rendu compte que son comportement dérapait et qu'il avait de moins en moins le contrôle de ses émotions. Lorsqu'Emmanuelle a demandé le divorce et qu'elle a disparu. Il a cru devenir fou mais à côté de ça il venait de découvrir que son père avait laissé quelque chose pour elle à l'étude et il comptait là dessus pour empêcher Show de remonter jusqu'à elle et aux enfants qu'ils avaient placé avec la complicité du ministère pour lequel il travaillait et du juge qui s'était chargé de leur divorce, chez une de ses tantes. Tante qui je dois le préciser était une membre à la retraite de la DGSE, l'équivalent de nos services secrets en France. Sauf qu'au lieu de s'en prendre directement à Emmanuelle, ils se sont d'abord débarrassé de lui.
- Et Morgan Armstrong dans tout ça ? demanda Logan
- Facile. Lui et Adam Show se connaissait grâce à Leonard Lobo du "Seven Riders Casino" de Neptune pour le compte de qui Armstrong blanchissait de l'argent et Adam Show était actionnaire majoritaire. C'est d'ailleurs de là qu'est partie la collaboration entre Armstrong et Show.
- Je saisis pas trop là tenta Dick.
- Simple pourtant. Le blanchiment d'argent consiste à dissimuler la provenance d'argent acquis de manière illégale comme les activités mafieuses, le trafic de drogue, d'armes, l'extorsion d'argent, la corruption, le jeu... afin de le réinvestir dans des activités légales et notamment dans des constructions immobilières ce qui est l'activité principale de l'entreprise de travaux publics d'Armstrong. C'est une étape importante car sans ce blanchiment, les criminels ne pourraient pas utiliser de façon massives ces revenus illégaux sans être repérés. Il faut savoir que 800 milliards de dollars de revenus illicites sont blanchis dans le monde chaque année, la mise en danger de ce juteux trafic par une petite famille française lambda justifiait très largement les exécutions qui ont découlé de la disparition de la mallette !
- Certes ! Et alors, que contenait cette fameuse mallette parce que j'imagine que dans l'enveloppe remise par le notaire il y avait le code ou la clef pour ouvrir le coffre ou elle se trouvait n'est-ce pas ? demanda Logan.
- Exactement. En fait les inspecteurs de la brigade financière française y ont découvert toutes une série de contrats impliquant Armstrong, Show et d'autres grands pontes de la mafia internationale ainsi que la liste complète des comptes mafieux ouverts dans des paradis fiscaux tels qu'Andorre, la Principauté de Liechtenstein, le Liberia et j'en passe, alors que ce sont ceux-là même qui sont répertoriés comme étant des paradis fiscaux non coopératifs donc incontrôlable. Autant vous dire que ce fut l'équivalent de la prise du siècle pour eux.
- Hey honey ! C'est moi cria Keith alors qu'il passait le pas de la porte les bras chargés de sacs à victuaille en tout genre. Et je n'ai pas oublié le pop-corn ! ajouta-t-il en lâchant tout au dessus du plan de travail de la cuisine.
- Hey dad ! Tu avais le temps, ils ne seront pas là avant une heure renchérit Veronica.
- As-tu réussi à joindre Logan ?
- Non, ils sont encore dans l'avion. Il a du éteindre son portable. J'ai juste laissé quelques messages trouva-t-elle utile de préciser à voix basse en prenant place sur un des deux tabourets de bar.
- Quelques ? fit Keith d'un sourire entendu tandis qu'il rangeait les courses à leur place.
- Une bonne vingtaine en quinze minutes je crois avoua Veronica en venant marteler de son front et à plusieurs reprises, le bar de la cuisine.
- Fais donc attention, tu vas te faire mal au bras à nouveau la gronda gentiment Keith.
Veronica jugeant le conseil de son père judicieux se releva et alla s'installer sur le canapé, les yeux rivés par la fenêtre, espérant à tout instant voir apparaître ses amis.
* * *
Flash-back
Très angoissée Veronica s'était engagée à la suite de son père dans l'ascenseur de l'hôtel Georges V, espérant de tout son coeur que Morgan Armstrong et son complice ne s'étaient pas débarrasser de Logan et d'Emmanuelle, et que dans quelques minutes elle les retrouverait tous au grand complet et en pleine forme... "et même que Candy retrouvait son prince au pays des stroumphs et coulait des jours heureux sur l'Île aux enfants"...
Lorsqu'ils arrivèrent au second étage la porte de la suite de Morgan Armstrong était grande ouverte et on pouvait entendre du couloir les bruits d'une bagarre qui faisait rage. Keith prudent s'approcha discrètement de l'entrée afin d'évaluer la situation et constata qu'il s'agissait de Logan tentant désespérément de reprendre le contrôle de la situation face à deux individus fortement armés, secondé par une Emmanuelle enragée, qui à grand renfort de griffures et de morsures ne s'en laissait pas compter. Sur le sol près de la fenêtre, un homme longiligne, engoncé dans un sombre costume gris trois pièces et terrorisé essayait vainement de se faire oublier. Un premier coup de feu claqua jetant à terre Morgan Armstrong touché à la cuisse. L'homme près de la fenêtre avait saisi l'arme de Morgan perdue dans sa lutte contre Logan et avait tiré, toujours recroquevillé contre le mur. Veronica suivant son père, qui venait de décrocher un terrible crochet du droit dans la mâchoire du complice de Morgan pour libérer Logan, tenta une approche vers le jeune homme à terre qui reprenait son souffle lorsque le second coup de feu claqua. Tandis que Keith se tournait vers Emmanuelle pour l'aider à se relever de derrière le fauteuil ou elle s'était dissimulée au premier coup de feu, le complice de Morgan qu'il pensait avoir mis K.O s'était saisi de son arme et avait tiré à l'aveugle...
Une douleur fulgurante traversa le bras de Veronica qui s'écroula.
Fin du Flash-back
* * *
Veronica entendit leurs voix bien avant de les apercevoir et se précipita dans l'entrée, ouvrant en grand la porte pour les accueillir.
Logan fut le premier à se présenter en haut des escaliers, essoufflé d'avoir couru pour rejoindre Veronica. Quand il l'a vit saine et sauve alors que la dernière fois que ses yeux s'étaient posés sur elle on l'emmenait inconsciente sur un brancard, il ne put contenir l'émotion qui l'étreignait et se précipita pour la prendre dans ses bras. Il était passé si près de la perdre cette fois encore.
* * *
Flash-back
Malgré la violence du choc Logan s'exhorta à ne pas perdre conscience tandis qu'il se laissait glisser sur le sol. Considérant qu'il aurait plus de chance de s'en sortir et de tirer Emmanuelle de l'impasse où ils se trouvaient, il continua de jouer la comédie lorsque le complice de Morgan Armstrong le traîna jusque dans la penderie attenante à la chambre. Il pensait saisir cette occasion ou les deux hommes étaient séparés pour mettre celui là hors d'état de nuire lorsqu'il entendit frapper à la porte de la suite. Jugeant plus prudent de continuer sa mascarade pour en apprendre plus, Logan laissa repartir l'homme sans broncher, se redressant aussitôt, attentif aux voix qui lui parvenaient du salon.
Il entendit alors Morgan s'adresser à Emmanuelle avant d'ouvrir la porte.
- Ma chérie, si tu veux revoir tes filles vivantes, je te conseille de te remettre immédiatement dans ton rôle de fiancée amoureuse et comblée pour recevoir Maître Tessier la menaça-t-il alors. J'ai convaincu cet homme de venir jusqu'à Paris pour te remettre en main propre la dernière pièce de ton héritage, prétextant que nous nous envolions ensuite et définitivement vers la Californie pour nous y marier. Aussi je te conseille fortement de ne pas mettre tout en l'air et de ne jamais perdre de vue au cours de l'entretien qui va suivre que mon ami Richard s'occuper actuellement personnellement de tes filles...
Un silence pesant suivit la tirade de Morgan avant que Logan n'entende le bruit d'un battant de porte qu'on ouvre puis la conversation entre le notaire et les "fiancés".
- Maître Tessier, entrez donc, nous vous attendions avec impatience, notre avion décolle dans quelques heures à peine s'exclama Morgan d'un ton affable.
- Maître Tessier salua Emmanuelle bien décidée à jouer son rôle correctement pour épargner la vie de ses enfants.
- Mademoiselle Dufrancatel, comme je suis aise de vous rencontrer enfin après si longtemps répondit Maître Tessier. Comme je vous l'avais indiqué par courrier, votre père à fait rajouter une clause supplémentaire dans sa succession peu de temps avant son décès et je dois vous remettre ce pli qu'il a laissé à votre attention à notre étude, mais avant vous devez me signer ce papier indiquant que vous avez reçu ledit document.
Logan entendit nettement le bruit de papiers qu'on étalait sur une table, puis celui d'un stylo qui courrait sur une feuille et enfin celui d'une enveloppe qu'on déchirait tandis qu'en fond il entendait le bruit d'une chaise que l'on pousse pour se lever.
- Sur quoi je vais vous laisser découvrir ce que votre père vous a laissé et vous présenter tous mes voeux de bonheur pour votre futur mariage amorça le Notaire avant d'être violemment pris à parti par le complice de Morgan Armstrong.
- Quoi ? C'est tout ? Il n'y a rien d'autre ?... rugit l'homme resté en retrait jusque là.
- Mais Monsieur... vous êtes... nous n'avons... bégaya le notaire
Logan choisit ce moment de confusion pour sortir de sa penderie et s'élancer sur le premier homme tandis qu'Emmanuelle saisissant l'occasion, abattait de toutes ses forces la chaise sur laquelle elle se tenait quelques secondes auparavant, sur le dos d'Armstrong qui volait déjà au secours de son complice. Les coups pleuvaient de toute part et seul Maître Tessier réfugié sous une des fenêtres semblait conserver une certaine dignité lorsque Keith Mars rejoignit Logan dans l'échauffourée. C'est alors que dans la bagarre, l'arme d'Armstrong vola jusqu'au pied du notaire qui s'en saisit et tira sans réfléchir sur l'homme qui sortant un couteau de sa ceinture se jetait à nouveau sur Logan. L'homme touché à la cuisse s'écroula instantanément tandis qu'atterré par son geste et tremblant de peur Maître Tessier lâchait l'arme qui tomba bruyamment à terre. C'est alors que l'acolyte de Morgan qui venait d'être mis K.O par Keith d'un direct percutant dans la mâchoire, redressa la tête en même temps que son poing qui tenait toujours son arme et tira avant de perdre conscience, foudroyant Veronica d'une balle dans le haut du bras.
Fin Flash-back
* * *
- Tu m'as trop manqué s'exclama Veronica tandis que Logan la serrait contre lui à l'étouffer. Où sont Mac et Dick. Vous avez trop de choses à me raconter. Je veux tout savoir, papa n'a rien voulu me dire estimant que j'étais convalescente et que je n'avais pas besoin de disperser mon énergie pour autre chose que pour me remettre mais moi je veux tout savoir, je dois tout savoir.
- Tu ne te tais donc jamais Veronica Mars s'exaspéra Logan devant le flot de paroles déversé par la jeune fille avant qu'il ne fonde sur elle et lui clos enfin les lèvres d'un baiser.
- hey, vous pourriez attendre qu'on soit déjà repartis s'exclama Dick derrière eux.
- c'est vrai ! c'est particulièrement écoeurant tout cet échange de bave ajouta Mac à ses côtés dans un sourire moqueur.
- Dick, Mac s'exclama joyeusement Veronica en abandonnant les bras de Logan pour sauter dans ceux de sa meilleure amie.
- Et moi, je n'ai pas le droit à un petit câlin de bienvenu lança plaintivement Dick.
Veronica redressa la tête et le regarda longuement de la tête au pied avant de lui répondre.
- Pourquoi faire ? On est ami toi et moi ? Tu es en manques à ce point là ?
Dick se redressa alors et lui renvoya un étrange et éclatant sourire de satisfaction.
- Mais parce que si Mac est ta meilleure amie, je deviens pas association ton meilleur ami blondinette fit-il en saisissant Mac par les épaules et en la collant à lui.
- Beurk ! s'exclama Veronica, là c'est vous qui êtes dégoûtant et écoeurant. Mac réveille toi, nous sommes à Neptune et dans ce monde là, ce genre d'aberration ne peut pas arriver... dis moi que c'est une blague et je te promet que je ferai l'effort d'en rire pour ne pas te vexer !
- Eh non Veronica fit Logan dans son dos, en passant ses bras autour de sa taille. Leur improbable histoire est aussi légitime que la nôtre.
- J'hallucine... mais bon, j'arriverai peut être à me faire une raison après tout... Dis Dick t'aurai pas envie d'aller faire du surf et de te noyer dans la baie par hasard ?...
- Pas cette fois Mars !
- Je me suis bien faite à ton histoire avec Logan renchérit Mac. Et pourtant elle n'était pas moins absurde !
- Tu crois vraiment ce que tu es en train de dire l'interrogea Veronica tandis qu'il entrait dans l'appartement. Parce que Dick... c'est Dick quoi ! ajouta-t-elle perplexe.
- Parfois un emballage déconcertant peut abriter une nature stupéfiante... comme toi et ton côté marshmallow !
Pas plus convaincue Veronica leva les yeux aux ciel avant de relancer la conversation sur la fin de l'enquête parisienne qu'elle avait manqué par la force des choses.
- Bon alors lequel de vous trois va-t-il finir de me raconter ce qui s'est passé ensuite et me donner le fin mot de l'histoire.
Mac prit alors la parole.
* * *
- Lorsque nous avons débarqué à Paris avec Dick et que nous ne vous avons pas trouvé. J'ai cherché à joindre ton père et c'est là que j'ai appris qu'il s'était rendu en taxi à l'hôtel Georges V. Sachant que Morgan Armstrong se trouvait à Paris de source sure et qu'il était aussi votre client et la raison de votre présence là-bas, j'en ai déduit assez logiquement qu'il s'agissait du rendez-vous de ton père. Ils ne nous a donc pas fallu très longtemps à Dick et à moi pour arriver jusqu'à vous, mais trop tard. Lorsque nous sommes entrés dans la suite, Logan était déjà occupé à maintenir un linge sur ta blessure pour arrêter l'hémorragie et ton père aidé de Mademoiselle Dufrancatel s'occupaient de ligoter proprement les deux abrutis qui vous avaient entraîné là. Je n'ai eu qu'à joindre les secours et Dick à aider ton père avant que les membres de la GAFI (Organisme International chargé de la lutte contre le blanchiment de capitaux) encadré par la Police, ne déboulent dans la chambre et n'embarque tout ce petit monde, ton grand brûlé y compris.
- Mais qu'est ce que vous fichiez à Paris ? et c'est quoi cette histoire de GAFI, et Emmanuelle alors dans tout ça...
- J'avais de mal à contenir Dick qui s'ennuyait ferme ici et qui voulait absolument vous rejoindre pour tâter l'ambiance. Depuis qu'il avait appris par une gaffe de Wallace...
- Tiens mais où est-il celui là, je ne l'ai pas vu depuis mon retour ?
- Chez son père pour tout le mois. Veronica peux-tu me laisser le temps de te répondre au lieu de me couper la parole toutes les cinq secondes avec d'autres questions ?!... c'est possible s'exclama Mac en riant.
- Attends, je gère ! répondit Logan en bâillonnant d'une main Veronica assise à même le sol entre ses genoux tandis que de l'autre il lui caressait inconsciemment le bras blessé qu'elle avait posé sur sa cuisse.
- Bref reprit Mac, Wallace avait lâché l'info concernant la présence de Logan à Paris avec toi, et Dick depuis ce jour ne nous lâchait plus, toujours sur notre dos à s'inquiéter de savoir ce que vous deveniez, ce qu'il vous arrivait... c'était plus que usant à la fin... jusqu'à ce jour où j'ai reçu des informations concernant Damien de Saint Almont, informations auxquelles nous n'avions pas eu accès jusque là car classées top secret. En fait il était bien l'homme de main d'Adam Show, l'acolyte de Morgan Armstrong, le fameux propriétaire mafioso du Pasino d'Aix mais il était là en infiltration, il était détaché par la TRACFIN (Traitement du Renseignement et Action Contre les circuits financiers clandestins), un organisme du ministère des finances français chargé de la lutte contre le blanchiment de l'argent sale. Et c'est très certainement parce qu'il avait été découvert qu'il a été abattu puis lesté dans un silot pour qu'il n'y ait aucune possibilité d'identifier le corps, sauf que le silot s'est bloqué et que le travail n'a pas été parfaitement accompli.
- Qui l'a abattu ?
- Pour le moment aucun des deux ne l'a avoué, mais la police française pense qu'il s'agit soit de Show, soit d'Armstrong, les deux étaient présents dans le club ce soir là, mais Show remporte la préférence parce qu'il connaît parfaitement les rouages des organisations chargées de lutter contre la criminalité financière.
- Et c'est pour ça que vous nous avez rejoint à Paris ? demanda Veronica qui avait échappé deux secondes à la vigilance de Logan.
- Plus ou moins, il était difficile de t'expliquer ça par mail, c'était assez compromettant et risquait de te mettre en danger plus que nécessaire ou déjà fait, alors je me suis laissée convaincre par Dick à venir t'aider sur place.
- Et moi qui pensais que ça n'était que mon incroyable sex-appeal qui t'avais poussé à me suivre à Paris... soupira Dick dans une mimique comique !
- N'oublies quand même pas Casablanca que je te détestais encore cordialement à ce moment là ! précisa Mac
- Oui... bah on s'est bien rattrapé depuis non ?
- Bon je peux connaître la fin de l'histoire. Vous aurez tout le temps pour vous débiter vos niaiseries dégoulinantes après... hors de ma présence s'exclama Veronica
- Je croyais que tu te chargeais de la faire taire Logan ! se moqua Mac
- J'voudrai t'y voir toi, elle m'a mordu !!
- Ok ça va pour cette fois mais veille au grain pour la suite sinon l'année prochaine j'y suis encore ! En fait toute cette affaire semble avoir démarré au moment où Michel Dufrancatel a disparu de son emploi de Pompier attaché à la Sécurité au Pasino d'Aix. La veille de sa disparition. Alors qu'il terminait son service et se trouvait sur les marches du Pasino, un règlement de compte inter mafia a éclaté devant le Casino et dans la bousculade causée par l'arrivée des forces de l'ordre prévenus pas des clients du Casino, une mallette a atterrit en sa possession. A priori, devant le déploiement de la police qui avait investie les lieux il serait rentré chez lui avec, ensuite la curiosité aidant il l'aurait ouverte et découvert des papiers compromettant ainsi qu'un disque dur. Saisissant la chance qui lui était offerte de se faire de l'argent facile, il ne faut pas oublier que Dufrancatel n'était pas un homme très recommandable, bref il a tenté de faire chanter Adam Show. Show qui n'est pas non plus ce que j'appellerai un type bien sous tout rapport et qui fait parti des grands pontes de la mafia marseillaise a embauché un ancien pompier issu de la caserne ou travaillait Dufrancatel comme pompier volontaire pour le remplacer au Pasino, le fameux Richard, il s'agissait en fait de l'amant de la femme de Dufrancatel qui n'a pas hésité à proposer ses services pour se débarrasser de Dufrancatel et récupérer la mallette. Le jour ou Richard a incendié la maison des Dufrancatel, la mère Dufrancatel n'aurait pas du se trouver sur place, sauf que son violent de mari lui avait administré une belle correction et qu'elle récupérait tant bien que mal dans sa chambre. Mais ça il ne l'a su que le lendemain en lisant les journaux. C'est pour ça aussi que les arbres n'ont pas été touché par l'incendie. Il avait tout prévu. Il avait préparé des départs de feu sans conséquences dans les environs de façon à ce qu'il n'y ai personne pour intervenir dans les temps chez les Dufrancatel et déformation professionnelle ou pas, il a veillé par la suite à ce que le feu ne se propage pas dans la pinède. Ça aurait du nous mettre la puce à l'oreille cette histoire mais nous ne connaissions pas encore l'existence de ce Richard.
- Il ne pouvait pas juste le tuer et s'en aller ? demanda Dick
- Non il ne fallait pas qu'on puisse remonter jusqu'à Adam Show, il fallait que ça ai l'air d'un accident sauf que Richard n'était pas un professionnel et qu'il n'a leurré personne. En plus en voulant contenir l'incendie juste à la maison il a failli y laisser sa peau et s'est retrouvé avec cette horrible brûlure au visage.
- Je ne comprends pas comment un type de la mafia peut confier un tel boulot à un amateur ! s'indigna Dick avant de retrouver immédiatement le silence devant le froncement de sourcil de Mac. Ok je me tais.
- Damien de Saint Almont quant à lui reprit à nouveau Mac, devait coûte que coûte servir sa couverture pour faire plonger les Adam Show et compagnie qui sévissait sur Marseille sauf qu'après l'exécution des parents Dufrancatel il a voulu aussi protéger les filles sachant que la mallette n'avait pas été récupéré dans la maison et que personne ne savait ou elle se trouvait soupçonnant même les filles Dufrancatel de l'avoir en leur possession. C'est pour cela qu'il a épousé Valentine la première fois, d'abord pour pouvoir remettre la main sur cette fameuse mallette mais aussi pour la protéger des intentions meurtrières d'Adam Show. Mais celui ci n'était pas à un meurtre près et quand Damien lui a confirmé que Valentine n'était au courant de rien, il a chargé Richard de saboter ses freins de voiture et de l'envoyer ad patres. La mafia ne s'embarrasse pas de détails "mineurs" et c'était leur façon à eux de se venger de Michel Dufrancatel en éradiquant ses descendants, la fameuse loi du talion ! La mort des parents n'avait pas suffit à calmer leur désir de vengeance, d'autant que la mallette restait introuvable et qu'ils pensaient que les filles étaient de mèche. Valentine exécutée ils comptaient sur la peur d'Emmanuelle de finir pareil pour récupérer enfin la mallette. Sauf qu'Emmanuelle n'était elle aussi au courant de rien. Damien s'en ait vite rendu compte et s'est dépêché de la mettre à l'abri en l'épousant à son tour. Du moins c'est ce qu'il pensait. Il pensait qu'il ne s'était pas assez méfié d'Adam Show avec Valentine et qu'il devait à Emmanuelle de la sortir de là. En l'épousant il avait moyen de contrôler tous ses faits et gestes ainsi que ses fréquentations et déplacements pour l'empêcher de finir comme sa soeur. Cette pression constante à parallèlement développé chez lui une sorte de paranoïa vindicative, d'ou les accès de fureurs et les violences que t'as raconté Emmanuelle. C'est pour ça qu'à la fin il n'était presque jamais présent chez lui. Il s'était rendu compte que son comportement dérapait et qu'il avait de moins en moins le contrôle de ses émotions. Lorsqu'Emmanuelle a demandé le divorce et qu'elle a disparu. Il a cru devenir fou mais à côté de ça il venait de découvrir que son père avait laissé quelque chose pour elle à l'étude et il comptait là dessus pour empêcher Show de remonter jusqu'à elle et aux enfants qu'ils avaient placé avec la complicité du ministère pour lequel il travaillait et du juge qui s'était chargé de leur divorce, chez une de ses tantes. Tante qui je dois le préciser était une membre à la retraite de la DGSE, l'équivalent de nos services secrets en France. Sauf qu'au lieu de s'en prendre directement à Emmanuelle, ils se sont d'abord débarrassé de lui.
- Et Morgan Armstrong dans tout ça ? demanda Logan
- Facile. Lui et Adam Show se connaissait grâce à Leonard Lobo du "Seven Riders Casino" de Neptune pour le compte de qui Armstrong blanchissait de l'argent et Adam Show était actionnaire majoritaire. C'est d'ailleurs de là qu'est partie la collaboration entre Armstrong et Show.
- Je saisis pas trop là tenta Dick.
- Simple pourtant. Le blanchiment d'argent consiste à dissimuler la provenance d'argent acquis de manière illégale comme les activités mafieuses, le trafic de drogue, d'armes, l'extorsion d'argent, la corruption, le jeu... afin de le réinvestir dans des activités légales et notamment dans des constructions immobilières ce qui est l'activité principale de l'entreprise de travaux publics d'Armstrong. C'est une étape importante car sans ce blanchiment, les criminels ne pourraient pas utiliser de façon massives ces revenus illégaux sans être repérés. Il faut savoir que 800 milliards de dollars de revenus illicites sont blanchis dans le monde chaque année, la mise en danger de ce juteux trafic par une petite famille française lambda justifiait très largement les exécutions qui ont découlé de la disparition de la mallette !
- Certes ! Et alors, que contenait cette fameuse mallette parce que j'imagine que dans l'enveloppe remise par le notaire il y avait le code ou la clef pour ouvrir le coffre ou elle se trouvait n'est-ce pas ? demanda Logan.
- Exactement. En fait les inspecteurs de la brigade financière française y ont découvert toutes une série de contrats impliquant Armstrong, Show et d'autres grands pontes de la mafia internationale ainsi que la liste complète des comptes mafieux ouverts dans des paradis fiscaux tels qu'Andorre, la Principauté de Liechtenstein, le Liberia et j'en passe, alors que ce sont ceux-là même qui sont répertoriés comme étant des paradis fiscaux non coopératifs donc incontrôlable. Autant vous dire que ce fut l'équivalent de la prise du siècle pour eux.
Nothing like You and I... 6.7
Tandis que Veronica assise dans la voiture de Marly, interrogeait Emmanuelle, Logan quant à lui emmenait les fillettes plus loin dans le parking souterrain improvisant rapidement un improbable concours : celui qui consistait à comptabiliser le plus vite possible le plus grand nombre d'autos présentes. Se prêtant énergiquement au jeu, les enfants ne mirent pas longtemps à écumer l'étage et se retrouvant à cours de véhicules, entraînèrent Logan à l'étage supérieur pour améliorer leur score.
C'est alors qu'un homme surgissant de derrière une colonne se saisit des deux fillettes et les maintint contre lui en leur bâillonnant la bouche.
- Hey cria Logan, que faites vous ? Lâchez ces enfants ? ajouta-t-il en s'élançant vers l'homme pour l'arrêter.
- Je vous conseille de ne pas faire un pas de plus ! le somma calmement une voix derrière lui tandis qu'un objet dur et froid venait s'appuyer entre ses omoplates l'arrêtant net dans son élan. "Richard emmène les gosses dans la voiture"
L'homme qui s'était emparé des deux fillettes tourna la tête vers son complice pour acquiescer. Deux yeux très clairs illuminaient un visage ravagé par une horrible tâche brunâtre. Sans nul doute s'agissait-il là de l'homme qui cherchait tant à retrouver Emmanuelle de Saint Almont songea Logan, juste avant qu'un violent choc à la tempe ne lui fasse perdre connaissance.
* * *
- Allons rejoindre vos filles, nous déciderons avec Logan comment nous organisés fit Veronica à Emmanuelle en sortant de la voiture, j'ai aussi mon père à voir.
- Moi je dois y aller fit Marly en sortant à son tour. Le premier spectacle commence dans quelques heures à peine.
- très bien, vous venez Emmanuelle ?
- oui oui, je vous suis.
Tandis que Marly disparaissait derrière la porte des escaliers qui conduisaient à quelques pas du Crazy Horse, Emmanuelle et Veronica partirent à la recherche de Logan et des jumelles.
Ne trouvant personne à leur étage, elles montèrent au niveau supérieur du parking, convaincues que Logan avait entraîné les fillettes là-haut par jeu, pour les distraire.
- Logan ? appela Veronica
- Clémence ? Mathilde ? c'est maman, venez mes chéries, vous avez assez joué, on doit y aller maintenant ajouta Emmanuelle en regardant entre chaque voiture.
Seul le bruit de la ventilation vint faire écho à leurs appels.
Placée au milieu de l'allée principale, Veronica pivota lentement à la recherche d'un indice pouvant lui indiquer l'endroit ou Logan et les enfants s'étaient réfugiés mais rien n'y fit, personne, il n'y avait absolument personne là non plus. "mais où les a-t-il emmené ?" s'interrogea Veronica tandis qu'Emmanuelle soudain inquiète du silence persistant s'époumonait en appelant ses filles.
- Mathilde ! Clémence ! Les filles ! Ou êtes-vous ? Répondez !
- Elles ne peuvent pas vous entendre Madame de Saint Almont, à moins que je ne doive vous appeler plutôt Mademoiselle Dufrancatel maintenant que votre époux a quitté ce monde lança un homme en sortant de derrière une camionnette garée plus loin.
Dans sa main une arme à feu luisait, menaçante, sous le reflet des néons, tenant en joue Emmanuelle. De toute évidence il n'hésiterait pas à s'en servir au moindre geste suspect de sa part.
- Ou sont mes filles ? lança Emmanuelle totalement paniquée. Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Je n'ai rien mais je vous donnerai tout ce que j'ai si vous me rendez mes filles, je vous en prie supplia-t-elle en pleurs. Elles sont si petites.
Alors que l'homme apostrophai Emmanuelle, Veronica pensant ne pas avoir encore été repérée tenta un pas sur le côté pour se rapprocher de lui, son teaser discrètement sorti de son sac, bien serré dans la paume de sa main.
- Je ne tenterai rien à votre place mademoiselle Mars !
Tournant brusquement la tête sur le côté d'où était sortie cette voix qui lui était familière, Veronica poussa un cri.
- Papa ?
* * *
Logan reprit conscience en pleine confusion, sa tête le faisait horriblement souffrir, comme le reste de son corps d'ailleurs. Il était allongé sur le sol froid d'un parking souterrain et il lui fallut plusieurs minutes pour se rappeler pourquoi et comment il en était arrivé là.
"les jumelles !"
Se redressant douloureusement en s'aidant de la voiture garée près de lui, il se releva et entreprit de partir à la rechercher des deux fillettes. Après avoir fouillé les alentours en les appelant en vain, il se précipita pour rejoindre Veronica à l'étage inférieur mais là encore, seul le silence répondit à ses appels.
* * *
- Morgan ? s'exclama Emmanuelle atterrée en apercevant à son tour l'homme qui se tenait dans l'ombre d'une colonne du parking, un bras passé autour du cou d'un homme tandis que l'autre armé d'un révolver était appuyé contre sa tempe.
L'homme s'avança dans la lumière.
- j'ai failli t'attendre Morgan fit l'homme qui tenait toujours Emmanuelle en joue.
- Monsieur Mars n'était pas très coopérant concernant le lieu du rendez-vous, j'ai du le secouer un peu répondit Morgan en poussant Keith devant lui, l'arme toujours braqué sur sa tête.
Horrifiée à la vue de l'oeil tuméfié et des nombreuses contusions sur le visage de son père, Veronica ne put se retenir de se précipiter près de son père avant qu'un troisième larron arrivé silencieusement derrière elle, ne vienne l'arrêter net dans son élan en la ceinturant à son tour.
- Richard ! on attendait plus que toi pour commencer les festivités. Tu t'es occupé des mioches ?
- Oui patron répondit l'homme qui tenait fermement Veronica.
- Mais qui êtes-vous ?, que voulez-vous ?, Qu'avez-vous fait à mes filles ? Morgan que se passe-t-il hurla à nouveau Emmanuelle en se débattant comme un beau diable.
- Logan... murmura Veronica.
- ne t'inquiète pas fillette souffla Richard près de son oreille, ton copain fait un petit somme pour le moment.
- Que lui avez-vous fait ? l'interrogea-t-elle. Qui êtes-vous ?
- Ah mais oui, je suis incorrigible, j'ai oublié de faire les présentations s'exclama ironiquement Morgan. Monsieur et Mademoiselle Mars je vous présente Richard et...
Alors que Veronica était jusque là restée muette d'incompréhension, la lumière se fit soudain dans son esprit quand une phrase du mail de Mac lui revint à la mémoire.
- Adam Show n'est ce pas ? demanda Veronica. Vous êtes Adam Show le propriétaire du Pasino d'Aix-en-Provence n'est ce pas répéta-t-elle plus fort en tournant le visage vers l'homme qui tenait Emmanuelle en respect avec son arme.
- Allons-y messieurs dames, Maître Tessier ne saurait attendre plus longtemps lança ce dernier, l'ignorant délibérément. Richard, tu t'occupes de ces deux là ajouta-t-il en désignant Veronica et son père.
- Fais gaffe, sois vigilant, cette petite fouineuse est réputée pour son répondant à Neptune renchérit Morgan à l'attention de Richard qui traînant Veronica par un bras, s'emparait déjà de Keith Mars. A nous deux ! ajouta-t-il à l'attention d'Emmanuelle tandis qu'il l'entraînait vers la sortie. On a plein de choses à se dire toi et moi ma p'tite chatte, tu m'as beaucoup manqué tu sais insista-t-il dans un éclat de rire.
* * *
Le jet privé loué par Dick se posa sur le tarmac du Bourget peu avant 15h. A son bord Mac et Dick avaient tout tenter pour joindre un des membres de la famille Mars ou Logan pour les prévenir de leur arrivée mais en vain.
Résignés à se débrouiller seuls pour rejoindre l'hôtel où étaient descendus leurs amis, Mac et Dick avait alors essuyé une seconde déception en apprenant de la réception de l'hôtel qu'aucun d'eux n'étaient présents. Heureusement la chance semblait enfin tournée à leur avantage : bien que l'hôtel fut complet, le réceptionniste avait pu tout de même leur trouver une chambre à l'étage de Veronica et Logan. Il serait toujours temps par la suite de s'arranger entre eux pour dormir.
- je ne comprends pas pourquoi Veronica ne répond ni à mes appels, ni à mes mails ? s'exclama Mac alors que rageuse, elle ajoutait une tentative supplémentaire à sa liste des appels restés sans réponses passés à Veronica.
- je ne répondrai pas non plus si j'étais moi aussi occupé à... daigna enfin lui répondre Dick assit près d'elle, occupé à poser des cacahuètes sur le bout de son nez avant de viser son verre vide et de les lancer dedans d'un mouvement de tête.
- ...???
- quoi ? fit-il sentant le regard de Mac fixé sur lui.
- ton sens de l'interprétation des situations ne cesse de me surprendre s'exclama enfin la jeune fille.
Haussant les épaules, Dick se concentra à nouveau sur son tir tandis que Mac, les yeux toujours rivés sur lui, secouait la tête hallucinée.
Décidant finalement que le cas de Dick était définitivement désespéré et qu'il n'avait à priori absolument pas besoin d'elle pour le moment, Mac retourna à la réception de l'hôtel pour tenter d'avoir des informations sur l'emploi du temps que s'étaient fixés Logan et Veronica pour la journée.
Quelques instants plus tard c'est un sourire éclatant sur les lèvres qu'elle subtilisait le verre de Dick alors que celui ci venait de tirer sa dernière cacahuète qui s'apprêtait à venir rejoindre les autres dans le verre.
- heyyy s'exclama Dick en voulant lui reprendre le verre. J'allais battre mon record !
- j'ai d'autres projets pour nous lui répondit Mac en tendant le verre au barman. Je n'ai pas pu apprendre où se trouvaient Logan et Veronica mais je sais quelle compagnie de taxi à emmener Monsieur Mars hors d'ici et aussi que Logan s'est renseigné comme nous sur le nom de cette compagnie. Ça laisse supposer qu'il cherchait à joindre Monsieur Mars. Nous allons donc suivre la même piste et les appeler pour savoir où ils ont conduit Monsieur Mars. Allez Casablanca, au boulot !
Moins de trente minutes plus tard, Mac et Dick montaient dans un taxi direction l'hôtel Georges V dans le 8ème arrondissement.
* * *
Logan avait arpenté l'ensemble du parking souterrain en vain. Aucune trace de Veronica et encore moins d'Emmanuelle et ses filles.
"Bon sang mais que c'est-il donc passé ici"
Soupçonnant l'homme qu'il avait vu s'en prendre aux enfants et celui qu'il devait remercier pour l'énorme bosse qui saillait sur sa tempe, il avait tenter de joindre Keith sur son portable aussitôt. Là encore seul le répondeur lui avait répondu.
Ne sachant plus que faire il décida de se rendre à l'hôtel Georges V. Après tout s'était là que se rendait Keith lorsqu'il avait quitté l'hôtel et Logan se doutait bien que Keith ne lui en voudrait pas de le déranger en plein rendez-vous, s'il s'agissait de retrouver Veronica. Le plus dur pour le moment était de garder la tête froide tandis que son coeur s'emballait sous le coup de la panique, la sonnerie d'alarme dans sa tête s'était remise en action et il sentait qu'il allait très rapidement avoir besoin de tout son sang froid pour faire face à cette nouvelle situation.
* * *
Richard avait décidément une poigne de fer songeait Veronica tandis qu'il les entraînait elle et son père vers une fourgonnette garée dans une des rues transversales en face du Crazy Horse. Son père marchait devant eux d'une démarche hésitante et mal assurée alors que Richard tenait appliquer un revolver à la hauteur de ses reims. "Si tu bouges ou fait quoique ce soit qui me laisserait penser à une tentative de ta part pour m'échapper, je tire et tu auras la mort de ton père sur la conscience" avait-il lancer à Veronica, un rictus mauvais sur les lèvres et le regard rendu plus menaçant encore par les chairs tuméfiées et boursouflées qui mangeait la majeure partie de son visage.
Veronica n'avait rien répondu, se contentant de caler son pas sur celui de son père et guettant tout autour d'elle un signe ou n'importe quoi qui lui permettrait de les sortir de là sain et sauf. Elle avait beau toujours tenir dans une de ses mains le teaser dont elle s'était emparé lorsque celui qu'elle soupçonnait être Adam Show s'en était pris à Emmanuelle, elle hésitait encore à s'en servir tant que son père était la cible de ce Richard. Elle n'avait eu aucun mal à se persuader qu'il ne plaisantait pas lorsqu'il lui avait dit qu'il n'hésiterai pas à tirer et ne tenait absolument pas à vérifier cette hypothèse, jusqu'au moment où il ouvrit la porte coulissante de la camionnette et ou il les poussa dedans, les envoyant rejoindre les deux fillettes d'Emmanuelle ligotées et bâillonnées. C'est à ce moment précis que Veronica, se saisissant avec force de son teaser, l'appliqua de toute ses forces sur l'estomac de l'homme qui emplit de satisfaction devant la tâche accompli, refermait machinalement la porte de la camionnette, songeant déjà à aller rejoindre ses complices pour la suite des opérations. Terrassé l'homme plié en deux se laissa tomber sur le trottoir la tête appuyée dans l'entrebâillement de la porte que Veronica lui referma violemment dessus le mettant pour un temps certain dans l'incapacité de leur causer plus d'ennuis. Tandis qu'elle se précipitait pour libérer les jumelles, Keith qui avait quelque peu récupéré ficelait le dit Richard comme un saucisson avec le rouleau de scotch qui avait servi à bâillonner les enfants et l'envoyait prendre leur place dans la camionnette avant de la refermer.
- Que fait-on maintenant demanda Veronica à son père. Ça va toi ?
- Ça va ne t'inquiète pas, je suis bon pour quelques côtes enfoncées et quelques bleus mais ça va. Ils ont parlé d'un certain Maître Tessier. Tu sais à quoi ils faisaient allusion ?
- Mac m'a envoyé un mail peu avant qu'on rejoigne le parking pour rencontrer Emmanuelle. Elle m'y parlait d'une enveloppe laissée à l'attention d'Emmanuelle dans le testament du père Dufrancatel. Emmanuelle me l'a confirmé mais elle m'a aussi dit qu'elle n'avait jamais été la récupéré. Mac pense qu'il s'agit de la clef du coffre que le père d'Emmanuelle avait pris dans une banque peu avant sa mort. Mais je n'ai pas pu obtenir plus d'informations et personne ne sait ce qu'il contient sauf à priori les trois zozos dont on vient d'avoir à faire. Quelle idiote, j'aurai du demander à cet abruti avant de l'assommer. Il devait savoir lui. Attends je vais lui demander fit Veronica en se retournant décidée vers la porte de la camionnette pour l'ouvrir.
- Attends fit Keith en arrêtant son geste. Il y a plus urgent. Il faut mettre ses deux enfants à l'abri. Je pense pour ma part que quoi qu'ils aient décidé de faire d'Emmanuelle, ils ont d'abord dû rejoindre la suite d'hôtel de Morgan Armstrong pour attendre ce Richard. Réglons le problème des fillettes et allons-y.
- Déposons les enfants à Marly. Elle nous a quitté peu avant que ne débarque Morgan pour se rendre au Crazy pour son travail. Les filles seront en sécurité avec elle et personne ne pensera à venir les chercher là si ça tourne au vinaigre.
- Ok, vas-y, j'en profite pour appeler la police.
- Ça ne prendra que quelques minutes. A tout de suite lança Veronica en entraînant les deux petites filles vers les coulisses du Crazy Horse de l'autre côté de la rue.
Veronica n'avait effectivement pas mis plus que quelques minutes pour confier les fillettes à Marly tout en lui résumant rapidement la situation et c'est à peine un quart d'heure plus tard qu'elle rejoignait son père qui l'attendait sur le trottoir devant le Crazy Horse.
- J'ai informé le commissariat, ils nous rejoignent là-haut l'informa Keith en lui indiquant du menton les étages du Georges V plus loin dans l'avenue. J'avais des messages de Logan et Mac mais je n'ai pas pu les lire ma batterie m'a lâché en interrogeant mon répondeur.
- Le mien c'est pareil s'exclama Veronica alors qu'elle consultait son cellulaire après l'avoir sorti de son sac toujours en bandoulière sur son épaule.
- Qu'importe, la police arrive, espérons que tout cela se termine vite et bien. Allons-y chérie ajouta-t-il en se dirigeant vers l'hôtel.
* * *
Logan venait d'entrée dans le hall de l'hôtel Georges V lorsqu'il avait aperçu Emmanuelle, encadrée par deux hommes, entrer dans un des ascenseurs. N'écoutant que son instinct, il s'était alors avancé vers l'hôtesse postée à l'accueil et avait demandé le numéro de la chambre de Monsieur Morgan Armstrong prétextant être attendu.
- Suite 224, 2ème étage sur votre droite lui avait-elle laconiquement répondu tout en décrochant le téléphone de la réception qui retentissait.
- Merci avait-il jeté rapidement avant de s'engouffrer à son tour dans le second ascenseur pour rejoindre le 2ème étage.
Arrivé au second étage il ne mit que quelques minutes pour repérer la porte de la suite de Morgan Armstrong et allait entrer sans frapper lorsqu'une exclamation de surprise le fit se retourner brusquement.
- Encore vous ! s'exclama Morgan Armstrong tenant Emmanuelle par le bras pendant que l'autre homme braquait son revolver sur Logan.
Surpris de les retrouver seulement là alors qu'ils les supposaient déjà dans la suite Logan ne prononça pas un mot.
- Décidément mon garçon tu aimes vivre dangereusement. Tu cherches quelque chose peut-être... ou quelqu'un ? N'es-tu pas Logan Echolls le fils du célèbre Aaron Echolls, violeur et assassin de petites filles ricana-t-il tandis qu'il passait devant Logan pour ouvrir la porte de la suite.
Le regard plein de haine Logan se contenta de serrer rageusement les poings, attendant avec une quasi délectation, le moment ou il pourrait reprendre le contrôle de la situation et écraser violemment son poing sur la figure de Morgan Armstrong. Mais pour l'heure, cette revanche n'était pas d'actualité, il s'agissait avant tout d'essayer de ne pas finir sous les balles de l'arme que l'autre homme lui appliqua violemment dans le dos pour le faire entrer dans la suite, derrière Morgan.
- Ton acharnement est tout à ton honneur mon garçon reprit Morgan après avoir poussé violemment Emmanuelle dans un des fauteuils en cuir de la suite. Mais tu ne nous laisses pas beaucoup le choix. Nous allons devoir nous débarrasser de toi. Nous attendons quelqu'un et ta présence n'est vraiment pas souhaitée.
Morgan finissait à peine sa phrase, qu'à nouveau une douleur venait exploser à l'arrière de la tête de Logan.
"Enferme-le à côté, le notaire va arriver" furent les derniers mots qui arrivèrent jusqu'à sa conscience avant qu'il ne s'écroule et perde connaissance. Ça et le net bruit de quelqu'un qui frappe à la porte.
* * *
Tandis qu'ils se rendaient jusqu'à l'hôtel Georges V à pied, Keith raconta rapidement ce qui s'était passé lors de son entretien avec Morgan Armstrong avant que la situation ne dégénère.
- Je devais d'abord passé au commissariat pour aller chercher le policier qui devait vous servir d'interprète pour votre enquête auprès des pharmacies lorsque j'ai reçu un appel de Armstrong me demandant si j'avais des nouvelles pour lui. C'est là que je lui ai dit que vous deviez rencontrer une des collègues de travail d'Emmanuelle à son sujet et qu'il m'a demandé s'il s'agissait bien de Marly Jones. Je pense que c'est à ce moment là qu'il a lancé son chien de garde, ce Richard aux trousses de Marly. Quel moyen, mieux que celui-ci pour remonter jusqu'à Emmanuelle.
- Oui c'est clair, après pour lui tout devenait facile.
- Exactement. Bref à la suite de cette conversation, il m'a demandé de le rejoindre dans sa suite pour lui confier les détails de l'enquête depuis notre arrivée en France. J'ai donc pris un taxi et me suis rendu dans sa suite d'hôtel au Georges V où il m'attendait. Ça faisait quelques minutes à peine que nous discutions lorsque mon téléphone à vibré pour m'informer de l'arrivée d'un message sur ma boite vocale. J'ai demandé à Armstrong si ça ne le dérangeait pas que je l'écoute parce que je pensais bien qu'il venait de toi. Il a eu l'air de comprendre et m'a fait signe d'écouter mes messages. Alors que je venais de raccrocher, je devais avoir l'air un peu soucieux parce qu'il m'a immédiatement demandé si ça allait, ce à quoi j'ai répondu que vous aviez retrouvé sa fiancée et que j'avais cru comprendre que vous deviez la rencontrer sauf que je n'avais pas eu la fin du message parce que l'appel avait été interrompu. Et là je dois dire que la réaction de Morgan qui a suivi m'a rapidement fait comprendre qu'il était pour quelque chose dans la disparition de sa fiancée. Il a commencé par me demander de réécouter ton message et comme ça ne donnait rien de plus il est alors devenu complètement incontrôlable jusqu'à ce que son autre acolyte vienne le rejoindre dans la suite et ne commence à s'acharner sur moi pour obtenir des informations que je n'avais pas à propos d'une mallette, de Michel Dufrancatel, de contrats, d'un magot... je n'ai pour te dire pas tout saisi de leur dialogue pendant qu'ils se défoulaient sur mes côtes et mes pommettes mais je dois dire qu'ils avaient l'air tous sauf très nets dans leur relation professionnelle. La seule chance que j'ai eu, enfin... si je puis dire... c'est lorsque le cellulaire de l'autre homme présent à sonner et qu'ils ont appris le lieu de votre rendez-vous à toi et à Emmanuelle. Je dois bien avouer qu'il m'a permis d'être encore là debout près de toi, sinon je pense qu'ils m'auraient laissé pour mort.
- Quels ordures ! J'espère qu'ils vont être là lorsque nous allons nous rendre dans la suite. j'espère que nous allons les prendre la main dans le sac et découvrir enfin le fin mot de l'histoire. Mais surtout ce que j'espère le plus c'est que j'aurai le temps avant l'arrivée de la police de leur faire tâter de mon teaser et de mon superbe lancé franc du pied droit s'exclama Veronica en poussant violemment les battants de porte du hall de réception du Georges V.
- Tout doux chérie. Pour le moment il s'agit avant tout de récupérer Emmanuelle et Logan, et si possible en vie.
Veronica stoppa net sa course vers la réceptionniste, semblant réaliser tout à coup que cette histoire n'était pas seulement qu'un mauvais scénario, mais aussi que les hommes qui détenaient Emmanuelle et Logan n'étaient pas étouffé par les scrupules, et n'avaient jusqu'alors jamais hésité à se débarrasser de personnes trop encombrantes ou qu'ils jugeaient comme telles et qu'il n'y avait pas de raison pour qu'à présent Ils se mettent à faire une exception avec Emmanuelle et Logan.
- Logan ! murmura Veronica le visage décomposé, avant de se précipiter à la suite de son père vers les ascenseurs.
* * *
- Comment veux-tu que l'on retrouve qui que ce soit ici ! s'exclama Dick planté au milieu de hall de l'hôtel Georges V, à l'attention de Mac
- Qui veux-tu que Keith Mars vienne rencontrer dans un tel hôtel au coeur de Paris répondit Mac sans se démonter. Réfléchis donc deux secondes Dick. Ne me dis pas que Logan à emporter tout votre cerveau avec lui... Je me doutais bien qu'il y avait des inconvénients en n'en posséder qu'un pour deux ajouta-t-elle dans un sourire moqueur en jetant un regard à Dick.
- Moques toi fillette, ça n'est pas de mon cerveau dont tu auras besoin quand tu te décideras à lâcher ton petit rat de l'informatique pour un vrai mâle ! lui répondit le surfeur le plus sérieusement du monde en gonflant ses pectoraux. Après tout tu n'as goûter qu'au côté pile des Casablanca, le côté obscure de la force, vient donc dans ma lumière que je te t'apprennes ce qu'est un vrai Casablanca !
- Non merci. Ce que j'ai eu et sais des Casablanca m'a immunisé à vie, et quoique tu en penses, mon petit rat me convient parfaitement répondit hargneusement Mac en se dirigeant vers la réceptionniste. Et puis que ferais-je d'un surfeur décervelé juste bon à collectionner les aventures comme on collectionne les cadavres de bouteilles pour leurs étiquettes ?
- Tu serais peut-être agréablement surprise de découvrir à long terme que je ne suis pas que ça !
- A long terme ? Pourquoi ? Tu as la notion de ce qu'est le long terme toi ? Laisses-tu seulement à qui que ce soit l'occasion de découvrir ce qu'est le long terme avec toi ?
- Le long terme... Oui tu as peut être raison finalement... mais ça ne serait pas comme quand tu attends toute ta vie que tes parents se rappellent de ton existence ?
Mac qui allait demander si une chambre était occupée par Morgan Armstrong, s'interrompit et fixa silencieusement Dick qui semblait avoir totalement oublié ce qu'il venait de dire et se lançait déjà dans un grand numéro de charme dickien avec l'hôtesse. Secouant la tête pour renouer avec la réalité et se convaincre qu'elle avait rêvé cette conversation, Mac éjecta Dick du comptoir et questionna la réceptionniste.
- suite 224, second étage sur votre droite en sortant de l'ascenseur répondit-elle à Mac d'un battement de cils en coulant un regard intéressé vers un Dick conquérant, la langue pendante de convoitise. Mais il est déjà en rendez-vous.
- oui oui, nous savons mentit Mac dans un sourire. Il nous attend. Allez Dick ajouta-t-elle en lui décochant un coup de coude dans les côtes pour le décoller de la réception. On y va maintenant articula-t-elle lentement en le fixant d'un air entendu et lui indiquant d'un regard les ascenseurs.
- Ne sois pas si jalouse chérie lui répondit-il en passant un bras sur ses épaules. C'était juste pour te faciliter la tâche et éviter qu'on nous pose trop de questions souffla-t-il dans son oreille avant de reprendre une voix normale. Je suis tout à toi maintenant ! insista-t-il tandis qu'ils entraient dans l'ascenseur.
Désespérée Mac poussa un long soupir avant de se détacher rapidement de Dick, non sans l'avoir menacé des pires maux s'il renouvelait ce genre d'initiative.
Adossé nonchalamment à la paroi de l'ascenseur qui s'élevait, Dick leva les yeux au ciel.
- Tu verras, tu finiras par en redemander...
- Au secours répondit plaintivement Mac tandis qu'un franc sourire éclairait le visage moqueur de Dick.
C'est alors qu'un homme surgissant de derrière une colonne se saisit des deux fillettes et les maintint contre lui en leur bâillonnant la bouche.
- Hey cria Logan, que faites vous ? Lâchez ces enfants ? ajouta-t-il en s'élançant vers l'homme pour l'arrêter.
- Je vous conseille de ne pas faire un pas de plus ! le somma calmement une voix derrière lui tandis qu'un objet dur et froid venait s'appuyer entre ses omoplates l'arrêtant net dans son élan. "Richard emmène les gosses dans la voiture"
L'homme qui s'était emparé des deux fillettes tourna la tête vers son complice pour acquiescer. Deux yeux très clairs illuminaient un visage ravagé par une horrible tâche brunâtre. Sans nul doute s'agissait-il là de l'homme qui cherchait tant à retrouver Emmanuelle de Saint Almont songea Logan, juste avant qu'un violent choc à la tempe ne lui fasse perdre connaissance.
* * *
- Allons rejoindre vos filles, nous déciderons avec Logan comment nous organisés fit Veronica à Emmanuelle en sortant de la voiture, j'ai aussi mon père à voir.
- Moi je dois y aller fit Marly en sortant à son tour. Le premier spectacle commence dans quelques heures à peine.
- très bien, vous venez Emmanuelle ?
- oui oui, je vous suis.
Tandis que Marly disparaissait derrière la porte des escaliers qui conduisaient à quelques pas du Crazy Horse, Emmanuelle et Veronica partirent à la recherche de Logan et des jumelles.
Ne trouvant personne à leur étage, elles montèrent au niveau supérieur du parking, convaincues que Logan avait entraîné les fillettes là-haut par jeu, pour les distraire.
- Logan ? appela Veronica
- Clémence ? Mathilde ? c'est maman, venez mes chéries, vous avez assez joué, on doit y aller maintenant ajouta Emmanuelle en regardant entre chaque voiture.
Seul le bruit de la ventilation vint faire écho à leurs appels.
Placée au milieu de l'allée principale, Veronica pivota lentement à la recherche d'un indice pouvant lui indiquer l'endroit ou Logan et les enfants s'étaient réfugiés mais rien n'y fit, personne, il n'y avait absolument personne là non plus. "mais où les a-t-il emmené ?" s'interrogea Veronica tandis qu'Emmanuelle soudain inquiète du silence persistant s'époumonait en appelant ses filles.
- Mathilde ! Clémence ! Les filles ! Ou êtes-vous ? Répondez !
- Elles ne peuvent pas vous entendre Madame de Saint Almont, à moins que je ne doive vous appeler plutôt Mademoiselle Dufrancatel maintenant que votre époux a quitté ce monde lança un homme en sortant de derrière une camionnette garée plus loin.
Dans sa main une arme à feu luisait, menaçante, sous le reflet des néons, tenant en joue Emmanuelle. De toute évidence il n'hésiterait pas à s'en servir au moindre geste suspect de sa part.
- Ou sont mes filles ? lança Emmanuelle totalement paniquée. Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Je n'ai rien mais je vous donnerai tout ce que j'ai si vous me rendez mes filles, je vous en prie supplia-t-elle en pleurs. Elles sont si petites.
Alors que l'homme apostrophai Emmanuelle, Veronica pensant ne pas avoir encore été repérée tenta un pas sur le côté pour se rapprocher de lui, son teaser discrètement sorti de son sac, bien serré dans la paume de sa main.
- Je ne tenterai rien à votre place mademoiselle Mars !
Tournant brusquement la tête sur le côté d'où était sortie cette voix qui lui était familière, Veronica poussa un cri.
- Papa ?
* * *
Logan reprit conscience en pleine confusion, sa tête le faisait horriblement souffrir, comme le reste de son corps d'ailleurs. Il était allongé sur le sol froid d'un parking souterrain et il lui fallut plusieurs minutes pour se rappeler pourquoi et comment il en était arrivé là.
"les jumelles !"
Se redressant douloureusement en s'aidant de la voiture garée près de lui, il se releva et entreprit de partir à la rechercher des deux fillettes. Après avoir fouillé les alentours en les appelant en vain, il se précipita pour rejoindre Veronica à l'étage inférieur mais là encore, seul le silence répondit à ses appels.
* * *
- Morgan ? s'exclama Emmanuelle atterrée en apercevant à son tour l'homme qui se tenait dans l'ombre d'une colonne du parking, un bras passé autour du cou d'un homme tandis que l'autre armé d'un révolver était appuyé contre sa tempe.
L'homme s'avança dans la lumière.
- j'ai failli t'attendre Morgan fit l'homme qui tenait toujours Emmanuelle en joue.
- Monsieur Mars n'était pas très coopérant concernant le lieu du rendez-vous, j'ai du le secouer un peu répondit Morgan en poussant Keith devant lui, l'arme toujours braqué sur sa tête.
Horrifiée à la vue de l'oeil tuméfié et des nombreuses contusions sur le visage de son père, Veronica ne put se retenir de se précipiter près de son père avant qu'un troisième larron arrivé silencieusement derrière elle, ne vienne l'arrêter net dans son élan en la ceinturant à son tour.
- Richard ! on attendait plus que toi pour commencer les festivités. Tu t'es occupé des mioches ?
- Oui patron répondit l'homme qui tenait fermement Veronica.
- Mais qui êtes-vous ?, que voulez-vous ?, Qu'avez-vous fait à mes filles ? Morgan que se passe-t-il hurla à nouveau Emmanuelle en se débattant comme un beau diable.
- Logan... murmura Veronica.
- ne t'inquiète pas fillette souffla Richard près de son oreille, ton copain fait un petit somme pour le moment.
- Que lui avez-vous fait ? l'interrogea-t-elle. Qui êtes-vous ?
- Ah mais oui, je suis incorrigible, j'ai oublié de faire les présentations s'exclama ironiquement Morgan. Monsieur et Mademoiselle Mars je vous présente Richard et...
Alors que Veronica était jusque là restée muette d'incompréhension, la lumière se fit soudain dans son esprit quand une phrase du mail de Mac lui revint à la mémoire.
- Adam Show n'est ce pas ? demanda Veronica. Vous êtes Adam Show le propriétaire du Pasino d'Aix-en-Provence n'est ce pas répéta-t-elle plus fort en tournant le visage vers l'homme qui tenait Emmanuelle en respect avec son arme.
- Allons-y messieurs dames, Maître Tessier ne saurait attendre plus longtemps lança ce dernier, l'ignorant délibérément. Richard, tu t'occupes de ces deux là ajouta-t-il en désignant Veronica et son père.
- Fais gaffe, sois vigilant, cette petite fouineuse est réputée pour son répondant à Neptune renchérit Morgan à l'attention de Richard qui traînant Veronica par un bras, s'emparait déjà de Keith Mars. A nous deux ! ajouta-t-il à l'attention d'Emmanuelle tandis qu'il l'entraînait vers la sortie. On a plein de choses à se dire toi et moi ma p'tite chatte, tu m'as beaucoup manqué tu sais insista-t-il dans un éclat de rire.
* * *
Le jet privé loué par Dick se posa sur le tarmac du Bourget peu avant 15h. A son bord Mac et Dick avaient tout tenter pour joindre un des membres de la famille Mars ou Logan pour les prévenir de leur arrivée mais en vain.
Résignés à se débrouiller seuls pour rejoindre l'hôtel où étaient descendus leurs amis, Mac et Dick avait alors essuyé une seconde déception en apprenant de la réception de l'hôtel qu'aucun d'eux n'étaient présents. Heureusement la chance semblait enfin tournée à leur avantage : bien que l'hôtel fut complet, le réceptionniste avait pu tout de même leur trouver une chambre à l'étage de Veronica et Logan. Il serait toujours temps par la suite de s'arranger entre eux pour dormir.
- je ne comprends pas pourquoi Veronica ne répond ni à mes appels, ni à mes mails ? s'exclama Mac alors que rageuse, elle ajoutait une tentative supplémentaire à sa liste des appels restés sans réponses passés à Veronica.
- je ne répondrai pas non plus si j'étais moi aussi occupé à... daigna enfin lui répondre Dick assit près d'elle, occupé à poser des cacahuètes sur le bout de son nez avant de viser son verre vide et de les lancer dedans d'un mouvement de tête.
- ...???
- quoi ? fit-il sentant le regard de Mac fixé sur lui.
- ton sens de l'interprétation des situations ne cesse de me surprendre s'exclama enfin la jeune fille.
Haussant les épaules, Dick se concentra à nouveau sur son tir tandis que Mac, les yeux toujours rivés sur lui, secouait la tête hallucinée.
Décidant finalement que le cas de Dick était définitivement désespéré et qu'il n'avait à priori absolument pas besoin d'elle pour le moment, Mac retourna à la réception de l'hôtel pour tenter d'avoir des informations sur l'emploi du temps que s'étaient fixés Logan et Veronica pour la journée.
Quelques instants plus tard c'est un sourire éclatant sur les lèvres qu'elle subtilisait le verre de Dick alors que celui ci venait de tirer sa dernière cacahuète qui s'apprêtait à venir rejoindre les autres dans le verre.
- heyyy s'exclama Dick en voulant lui reprendre le verre. J'allais battre mon record !
- j'ai d'autres projets pour nous lui répondit Mac en tendant le verre au barman. Je n'ai pas pu apprendre où se trouvaient Logan et Veronica mais je sais quelle compagnie de taxi à emmener Monsieur Mars hors d'ici et aussi que Logan s'est renseigné comme nous sur le nom de cette compagnie. Ça laisse supposer qu'il cherchait à joindre Monsieur Mars. Nous allons donc suivre la même piste et les appeler pour savoir où ils ont conduit Monsieur Mars. Allez Casablanca, au boulot !
Moins de trente minutes plus tard, Mac et Dick montaient dans un taxi direction l'hôtel Georges V dans le 8ème arrondissement.
* * *
Logan avait arpenté l'ensemble du parking souterrain en vain. Aucune trace de Veronica et encore moins d'Emmanuelle et ses filles.
"Bon sang mais que c'est-il donc passé ici"
Soupçonnant l'homme qu'il avait vu s'en prendre aux enfants et celui qu'il devait remercier pour l'énorme bosse qui saillait sur sa tempe, il avait tenter de joindre Keith sur son portable aussitôt. Là encore seul le répondeur lui avait répondu.
Ne sachant plus que faire il décida de se rendre à l'hôtel Georges V. Après tout s'était là que se rendait Keith lorsqu'il avait quitté l'hôtel et Logan se doutait bien que Keith ne lui en voudrait pas de le déranger en plein rendez-vous, s'il s'agissait de retrouver Veronica. Le plus dur pour le moment était de garder la tête froide tandis que son coeur s'emballait sous le coup de la panique, la sonnerie d'alarme dans sa tête s'était remise en action et il sentait qu'il allait très rapidement avoir besoin de tout son sang froid pour faire face à cette nouvelle situation.
* * *
Richard avait décidément une poigne de fer songeait Veronica tandis qu'il les entraînait elle et son père vers une fourgonnette garée dans une des rues transversales en face du Crazy Horse. Son père marchait devant eux d'une démarche hésitante et mal assurée alors que Richard tenait appliquer un revolver à la hauteur de ses reims. "Si tu bouges ou fait quoique ce soit qui me laisserait penser à une tentative de ta part pour m'échapper, je tire et tu auras la mort de ton père sur la conscience" avait-il lancer à Veronica, un rictus mauvais sur les lèvres et le regard rendu plus menaçant encore par les chairs tuméfiées et boursouflées qui mangeait la majeure partie de son visage.
Veronica n'avait rien répondu, se contentant de caler son pas sur celui de son père et guettant tout autour d'elle un signe ou n'importe quoi qui lui permettrait de les sortir de là sain et sauf. Elle avait beau toujours tenir dans une de ses mains le teaser dont elle s'était emparé lorsque celui qu'elle soupçonnait être Adam Show s'en était pris à Emmanuelle, elle hésitait encore à s'en servir tant que son père était la cible de ce Richard. Elle n'avait eu aucun mal à se persuader qu'il ne plaisantait pas lorsqu'il lui avait dit qu'il n'hésiterai pas à tirer et ne tenait absolument pas à vérifier cette hypothèse, jusqu'au moment où il ouvrit la porte coulissante de la camionnette et ou il les poussa dedans, les envoyant rejoindre les deux fillettes d'Emmanuelle ligotées et bâillonnées. C'est à ce moment précis que Veronica, se saisissant avec force de son teaser, l'appliqua de toute ses forces sur l'estomac de l'homme qui emplit de satisfaction devant la tâche accompli, refermait machinalement la porte de la camionnette, songeant déjà à aller rejoindre ses complices pour la suite des opérations. Terrassé l'homme plié en deux se laissa tomber sur le trottoir la tête appuyée dans l'entrebâillement de la porte que Veronica lui referma violemment dessus le mettant pour un temps certain dans l'incapacité de leur causer plus d'ennuis. Tandis qu'elle se précipitait pour libérer les jumelles, Keith qui avait quelque peu récupéré ficelait le dit Richard comme un saucisson avec le rouleau de scotch qui avait servi à bâillonner les enfants et l'envoyait prendre leur place dans la camionnette avant de la refermer.
- Que fait-on maintenant demanda Veronica à son père. Ça va toi ?
- Ça va ne t'inquiète pas, je suis bon pour quelques côtes enfoncées et quelques bleus mais ça va. Ils ont parlé d'un certain Maître Tessier. Tu sais à quoi ils faisaient allusion ?
- Mac m'a envoyé un mail peu avant qu'on rejoigne le parking pour rencontrer Emmanuelle. Elle m'y parlait d'une enveloppe laissée à l'attention d'Emmanuelle dans le testament du père Dufrancatel. Emmanuelle me l'a confirmé mais elle m'a aussi dit qu'elle n'avait jamais été la récupéré. Mac pense qu'il s'agit de la clef du coffre que le père d'Emmanuelle avait pris dans une banque peu avant sa mort. Mais je n'ai pas pu obtenir plus d'informations et personne ne sait ce qu'il contient sauf à priori les trois zozos dont on vient d'avoir à faire. Quelle idiote, j'aurai du demander à cet abruti avant de l'assommer. Il devait savoir lui. Attends je vais lui demander fit Veronica en se retournant décidée vers la porte de la camionnette pour l'ouvrir.
- Attends fit Keith en arrêtant son geste. Il y a plus urgent. Il faut mettre ses deux enfants à l'abri. Je pense pour ma part que quoi qu'ils aient décidé de faire d'Emmanuelle, ils ont d'abord dû rejoindre la suite d'hôtel de Morgan Armstrong pour attendre ce Richard. Réglons le problème des fillettes et allons-y.
- Déposons les enfants à Marly. Elle nous a quitté peu avant que ne débarque Morgan pour se rendre au Crazy pour son travail. Les filles seront en sécurité avec elle et personne ne pensera à venir les chercher là si ça tourne au vinaigre.
- Ok, vas-y, j'en profite pour appeler la police.
- Ça ne prendra que quelques minutes. A tout de suite lança Veronica en entraînant les deux petites filles vers les coulisses du Crazy Horse de l'autre côté de la rue.
Veronica n'avait effectivement pas mis plus que quelques minutes pour confier les fillettes à Marly tout en lui résumant rapidement la situation et c'est à peine un quart d'heure plus tard qu'elle rejoignait son père qui l'attendait sur le trottoir devant le Crazy Horse.
- J'ai informé le commissariat, ils nous rejoignent là-haut l'informa Keith en lui indiquant du menton les étages du Georges V plus loin dans l'avenue. J'avais des messages de Logan et Mac mais je n'ai pas pu les lire ma batterie m'a lâché en interrogeant mon répondeur.
- Le mien c'est pareil s'exclama Veronica alors qu'elle consultait son cellulaire après l'avoir sorti de son sac toujours en bandoulière sur son épaule.
- Qu'importe, la police arrive, espérons que tout cela se termine vite et bien. Allons-y chérie ajouta-t-il en se dirigeant vers l'hôtel.
* * *
Logan venait d'entrée dans le hall de l'hôtel Georges V lorsqu'il avait aperçu Emmanuelle, encadrée par deux hommes, entrer dans un des ascenseurs. N'écoutant que son instinct, il s'était alors avancé vers l'hôtesse postée à l'accueil et avait demandé le numéro de la chambre de Monsieur Morgan Armstrong prétextant être attendu.
- Suite 224, 2ème étage sur votre droite lui avait-elle laconiquement répondu tout en décrochant le téléphone de la réception qui retentissait.
- Merci avait-il jeté rapidement avant de s'engouffrer à son tour dans le second ascenseur pour rejoindre le 2ème étage.
Arrivé au second étage il ne mit que quelques minutes pour repérer la porte de la suite de Morgan Armstrong et allait entrer sans frapper lorsqu'une exclamation de surprise le fit se retourner brusquement.
- Encore vous ! s'exclama Morgan Armstrong tenant Emmanuelle par le bras pendant que l'autre homme braquait son revolver sur Logan.
Surpris de les retrouver seulement là alors qu'ils les supposaient déjà dans la suite Logan ne prononça pas un mot.
- Décidément mon garçon tu aimes vivre dangereusement. Tu cherches quelque chose peut-être... ou quelqu'un ? N'es-tu pas Logan Echolls le fils du célèbre Aaron Echolls, violeur et assassin de petites filles ricana-t-il tandis qu'il passait devant Logan pour ouvrir la porte de la suite.
Le regard plein de haine Logan se contenta de serrer rageusement les poings, attendant avec une quasi délectation, le moment ou il pourrait reprendre le contrôle de la situation et écraser violemment son poing sur la figure de Morgan Armstrong. Mais pour l'heure, cette revanche n'était pas d'actualité, il s'agissait avant tout d'essayer de ne pas finir sous les balles de l'arme que l'autre homme lui appliqua violemment dans le dos pour le faire entrer dans la suite, derrière Morgan.
- Ton acharnement est tout à ton honneur mon garçon reprit Morgan après avoir poussé violemment Emmanuelle dans un des fauteuils en cuir de la suite. Mais tu ne nous laisses pas beaucoup le choix. Nous allons devoir nous débarrasser de toi. Nous attendons quelqu'un et ta présence n'est vraiment pas souhaitée.
Morgan finissait à peine sa phrase, qu'à nouveau une douleur venait exploser à l'arrière de la tête de Logan.
"Enferme-le à côté, le notaire va arriver" furent les derniers mots qui arrivèrent jusqu'à sa conscience avant qu'il ne s'écroule et perde connaissance. Ça et le net bruit de quelqu'un qui frappe à la porte.
* * *
Tandis qu'ils se rendaient jusqu'à l'hôtel Georges V à pied, Keith raconta rapidement ce qui s'était passé lors de son entretien avec Morgan Armstrong avant que la situation ne dégénère.
- Je devais d'abord passé au commissariat pour aller chercher le policier qui devait vous servir d'interprète pour votre enquête auprès des pharmacies lorsque j'ai reçu un appel de Armstrong me demandant si j'avais des nouvelles pour lui. C'est là que je lui ai dit que vous deviez rencontrer une des collègues de travail d'Emmanuelle à son sujet et qu'il m'a demandé s'il s'agissait bien de Marly Jones. Je pense que c'est à ce moment là qu'il a lancé son chien de garde, ce Richard aux trousses de Marly. Quel moyen, mieux que celui-ci pour remonter jusqu'à Emmanuelle.
- Oui c'est clair, après pour lui tout devenait facile.
- Exactement. Bref à la suite de cette conversation, il m'a demandé de le rejoindre dans sa suite pour lui confier les détails de l'enquête depuis notre arrivée en France. J'ai donc pris un taxi et me suis rendu dans sa suite d'hôtel au Georges V où il m'attendait. Ça faisait quelques minutes à peine que nous discutions lorsque mon téléphone à vibré pour m'informer de l'arrivée d'un message sur ma boite vocale. J'ai demandé à Armstrong si ça ne le dérangeait pas que je l'écoute parce que je pensais bien qu'il venait de toi. Il a eu l'air de comprendre et m'a fait signe d'écouter mes messages. Alors que je venais de raccrocher, je devais avoir l'air un peu soucieux parce qu'il m'a immédiatement demandé si ça allait, ce à quoi j'ai répondu que vous aviez retrouvé sa fiancée et que j'avais cru comprendre que vous deviez la rencontrer sauf que je n'avais pas eu la fin du message parce que l'appel avait été interrompu. Et là je dois dire que la réaction de Morgan qui a suivi m'a rapidement fait comprendre qu'il était pour quelque chose dans la disparition de sa fiancée. Il a commencé par me demander de réécouter ton message et comme ça ne donnait rien de plus il est alors devenu complètement incontrôlable jusqu'à ce que son autre acolyte vienne le rejoindre dans la suite et ne commence à s'acharner sur moi pour obtenir des informations que je n'avais pas à propos d'une mallette, de Michel Dufrancatel, de contrats, d'un magot... je n'ai pour te dire pas tout saisi de leur dialogue pendant qu'ils se défoulaient sur mes côtes et mes pommettes mais je dois dire qu'ils avaient l'air tous sauf très nets dans leur relation professionnelle. La seule chance que j'ai eu, enfin... si je puis dire... c'est lorsque le cellulaire de l'autre homme présent à sonner et qu'ils ont appris le lieu de votre rendez-vous à toi et à Emmanuelle. Je dois bien avouer qu'il m'a permis d'être encore là debout près de toi, sinon je pense qu'ils m'auraient laissé pour mort.
- Quels ordures ! J'espère qu'ils vont être là lorsque nous allons nous rendre dans la suite. j'espère que nous allons les prendre la main dans le sac et découvrir enfin le fin mot de l'histoire. Mais surtout ce que j'espère le plus c'est que j'aurai le temps avant l'arrivée de la police de leur faire tâter de mon teaser et de mon superbe lancé franc du pied droit s'exclama Veronica en poussant violemment les battants de porte du hall de réception du Georges V.
- Tout doux chérie. Pour le moment il s'agit avant tout de récupérer Emmanuelle et Logan, et si possible en vie.
Veronica stoppa net sa course vers la réceptionniste, semblant réaliser tout à coup que cette histoire n'était pas seulement qu'un mauvais scénario, mais aussi que les hommes qui détenaient Emmanuelle et Logan n'étaient pas étouffé par les scrupules, et n'avaient jusqu'alors jamais hésité à se débarrasser de personnes trop encombrantes ou qu'ils jugeaient comme telles et qu'il n'y avait pas de raison pour qu'à présent Ils se mettent à faire une exception avec Emmanuelle et Logan.
- Logan ! murmura Veronica le visage décomposé, avant de se précipiter à la suite de son père vers les ascenseurs.
* * *
- Comment veux-tu que l'on retrouve qui que ce soit ici ! s'exclama Dick planté au milieu de hall de l'hôtel Georges V, à l'attention de Mac
- Qui veux-tu que Keith Mars vienne rencontrer dans un tel hôtel au coeur de Paris répondit Mac sans se démonter. Réfléchis donc deux secondes Dick. Ne me dis pas que Logan à emporter tout votre cerveau avec lui... Je me doutais bien qu'il y avait des inconvénients en n'en posséder qu'un pour deux ajouta-t-elle dans un sourire moqueur en jetant un regard à Dick.
- Moques toi fillette, ça n'est pas de mon cerveau dont tu auras besoin quand tu te décideras à lâcher ton petit rat de l'informatique pour un vrai mâle ! lui répondit le surfeur le plus sérieusement du monde en gonflant ses pectoraux. Après tout tu n'as goûter qu'au côté pile des Casablanca, le côté obscure de la force, vient donc dans ma lumière que je te t'apprennes ce qu'est un vrai Casablanca !
- Non merci. Ce que j'ai eu et sais des Casablanca m'a immunisé à vie, et quoique tu en penses, mon petit rat me convient parfaitement répondit hargneusement Mac en se dirigeant vers la réceptionniste. Et puis que ferais-je d'un surfeur décervelé juste bon à collectionner les aventures comme on collectionne les cadavres de bouteilles pour leurs étiquettes ?
- Tu serais peut-être agréablement surprise de découvrir à long terme que je ne suis pas que ça !
- A long terme ? Pourquoi ? Tu as la notion de ce qu'est le long terme toi ? Laisses-tu seulement à qui que ce soit l'occasion de découvrir ce qu'est le long terme avec toi ?
- Le long terme... Oui tu as peut être raison finalement... mais ça ne serait pas comme quand tu attends toute ta vie que tes parents se rappellent de ton existence ?
Mac qui allait demander si une chambre était occupée par Morgan Armstrong, s'interrompit et fixa silencieusement Dick qui semblait avoir totalement oublié ce qu'il venait de dire et se lançait déjà dans un grand numéro de charme dickien avec l'hôtesse. Secouant la tête pour renouer avec la réalité et se convaincre qu'elle avait rêvé cette conversation, Mac éjecta Dick du comptoir et questionna la réceptionniste.
- suite 224, second étage sur votre droite en sortant de l'ascenseur répondit-elle à Mac d'un battement de cils en coulant un regard intéressé vers un Dick conquérant, la langue pendante de convoitise. Mais il est déjà en rendez-vous.
- oui oui, nous savons mentit Mac dans un sourire. Il nous attend. Allez Dick ajouta-t-elle en lui décochant un coup de coude dans les côtes pour le décoller de la réception. On y va maintenant articula-t-elle lentement en le fixant d'un air entendu et lui indiquant d'un regard les ascenseurs.
- Ne sois pas si jalouse chérie lui répondit-il en passant un bras sur ses épaules. C'était juste pour te faciliter la tâche et éviter qu'on nous pose trop de questions souffla-t-il dans son oreille avant de reprendre une voix normale. Je suis tout à toi maintenant ! insista-t-il tandis qu'ils entraient dans l'ascenseur.
Désespérée Mac poussa un long soupir avant de se détacher rapidement de Dick, non sans l'avoir menacé des pires maux s'il renouvelait ce genre d'initiative.
Adossé nonchalamment à la paroi de l'ascenseur qui s'élevait, Dick leva les yeux au ciel.
- Tu verras, tu finiras par en redemander...
- Au secours répondit plaintivement Mac tandis qu'un franc sourire éclairait le visage moqueur de Dick.
lundi 9 juillet 2007
Nothing like You and I... 6.6
Trois quart d'heure à peine plus tard, Logan et Veronica s'engageaient dans le parking souterrain indiqué par Marly. Veronica avait passé tout le trajet à essayer de joindre son père et s'était finalement résignée à laisser un message sur son cellulaire avant de joindre les taxis bleus et apprendre que son père avait déjà été déposé devant le Georges V. Elle qui espérait pouvoir passé par leur radio pour informer son père qu'elle cherchait à le joindre. C'était fichu.
Veronica soupira. La situation se compliquait et son seul sentiment pour le moment, c'était qu'elle ne maîtrisait plus du tout l'enquête mais qu'elle la subissait plutôt qu'autre chose, se laissant balader au gré des révélations des uns et des autres de ses protagonistes. Et Veronica subir... elle détestait ça !
- 2ème sous-sol indiqua-t-elle à Logan
Apercevant la voiture de Marly garée près des escaliers, ils s'empressèrent de se garer discrètement plus loin. De là où ils étaient ils pouvaient facilement observer Marly assise au volant de son véhicule qui attendait patiemment l'arrivée de son amie. C'est alors que la porte des escaliers s'ouvrit sur Emmanuelle et ses filles. Repérant rapidement l'auto de Marly, elle y fit rapidement monter les enfants à l'arrière avant de s'installer côté passager. Logan et Veronica se décidèrent alors à les rejoindre.
- Logan, elle a les enfants avec elle.
- ne t'inquiète pas je m'en occupe.
Marly qui avait vu Logan et Veronica sortir de leur voiture, avait aussitôt verrouiller la centralisation des portes de sa voiture pour empêcher Emmanuelle de fuir si l'envie lui en prenait lorsqu'elle se rendrait compte qu'elle l'avait piégé. Une fois qu'ils furent au niveau de la portière d'Emmanuelle elle s'empressa de la déverrouiller.
Alors que Logan s'empressait de sortir les enfants de la voiture et de les entraîner gentiment vers la leur sous les protestations d'Emmanuelle, qui du coup ne s'inquiétait plus d'échapper aux questions de Veronica, cette dernière prenait la place des filles à l'arrière avant d'indiquer d'un signe de tête à Marly de condamner à nouveau les portières.
- Je crois que nous avons a parlé mademoiselle de Saint Almont attaqua Veronica.
- Que me voulez-vous répondit hargneusement Emmanuelle. Que va-t-il faire a mes filles ?
- Rien. Juste les occuper pendant que nous parlons.
- Et de quoi voulez-vous que nous parlions. Je n'ai rien à vous dire moi. Marly, laisse moi sortir de cette voiture.
- Tu devrais l'écouter Val... Emmanuelle. Elle est là pour t'aider mais tu dois tout lui raconter répondit gentiment Marly en posant une main réconfortante sur les genoux d'Emmanuelle.
- Mais je vous dis que je n'ai rien à vous raconter. Laissez moi sortir hurla Emmanuelle en tentant vainement de forcer le verrouillage des portes.
Se décidant à utiliser les grands moyens, Veronica sortit son teaser de son sac et le mit sous le nez d'Emmanuelle, menaçante.
- Maintenant on va arrêter de jouer à "cours après moi, j't'attrape" et vous allez me raconter tout, depuis le début et par début j'entends depuis le décès de vos parents au minimum mais si vous pouvez remonter plus loin encore pour m'éclairer je ne vous en voudrais pas... sinon vous voyez ce petit appareil tout design, il a l'air inoffensif comme ça n'est-ce pas ?, mais si vous ne me donnez pas les réponses que j'attends je n'hésiterai pas un instant à m'en servir et croyez moi la décharge qu'il vous enverra aura vite fait de vous rendre la mémoire. Donc résumons, quelque soit la méthode que vous choisirez pour y parvenir, vous finirez obligatoirement par me dire tout ce que je veux savoir... alors si on pouvait éviter de perdre du temps et entrer tout de suite dans le vif du sujet...
Emmanuelle s'était arrêter net de hurler à la vue du teaser de Veronica, et le fixait atterrée.
- Qu'est-ce que vous voulez savoir exactement ?
- Pour commencer quel est cet homme dont vous vous cachez, et pourquoi ?
- c'est une longue histoire... souffla Emmanuelle dans un sanglot, vaincue.
- Je ne vous mentirai pas en vous disant que j'ai tout mon temps, mais je pense en avoir assez pour vous écoutez me la raconter. Allez-y, déjà dites moi ce qui vous a vraiment forcé à revenir en urgence des Etats-Unis.
- Quelques jours avant mon mariage Mani, enfin... Hélène Roussel m'a laissé un message sur mon portable en me disant qu'elle avait appris par Marly qu'un homme cherchait après moi depuis quelques semaines et avec insistance.
- Vous saviez qui était cet homme ?
- Non, je n'en avais aucune idée mais j'ai eu un mauvais pressentiment et l'urgence de faire rapatrier mes filles et Mani aux Etats-Unis avec moi s'est imposée, à la base s'était pour ça de toute façon que j'avais suivi Morgan, pour préparer une belle vie aux filles et à Mani, sauf que ça a pris plus de temps que je ne l'escomptait. J'ai fait mon sac et comme je n'avais toujours pas parlé à Morgan et me sentait absolument incapable de le faire et de lui expliquer pourquoi il fallait que je rentre d'urgence à Paris à 4 jours de notre mariage, je me suis sauvée sans explications par le premier avion en partance pour la France.
- Qu'est ce qui a fait que vous avez eu ce mauvais pressentiment ?
- je vous l'ai dit, c'est une longue histoire soupira Emmanuelle.
- J'écoute insista Veronica.
- Après la naissance des filles, Damien est devenu de plus en plus belliqueux, sautant sur la moindre occasion pour exercer sa violence heureusement pour moi c'est aussi l'époque ou il a commencé à déserter le domicile conjugal pour se consacrer plus encore à son club et à ses gogos danseuses. La vie devenait infernale. Je n'avais aucune autonomie financière, je dépendais de lui pour tout. Il surveillait mes moindres faits et gestes, me sanctionnait comme une enfant... c'était l'enfer. Ma seule alliée à l'époque fut Mani.
- Mani... Hélène Roussel ?
- Oui
- Je croyais que vous l'aviez rencontré à votre arrivée à Paris. Du moins c'est ce que vous nous avez raconté la dernière fois que nous nous sommes vus !
- Je vous ai menti. Mani était une tante éloignée de Damien. Je l'avais rencontré lors de notre mariage et nous avons tout de suite sympathisé. Par la suite je suis restée en contact avec elle, même lorsque Damien a commencé à m'interdire toute fréquentation avec l'extérieur. Je me débrouillais pour lui faire passer de mes nouvelles, puis des nouvelles des filles. Elle connaissait l'étendu de l'échec de mon mariage et c'est elle qui m'a conseillé un avocat et c'est occupé des démarches du divorce lorsque Damien a totalement déserté notre foyer. heureusement il n'a jamais soupçonné la relation que j'entretenais avec Mani lorsqu'à coup de pots de vin et de combines mafieuses il a réussi à me faire passer pour irresponsable et à se mettre le juge des divorces dans la poche pour prononcer le notre en sa faveur et lui accorder la garde des enfants, ce qui fait qu'il ne s'est absolument pas opposé à l'idée de Mani de se voir confier la garde des filles pendant qu'il s'occupait du Club. Bien au contraire, de toute façon les jumelles ne l'intéressaient pas, c'était juste pour me couper d'elles et me faire du mal qu'il avait manipuler son monde pour en avoir la garde, ce qui fait qu'il ne s'opposa pas non plus au départ de Mani et des enfants pour la capitale lorsque celle-ci prétexta ses ennuis de santé pour se rapprocher soi-disant de son cardiologue qui partait sur Paris, installer son centre de cardiologie.
- Pourquoi m'avoir menti alors ?
- Je ne voulais pas que vous remontiez jusqu'à Damien, et sur le coup la première histoire plausible qui me soit venue à l'esprit fut celle que je vous ai servie.
- pourquoi ne vouliez vous pas que nous remontions jusqu'à Damien ?
- parce que ça m'obligeait à vous en dire plus.
- plus à quel point ?
Emmanuelle soupira à nouveau, se passant une main lasse et tremblante sur la nuque.
- Peu de temps après que je me sois installée sur Paris avec Mani, je me suis armée de courage et suis retournée un soir au Club pour tenter de convaincre Damien de me rendre la garde des filles. Je voulais recommencer ma vie mais je ne voulais pas que ça soit dans le mensonge et la dissimulation, ça n'est pas la vie que je souhaitais pour mes enfants.
- je comprends lâcha Veronica
- Je m'apprêtais à entrer dans le bureau de Damien quand j'ai entendu des voix. L'échange était virulent et l'homme qui était avec Damien était menaçant. J'étais effrayée et j'allais tourner les talons lorsque j'entendis nettement prononcer le nom de mes parents. C'est alors que je décidais d'écouter la conversation. Ils parlaient de la mort de mes parents et aussi de celle de ma soeur. A leurs propos j'en déduisais rapidement qu'il s'agissait d'un meurtre orchestré par Damien et que c'était l'homme en face de lui qui avait été chargé de les exécuter. Complètement paniquée et atterrée je restais scotchée derrière la porte les écoutant me servir les détails sordides de leurs forfaits.
- Pourquoi l'homme revenait-il sur ces meurtres si longtemps après ?
- Il disait qu'il avait cher payé la réussite de ces contrats et que Damien et son patron lui devait encore les années qu'ils avaient passé cloîtré dans des cliniques privées pour venir à bout de ses brûlures au visage qu'il avait bien trop tardé à faire soigner après l'incendie. Il disait aussi que si Damien et son patron ne lui avait pas mis la pression pour s'occuper de Valentine, il aurait pu avoir droit à une greffe du visage et qu'il ne serait pas condamner maintenant à regarder son horrible visage mutilé tous les matins en se rasant.
- Cet homme, c'est celui qui a cherché à vous retrouver au cabaret n'est-ce pas ?
- Oui souffla Emmanuelle, c'est pour ça que j'avais un si mauvais pressentiment lorsque Mani m'en a parlé. J'ai pensé qu'après s'être débarrassé de mes parents et de ma soeur, mon heure était venue et que si je ne me dépêchais pas de mettre mes filles à l'abri, ne me trouvant pas, il s'en prendrait à elles.
- Mais pourquoi votre mari a-t-il fait assassiné vos parents et épousé votre soeur avant d'en faire autant avec elle ?
- Je n'en ai aucune idée. Vraiment, je vous jure que je vous dis la vérité. C'est pour ça que j'ai si peur. Je ne comprends pas pourquoi ils s'acharnent sur ma famille.
- Que s'est-il passé ensuite ? Et puis c'est qui "ils" ? Qui était le patron de votre mari ?
- Je ne sais pas, je vous assure que je ne sais pas. Ce que je sais par contre s'est que ce soir là, alors que j'allais partir j'ai entendu un tiroir que l'on ouvrait et l'homme dire à Damien qu'il allait commettre une erreur et qu'il lui serait difficile le lendemain matin d'expliquer sa mort. J'en ai déduit que Damien le menaçait d'une arme et prenant peur j'ai voulu fuir le plus loin possible sauf que j'avais oublié la chaise placé sur le côté de la porte du bureau et que je me suis prise les pieds dedans avant de me rattraper et de partir. Damien m'a entendu et sortant du bureau en tournant le commutateur électrique du couloir, il m'a reconnu et s'est mis à mes trousses avant de me rattraper sur le parking du Club. Par chance dès les premiers échanges de coups, son arme lui échappa l'empêchant de s'en servir contre moi, par contre ça ne l'empêcha pas de me rouer de coups jusqu'à ce que cet homme, sortit de nulle part le tienne dans son viseur et l'abatte sur place, alors que Damien venait de m'envoyer valser entre deux voitures garées là. J'étais terrifiée, blessée, j'avais mal partout, à la jambe qui me soutenait à peine, aux côtes, je sentais le sang couler de mon arcade sourcilière et une de mes joues était tellement tuméfiée que ma vision s'en voyait obstruée mais est-ce l'instinct de survie ou non, lorsque le corps de Damien s'écroula à quelques pas de moi, je trouvais la force de ramper sous les voitures jusqu'aux bosquets en l'orée de parking et de m'y cacher pour récupérer jusqu'à ce que je puisse atteindre ma voiture et m'enfuir.
- Vous connaissiez l'homme qui a tiré sur votre mari ?
- Je n'ai pas vu son visage, je serai incapable de le reconnaître, j'avais tellement peur, j'étais terrorisée, je ne pensai qu'à une chose : fuir, sauver ma peau.
- l'homme a essayé de vous retrouver ?
- je n'en sais rien, je sais juste qu'une fois à l'abri dans les buissons, j'ai perdu connaissance et que quand j'ai retrouvé mes esprits le parking était vide et le corps de Damien avait disparu. Je n'ai pas demandé mon reste. je me suis engouffrée dans ma voiture et malgré ma jambe j'ai fait le trajet Aix - Paris d'une traite, avant d'échouer aux urgences près de chez moi.
- Tu m'avais dit que tu étais tombée dans les escaliers ! l'interrompit Marly qui ne perdait pas une miette du récit d'Emmanuelle, son visage se décomposant au fur et à mesure.
- Votre version des faits concernant la mort de votre mari ne correspond pas à celle du rapport d'enquête de la police. Comment expliquez vous cela ? reprit Veronica
- Je ne comprend pas. Ce que je sais, c'est qu'à partir du moment où j'ai eu connaissance de la version officielle de la mort de Damien, j'ai su que j'en savais trop pour ceux qui avaient trouvé utile de faire disparaître son corps dans le silot.
- Parlons de votre changement d'identité. Si maintenant je comprends la fausse explication que vous nous aviez donné à ce propos, je ne m'explique pas votre choix.
- Après mon divorce, pour protéger Mani de Damien s'il apprenait qu'elle m'avait pris sous son aile, j'ai jugé utile de modifier mon identité pour brouiller les pistes au cas où. Je m'étais dit que personne n'imaginerait que je garderais mon nom de femme mariée après tout ça et que ça me protègerait plus sûrement que toute autre identité. Seul mon changement de prénom semblait inévitable.
- Pourquoi avoir choisi celui de votre soeur décédée plutôt qu'un autre ? c'est curieux comme décision.
- Je voulais être le plus crédible possible. Il fallait que je puisse réponde naturellement lorsqu'on m'appellerait par mon nouveau prénom. Je n'ai aucune aptitude pour l'espionnage ou le banditisme. Le changement d'identité ne fait pas partie de ce à quoi j'aspirai en devenant adulte. J'ai improvisé et choisi de faire au plus simple. Je me doutais de toute façon que, si vraiment on cherchait à me retrouver et qu'on y mettait les moyens, ça n'était pas un nouveau nom, quel qu'il soit qui empêcherai ça.
- judicieusement réfléchi. Poursuivez.
- Ensuite, à cause de mes blessures, Ed a du me trouver un autre poste dans le cabaret. Je n'avais pas le choix, il fallait absolument que je travaille. A cause de ma nouvelle identité je ne pouvais pas prétendre à un congé de maladie or j'avais besoin d'argent pour m'occuper de mes filles et de Mani qui avait plus qu'entamé son bas de laine en nous installant à Paris après mon divorce. C'est comme ça que j'ai rencontré mon fiancé, Morgan Armstrong.
Inconsciemment, en entendant ce nom, le visage de Veronica se crispa.
- Que savez-vous de Monsieur Armstrong ?
- Que c'est un homme adorable, généreux, tendre, que je me sens en sécurité avec lui et que je regrette terriblement de ne pas avoir eu assez confiance dans notre relation pour lui parler des filles et de Mani. Peut être que je n'en serai pas là ou j'en suis aujourd'hui. Peut être même que Mani serait toujours avec nous, bien vivante. Je lui ai causé tellement de souci. Elle était tellement inquiète pour moi et l'avenir des filles.
- pourquoi vous être enfuit après notre visite Emmanuelle ?
Emmanuelle baissa la tête, enfouissant son visage dans ses mains.
- j'ai reconnu sa voix.
- la voix de qui.
- de l'homme au visage brûlé qui me cherchait.
- où ? quand ?
- le jour même où vous êtes venus. J'avais terriblement besoin d'argent, il fallait que je réunisse rapidement la somme nécessaire pour la fabrication de faux papiers d'identité pour moi et les filles si je voulais rentrer aux Etats-Unis. Alors je suis retournée une dernière fois au cabaret dans l'espoir de faire changer Ed d'avis, mais il n'a rien voulu entendre bien que je l'ai assuré que je n'étais pour rien dans les vols des clients.
- C'était Melissa intervint à nouveau Marly
- J'aurai du m'en douter, elle n'a jamais pu m'encadrer celle-là et ça a empiré lorsque j'ai du prendre le poste d'assistante le temps de me remettre de mes blessures...
- Qu'est-ce qui c'est passé ensuite ? demanda Veronica
- J'étais désespérée et résignée à contacter Morgan pour tout lui raconter et lui demander de m'aider quand je suis passée devant une pharmacie et me suis souvenue que je n'avais plus de sirop pour la toux pour les filles qui se remettaient doucement d'une bonne bronchite. Je suis donc entrée. Devant moi il y avait plusieurs personnes et ça commençait à râler à tout va après un homme qui monopolisait l'attention de la pharmacienne. Curieuse j'ai prêté attention à la conversation et c'est là que ça m'a frappé. Je connaissais cette voix mais je n'arrivais pas à remettre un visage dessus... et pour cause. En m'approchant discrètement j'ai vu que l'homme présentait une photo à la pharmacienne, la photo que ma mère avait de nous, elle, ma soeur et moi, dans son portefeuille. J'étais sans voix quand tout à coup m'est revenue l'endroit où j'avais entendu cette voix pour la dernière fois. C'était dans le bureau de Damien juste avant qu'il me découvre. C'est l'instant que choisit l'homme pour sortir une carte d'assuré sociale de sa poche en la mettant sous le nez de la pharmacienne. C'était celle de mon père. Celle qu'il gardait toujours dans sa poche. J'ai su qu'il n'était pas loin de me retrouver et j'ai filé aussitôt. Dans la minute qui suivait j'avais déjà élaboré le projet de récupérer les filles et le strict minimum dans l'appartement avant de trouver un nouvel endroit pour nous abriter. Le seul qui ce soit imposer à moi à ce moment là, fut cet horrible boui-boui près de l'aéroport. Le même qui nous avait vu à notre arrivée à Paris, quand avec Mani nous cherchions un appartement décent pour vivre. Vu l'endroit j'étais persuadé que personne n'aurait l'idée de venir nous y chercher d'ici à ce que je rassemble l'argent pour les nouveaux papiers et que nous nous envolions pour Neptune.
- pourquoi la carte d'assuré sociale de votre père. Je ne comprend pas.
- mon père avait encore les vieilles cartes en papier ou tous les noms des enfants apparaissaient. Je pense qu'il se faisait passer pour mon père et qu'il légitimait ses recherches à mon encontre ainsi.
- ça se tient. Une chose encore : continuez de restez cachée là où vous êtes en ce moment. Je ne suis pas loin de connaître le nom de celui qui a commandité tous ces meurtres et pourquoi mais j'ai besoin de vous savoir en sécurité. Promettez moi que vous ne chercherez plus à fuir à nouveau sans m'en parler avant, et puis... encore une précision : ne dites rien à votre fiancé... il est peut être impliqué dans tout ça, mais je n'ai encore aucune certitude.
- Morgan ? Vous délirez, il est incapable de faire du mal à qui que ce soit !
- Bien sûr, je crois bien que l'on disait la même chose de l'un de vos compatriotes : Landru je crois. Ah oui, j'oubliai ! A la mort de vos parents vous avez reçu un pendentif en héritage, vous savez pourquoi votre père vous a transmis ce bijou ?
- Un pendentif ?
- Oui nous avons retrouvé cette précision dans l'acte de succession.
- Je ne me suis jamais inquiétée de ce que mes parents m'avait laissé. Déjà parce que leur mort est intervenue dans des circonstances suspectes retardant la rédaction de l'acte de succession le temps de l'enquête, ce qui a repoussé le passage chez le notaire a presque 2 ans après le décès de mes parents. Et ensuite parce que quelque temps avant de passer chez le notaire ma soeur a été tué et que j'avais franchement d'autres choses à régler que de m'occuper d'une maison brûlée et une enveloppe laissée à mon attention chez le notaire par mon père.
- Vous saviez tout de même qu'une enveloppe vous attendait chez le notaire ?
- oui mais tout s'est enchaîné tellement vite. Je me suis contentée de renvoyer l'ensemble des papiers de la succession signés et quand le notaire m'a appelé pour me prévenir qu'il avait encore quelque chose à me remettre, je me suis dit que ça pouvait attendre. Damien me tenait déjà bien en laisse à cette époque. Ensuite j'ai complètement oublié l'existence de cette enveloppe. Je ne savais même pas qu'il s'agissait d'un bijou.
- Je pense que nous devrions aller chercher cette enveloppe. Quelque chose me dit qu'elle contient plus qu'un bijou et qu'elle est peut être un début de réponse à nombre de nos questions.
Veronica soupira. La situation se compliquait et son seul sentiment pour le moment, c'était qu'elle ne maîtrisait plus du tout l'enquête mais qu'elle la subissait plutôt qu'autre chose, se laissant balader au gré des révélations des uns et des autres de ses protagonistes. Et Veronica subir... elle détestait ça !
- 2ème sous-sol indiqua-t-elle à Logan
Apercevant la voiture de Marly garée près des escaliers, ils s'empressèrent de se garer discrètement plus loin. De là où ils étaient ils pouvaient facilement observer Marly assise au volant de son véhicule qui attendait patiemment l'arrivée de son amie. C'est alors que la porte des escaliers s'ouvrit sur Emmanuelle et ses filles. Repérant rapidement l'auto de Marly, elle y fit rapidement monter les enfants à l'arrière avant de s'installer côté passager. Logan et Veronica se décidèrent alors à les rejoindre.
- Logan, elle a les enfants avec elle.
- ne t'inquiète pas je m'en occupe.
Marly qui avait vu Logan et Veronica sortir de leur voiture, avait aussitôt verrouiller la centralisation des portes de sa voiture pour empêcher Emmanuelle de fuir si l'envie lui en prenait lorsqu'elle se rendrait compte qu'elle l'avait piégé. Une fois qu'ils furent au niveau de la portière d'Emmanuelle elle s'empressa de la déverrouiller.
Alors que Logan s'empressait de sortir les enfants de la voiture et de les entraîner gentiment vers la leur sous les protestations d'Emmanuelle, qui du coup ne s'inquiétait plus d'échapper aux questions de Veronica, cette dernière prenait la place des filles à l'arrière avant d'indiquer d'un signe de tête à Marly de condamner à nouveau les portières.
- Je crois que nous avons a parlé mademoiselle de Saint Almont attaqua Veronica.
- Que me voulez-vous répondit hargneusement Emmanuelle. Que va-t-il faire a mes filles ?
- Rien. Juste les occuper pendant que nous parlons.
- Et de quoi voulez-vous que nous parlions. Je n'ai rien à vous dire moi. Marly, laisse moi sortir de cette voiture.
- Tu devrais l'écouter Val... Emmanuelle. Elle est là pour t'aider mais tu dois tout lui raconter répondit gentiment Marly en posant une main réconfortante sur les genoux d'Emmanuelle.
- Mais je vous dis que je n'ai rien à vous raconter. Laissez moi sortir hurla Emmanuelle en tentant vainement de forcer le verrouillage des portes.
Se décidant à utiliser les grands moyens, Veronica sortit son teaser de son sac et le mit sous le nez d'Emmanuelle, menaçante.
- Maintenant on va arrêter de jouer à "cours après moi, j't'attrape" et vous allez me raconter tout, depuis le début et par début j'entends depuis le décès de vos parents au minimum mais si vous pouvez remonter plus loin encore pour m'éclairer je ne vous en voudrais pas... sinon vous voyez ce petit appareil tout design, il a l'air inoffensif comme ça n'est-ce pas ?, mais si vous ne me donnez pas les réponses que j'attends je n'hésiterai pas un instant à m'en servir et croyez moi la décharge qu'il vous enverra aura vite fait de vous rendre la mémoire. Donc résumons, quelque soit la méthode que vous choisirez pour y parvenir, vous finirez obligatoirement par me dire tout ce que je veux savoir... alors si on pouvait éviter de perdre du temps et entrer tout de suite dans le vif du sujet...
Emmanuelle s'était arrêter net de hurler à la vue du teaser de Veronica, et le fixait atterrée.
- Qu'est-ce que vous voulez savoir exactement ?
- Pour commencer quel est cet homme dont vous vous cachez, et pourquoi ?
- c'est une longue histoire... souffla Emmanuelle dans un sanglot, vaincue.
- Je ne vous mentirai pas en vous disant que j'ai tout mon temps, mais je pense en avoir assez pour vous écoutez me la raconter. Allez-y, déjà dites moi ce qui vous a vraiment forcé à revenir en urgence des Etats-Unis.
- Quelques jours avant mon mariage Mani, enfin... Hélène Roussel m'a laissé un message sur mon portable en me disant qu'elle avait appris par Marly qu'un homme cherchait après moi depuis quelques semaines et avec insistance.
- Vous saviez qui était cet homme ?
- Non, je n'en avais aucune idée mais j'ai eu un mauvais pressentiment et l'urgence de faire rapatrier mes filles et Mani aux Etats-Unis avec moi s'est imposée, à la base s'était pour ça de toute façon que j'avais suivi Morgan, pour préparer une belle vie aux filles et à Mani, sauf que ça a pris plus de temps que je ne l'escomptait. J'ai fait mon sac et comme je n'avais toujours pas parlé à Morgan et me sentait absolument incapable de le faire et de lui expliquer pourquoi il fallait que je rentre d'urgence à Paris à 4 jours de notre mariage, je me suis sauvée sans explications par le premier avion en partance pour la France.
- Qu'est ce qui a fait que vous avez eu ce mauvais pressentiment ?
- je vous l'ai dit, c'est une longue histoire soupira Emmanuelle.
- J'écoute insista Veronica.
- Après la naissance des filles, Damien est devenu de plus en plus belliqueux, sautant sur la moindre occasion pour exercer sa violence heureusement pour moi c'est aussi l'époque ou il a commencé à déserter le domicile conjugal pour se consacrer plus encore à son club et à ses gogos danseuses. La vie devenait infernale. Je n'avais aucune autonomie financière, je dépendais de lui pour tout. Il surveillait mes moindres faits et gestes, me sanctionnait comme une enfant... c'était l'enfer. Ma seule alliée à l'époque fut Mani.
- Mani... Hélène Roussel ?
- Oui
- Je croyais que vous l'aviez rencontré à votre arrivée à Paris. Du moins c'est ce que vous nous avez raconté la dernière fois que nous nous sommes vus !
- Je vous ai menti. Mani était une tante éloignée de Damien. Je l'avais rencontré lors de notre mariage et nous avons tout de suite sympathisé. Par la suite je suis restée en contact avec elle, même lorsque Damien a commencé à m'interdire toute fréquentation avec l'extérieur. Je me débrouillais pour lui faire passer de mes nouvelles, puis des nouvelles des filles. Elle connaissait l'étendu de l'échec de mon mariage et c'est elle qui m'a conseillé un avocat et c'est occupé des démarches du divorce lorsque Damien a totalement déserté notre foyer. heureusement il n'a jamais soupçonné la relation que j'entretenais avec Mani lorsqu'à coup de pots de vin et de combines mafieuses il a réussi à me faire passer pour irresponsable et à se mettre le juge des divorces dans la poche pour prononcer le notre en sa faveur et lui accorder la garde des enfants, ce qui fait qu'il ne s'est absolument pas opposé à l'idée de Mani de se voir confier la garde des filles pendant qu'il s'occupait du Club. Bien au contraire, de toute façon les jumelles ne l'intéressaient pas, c'était juste pour me couper d'elles et me faire du mal qu'il avait manipuler son monde pour en avoir la garde, ce qui fait qu'il ne s'opposa pas non plus au départ de Mani et des enfants pour la capitale lorsque celle-ci prétexta ses ennuis de santé pour se rapprocher soi-disant de son cardiologue qui partait sur Paris, installer son centre de cardiologie.
- Pourquoi m'avoir menti alors ?
- Je ne voulais pas que vous remontiez jusqu'à Damien, et sur le coup la première histoire plausible qui me soit venue à l'esprit fut celle que je vous ai servie.
- pourquoi ne vouliez vous pas que nous remontions jusqu'à Damien ?
- parce que ça m'obligeait à vous en dire plus.
- plus à quel point ?
Emmanuelle soupira à nouveau, se passant une main lasse et tremblante sur la nuque.
- Peu de temps après que je me sois installée sur Paris avec Mani, je me suis armée de courage et suis retournée un soir au Club pour tenter de convaincre Damien de me rendre la garde des filles. Je voulais recommencer ma vie mais je ne voulais pas que ça soit dans le mensonge et la dissimulation, ça n'est pas la vie que je souhaitais pour mes enfants.
- je comprends lâcha Veronica
- Je m'apprêtais à entrer dans le bureau de Damien quand j'ai entendu des voix. L'échange était virulent et l'homme qui était avec Damien était menaçant. J'étais effrayée et j'allais tourner les talons lorsque j'entendis nettement prononcer le nom de mes parents. C'est alors que je décidais d'écouter la conversation. Ils parlaient de la mort de mes parents et aussi de celle de ma soeur. A leurs propos j'en déduisais rapidement qu'il s'agissait d'un meurtre orchestré par Damien et que c'était l'homme en face de lui qui avait été chargé de les exécuter. Complètement paniquée et atterrée je restais scotchée derrière la porte les écoutant me servir les détails sordides de leurs forfaits.
- Pourquoi l'homme revenait-il sur ces meurtres si longtemps après ?
- Il disait qu'il avait cher payé la réussite de ces contrats et que Damien et son patron lui devait encore les années qu'ils avaient passé cloîtré dans des cliniques privées pour venir à bout de ses brûlures au visage qu'il avait bien trop tardé à faire soigner après l'incendie. Il disait aussi que si Damien et son patron ne lui avait pas mis la pression pour s'occuper de Valentine, il aurait pu avoir droit à une greffe du visage et qu'il ne serait pas condamner maintenant à regarder son horrible visage mutilé tous les matins en se rasant.
- Cet homme, c'est celui qui a cherché à vous retrouver au cabaret n'est-ce pas ?
- Oui souffla Emmanuelle, c'est pour ça que j'avais un si mauvais pressentiment lorsque Mani m'en a parlé. J'ai pensé qu'après s'être débarrassé de mes parents et de ma soeur, mon heure était venue et que si je ne me dépêchais pas de mettre mes filles à l'abri, ne me trouvant pas, il s'en prendrait à elles.
- Mais pourquoi votre mari a-t-il fait assassiné vos parents et épousé votre soeur avant d'en faire autant avec elle ?
- Je n'en ai aucune idée. Vraiment, je vous jure que je vous dis la vérité. C'est pour ça que j'ai si peur. Je ne comprends pas pourquoi ils s'acharnent sur ma famille.
- Que s'est-il passé ensuite ? Et puis c'est qui "ils" ? Qui était le patron de votre mari ?
- Je ne sais pas, je vous assure que je ne sais pas. Ce que je sais par contre s'est que ce soir là, alors que j'allais partir j'ai entendu un tiroir que l'on ouvrait et l'homme dire à Damien qu'il allait commettre une erreur et qu'il lui serait difficile le lendemain matin d'expliquer sa mort. J'en ai déduit que Damien le menaçait d'une arme et prenant peur j'ai voulu fuir le plus loin possible sauf que j'avais oublié la chaise placé sur le côté de la porte du bureau et que je me suis prise les pieds dedans avant de me rattraper et de partir. Damien m'a entendu et sortant du bureau en tournant le commutateur électrique du couloir, il m'a reconnu et s'est mis à mes trousses avant de me rattraper sur le parking du Club. Par chance dès les premiers échanges de coups, son arme lui échappa l'empêchant de s'en servir contre moi, par contre ça ne l'empêcha pas de me rouer de coups jusqu'à ce que cet homme, sortit de nulle part le tienne dans son viseur et l'abatte sur place, alors que Damien venait de m'envoyer valser entre deux voitures garées là. J'étais terrifiée, blessée, j'avais mal partout, à la jambe qui me soutenait à peine, aux côtes, je sentais le sang couler de mon arcade sourcilière et une de mes joues était tellement tuméfiée que ma vision s'en voyait obstruée mais est-ce l'instinct de survie ou non, lorsque le corps de Damien s'écroula à quelques pas de moi, je trouvais la force de ramper sous les voitures jusqu'aux bosquets en l'orée de parking et de m'y cacher pour récupérer jusqu'à ce que je puisse atteindre ma voiture et m'enfuir.
- Vous connaissiez l'homme qui a tiré sur votre mari ?
- Je n'ai pas vu son visage, je serai incapable de le reconnaître, j'avais tellement peur, j'étais terrorisée, je ne pensai qu'à une chose : fuir, sauver ma peau.
- l'homme a essayé de vous retrouver ?
- je n'en sais rien, je sais juste qu'une fois à l'abri dans les buissons, j'ai perdu connaissance et que quand j'ai retrouvé mes esprits le parking était vide et le corps de Damien avait disparu. Je n'ai pas demandé mon reste. je me suis engouffrée dans ma voiture et malgré ma jambe j'ai fait le trajet Aix - Paris d'une traite, avant d'échouer aux urgences près de chez moi.
- Tu m'avais dit que tu étais tombée dans les escaliers ! l'interrompit Marly qui ne perdait pas une miette du récit d'Emmanuelle, son visage se décomposant au fur et à mesure.
- Votre version des faits concernant la mort de votre mari ne correspond pas à celle du rapport d'enquête de la police. Comment expliquez vous cela ? reprit Veronica
- Je ne comprend pas. Ce que je sais, c'est qu'à partir du moment où j'ai eu connaissance de la version officielle de la mort de Damien, j'ai su que j'en savais trop pour ceux qui avaient trouvé utile de faire disparaître son corps dans le silot.
- Parlons de votre changement d'identité. Si maintenant je comprends la fausse explication que vous nous aviez donné à ce propos, je ne m'explique pas votre choix.
- Après mon divorce, pour protéger Mani de Damien s'il apprenait qu'elle m'avait pris sous son aile, j'ai jugé utile de modifier mon identité pour brouiller les pistes au cas où. Je m'étais dit que personne n'imaginerait que je garderais mon nom de femme mariée après tout ça et que ça me protègerait plus sûrement que toute autre identité. Seul mon changement de prénom semblait inévitable.
- Pourquoi avoir choisi celui de votre soeur décédée plutôt qu'un autre ? c'est curieux comme décision.
- Je voulais être le plus crédible possible. Il fallait que je puisse réponde naturellement lorsqu'on m'appellerait par mon nouveau prénom. Je n'ai aucune aptitude pour l'espionnage ou le banditisme. Le changement d'identité ne fait pas partie de ce à quoi j'aspirai en devenant adulte. J'ai improvisé et choisi de faire au plus simple. Je me doutais de toute façon que, si vraiment on cherchait à me retrouver et qu'on y mettait les moyens, ça n'était pas un nouveau nom, quel qu'il soit qui empêcherai ça.
- judicieusement réfléchi. Poursuivez.
- Ensuite, à cause de mes blessures, Ed a du me trouver un autre poste dans le cabaret. Je n'avais pas le choix, il fallait absolument que je travaille. A cause de ma nouvelle identité je ne pouvais pas prétendre à un congé de maladie or j'avais besoin d'argent pour m'occuper de mes filles et de Mani qui avait plus qu'entamé son bas de laine en nous installant à Paris après mon divorce. C'est comme ça que j'ai rencontré mon fiancé, Morgan Armstrong.
Inconsciemment, en entendant ce nom, le visage de Veronica se crispa.
- Que savez-vous de Monsieur Armstrong ?
- Que c'est un homme adorable, généreux, tendre, que je me sens en sécurité avec lui et que je regrette terriblement de ne pas avoir eu assez confiance dans notre relation pour lui parler des filles et de Mani. Peut être que je n'en serai pas là ou j'en suis aujourd'hui. Peut être même que Mani serait toujours avec nous, bien vivante. Je lui ai causé tellement de souci. Elle était tellement inquiète pour moi et l'avenir des filles.
- pourquoi vous être enfuit après notre visite Emmanuelle ?
Emmanuelle baissa la tête, enfouissant son visage dans ses mains.
- j'ai reconnu sa voix.
- la voix de qui.
- de l'homme au visage brûlé qui me cherchait.
- où ? quand ?
- le jour même où vous êtes venus. J'avais terriblement besoin d'argent, il fallait que je réunisse rapidement la somme nécessaire pour la fabrication de faux papiers d'identité pour moi et les filles si je voulais rentrer aux Etats-Unis. Alors je suis retournée une dernière fois au cabaret dans l'espoir de faire changer Ed d'avis, mais il n'a rien voulu entendre bien que je l'ai assuré que je n'étais pour rien dans les vols des clients.
- C'était Melissa intervint à nouveau Marly
- J'aurai du m'en douter, elle n'a jamais pu m'encadrer celle-là et ça a empiré lorsque j'ai du prendre le poste d'assistante le temps de me remettre de mes blessures...
- Qu'est-ce qui c'est passé ensuite ? demanda Veronica
- J'étais désespérée et résignée à contacter Morgan pour tout lui raconter et lui demander de m'aider quand je suis passée devant une pharmacie et me suis souvenue que je n'avais plus de sirop pour la toux pour les filles qui se remettaient doucement d'une bonne bronchite. Je suis donc entrée. Devant moi il y avait plusieurs personnes et ça commençait à râler à tout va après un homme qui monopolisait l'attention de la pharmacienne. Curieuse j'ai prêté attention à la conversation et c'est là que ça m'a frappé. Je connaissais cette voix mais je n'arrivais pas à remettre un visage dessus... et pour cause. En m'approchant discrètement j'ai vu que l'homme présentait une photo à la pharmacienne, la photo que ma mère avait de nous, elle, ma soeur et moi, dans son portefeuille. J'étais sans voix quand tout à coup m'est revenue l'endroit où j'avais entendu cette voix pour la dernière fois. C'était dans le bureau de Damien juste avant qu'il me découvre. C'est l'instant que choisit l'homme pour sortir une carte d'assuré sociale de sa poche en la mettant sous le nez de la pharmacienne. C'était celle de mon père. Celle qu'il gardait toujours dans sa poche. J'ai su qu'il n'était pas loin de me retrouver et j'ai filé aussitôt. Dans la minute qui suivait j'avais déjà élaboré le projet de récupérer les filles et le strict minimum dans l'appartement avant de trouver un nouvel endroit pour nous abriter. Le seul qui ce soit imposer à moi à ce moment là, fut cet horrible boui-boui près de l'aéroport. Le même qui nous avait vu à notre arrivée à Paris, quand avec Mani nous cherchions un appartement décent pour vivre. Vu l'endroit j'étais persuadé que personne n'aurait l'idée de venir nous y chercher d'ici à ce que je rassemble l'argent pour les nouveaux papiers et que nous nous envolions pour Neptune.
- pourquoi la carte d'assuré sociale de votre père. Je ne comprend pas.
- mon père avait encore les vieilles cartes en papier ou tous les noms des enfants apparaissaient. Je pense qu'il se faisait passer pour mon père et qu'il légitimait ses recherches à mon encontre ainsi.
- ça se tient. Une chose encore : continuez de restez cachée là où vous êtes en ce moment. Je ne suis pas loin de connaître le nom de celui qui a commandité tous ces meurtres et pourquoi mais j'ai besoin de vous savoir en sécurité. Promettez moi que vous ne chercherez plus à fuir à nouveau sans m'en parler avant, et puis... encore une précision : ne dites rien à votre fiancé... il est peut être impliqué dans tout ça, mais je n'ai encore aucune certitude.
- Morgan ? Vous délirez, il est incapable de faire du mal à qui que ce soit !
- Bien sûr, je crois bien que l'on disait la même chose de l'un de vos compatriotes : Landru je crois. Ah oui, j'oubliai ! A la mort de vos parents vous avez reçu un pendentif en héritage, vous savez pourquoi votre père vous a transmis ce bijou ?
- Un pendentif ?
- Oui nous avons retrouvé cette précision dans l'acte de succession.
- Je ne me suis jamais inquiétée de ce que mes parents m'avait laissé. Déjà parce que leur mort est intervenue dans des circonstances suspectes retardant la rédaction de l'acte de succession le temps de l'enquête, ce qui a repoussé le passage chez le notaire a presque 2 ans après le décès de mes parents. Et ensuite parce que quelque temps avant de passer chez le notaire ma soeur a été tué et que j'avais franchement d'autres choses à régler que de m'occuper d'une maison brûlée et une enveloppe laissée à mon attention chez le notaire par mon père.
- Vous saviez tout de même qu'une enveloppe vous attendait chez le notaire ?
- oui mais tout s'est enchaîné tellement vite. Je me suis contentée de renvoyer l'ensemble des papiers de la succession signés et quand le notaire m'a appelé pour me prévenir qu'il avait encore quelque chose à me remettre, je me suis dit que ça pouvait attendre. Damien me tenait déjà bien en laisse à cette époque. Ensuite j'ai complètement oublié l'existence de cette enveloppe. Je ne savais même pas qu'il s'agissait d'un bijou.
- Je pense que nous devrions aller chercher cette enveloppe. Quelque chose me dit qu'elle contient plus qu'un bijou et qu'elle est peut être un début de réponse à nombre de nos questions.
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